‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 152 sur 370 · JLIN · texte numérisé non relu

JLIN

iniiU' hoinnirs ' : Tiironnclosromm.'m»l;iit sons lui. l.i- luiiu'f (le Coiiilé a\;iiluiii' iiniitc ;mssi forlc. l.fs niilri's corps, ronduils t;inlnl p;ir Lu\ri!i|)oiii|;, laiilol par Chamilli . laisaifiit dans rofi-asion îles anm'«'S srparccs, ou sr ri'joit;ii;ii)'iil stloii lo lu-soin. On loniintiiça par assii-i;«T à la fois iinalrc villes, dont Ir nom ne inoriU' de plac»- dans l'iiisloirc (jnc par ccl tvrncHhiil : Uliindtcri;. Orsoy . \ Csd . I>iirick. l'.llis furent prises pre.stpic aiissiliM qu'elles furent investies. (Allé de Uliindterj;, que le roi voulut assiej^er en personne, n'essuya pas un eoup deeanon; et, pour assurer encore mieux sa prise''' , on eut soin de corronqtre le lieutenant de la place, Irlandais de nalitm , nomme Dosseri , qui eut la hUlieté de se vendre, et l'imprudenco de se retirer ensuite à .Maeslrielit,où le prince d'Orange le fil punir de m.irt.

Toutes les jilaces qui bordent le Rhin et rissel se rendirent. Ouelques gouverneurs envoyèrent leurs clefs, dès qu'ils virent seulement passer de loin un ou deux escadrons français; plusieurs officiers s'enfuirent des villes où ils étaient en i',arnison . avant (pie l'ennemi frtt dans leur territoire; la conslernalion était générale. Le prince d'Oranjje n'avait point encore assez de houpes pour paraître en campagne. Toute la Hollande s'attendait à passer sous le joug, dès que le iloi sei-ait au delà du Illiin. Le prince d'Orange Ht faire à la liAte des lignes au delà de ce fleuve, et, après les avoir faites, il connut l'impuissance de les garder^. 11 ne s'agissait plus (jue de savoir en quel endroit les Français voudraient faire un jtont de bateaux, et de s'opposer, si on pouvait, à ce passage. En effet, l'intention du Roi était de passer le fleuve sur un pont de ces petits bateaux inventés par 31artinel''; des gens du pays informèrent alors le prince deOondé, (pie la sécheresse de la saison avait formé un gué sur un bras du Rhin, auprès d'une vieille tourelle (pii sert de bureau de péage, qu'on nomme Toll-Uvys, ( la maison du péage) dans bupielle il y avait dix-sej)! soldats. Le roi fil sonder ce gué par le comte de Guiclie. 11 n'y avait (pi'environ vingt pas h nager au milieu de ce bras du fleu\e . selon ce (juedit dans ses lettres l'ellisson '', témoin oculaire , el ce que m'ont confirme les habitants. Cet esjtace n'était rien, parce (pie plusieurs chevaux de front rompaient le fil de l'eau très-peu rapide. L'abord était aisé : il ify avait de l'autre ccjté de l'eau (pie (piatre à cinq cents cavaliers, et i\v\\x faibles régiments -d'infanterie sans canon. I/artillerie française les foudr(jyait en flanc. Tandis (pie la maison du Roi et les meilleures troupes de cavalerie passèrent, sans ris(pie, au nondir(; d'environ (piinze mille hommes, le prince de Condé les ((Moyait dans \\n bateau de cuivre. — 12 juin ir,72. — A peine quelques cavaliers

hollandais entrèrent dans la rivière pour faire S( mblanl de coiubaltre; ils s'enfuirent l'inslanl d'après, devant la mullilude (pii venait à eux. L(ur infanterie mit aussil(M bas les armes, et demanda la vie. Ou ne jx'idil dans le l)assage (pie le (\)mle de .\ogenl et (piehpies cavaliers (pii , s'elanl écartes du gué , se luTyèreiit; et il n'y aurait en personne de tue dans cette journée, sans rimpiudenee du jeune duc de Longueville. On dit (jn'ayant la tète pleine des fumées du vin. il tira un coup de pistolet sur les ennemis (pii demandaient la vie à ['.enoux . en leur criant : l'oint dcquortk-r pouricllc canaille ., il tua du coup unde leurs oflieiers. L'infanterie hollandaise desespi'i-ee reprit à l'instant ses armes et fit une decharge dont le duc de Longueville fut tué. Un capitaine de cavalerie nomme Ossembrtrk , (jui ne s'était point enfui avec les autres .court an prince de Condé. (pii montait alors à chenal en sortant di' la rivière , et lui appuie son pistolet à la tète. Le prince, par un mouvement di'touriia le coup, (pii lui fracassa le poignet : Coudé ne reçut jamais (piécette blessure dans toutes ses canijtagues. Les Français irrites firent main-basse sur cette infanterie, (pii se mil 'a fuir de tous C(ites. Louis xiv passa sur un pont de bateaux avec l'infanterie, après avoir dirigé lui-même toute la marche. Tel fut ce passage du Rhin , action éclatante et unique , célébrée alors comme un des grands événements qui dussent occuper la mémoire de;> hommes. Cet air de grandeur dont le Roi relevait toutes ses actions , le bonheur rapide de ses conquêtes , la splendeur de son règne, l'idolâtrie de sescourlisnns , enfin le goill (pie 11' peuple, et surtout les Parisiens, ont pour l'exagération, joint h rigiioranccde la guerre, où l'on est dans l'oisiveté des grandes villes : tout cela fil regarder, à l'aris, le passage k\\\ Rhin comme un jjrodige qu'on exagérait encore. L'opinion commune était (jiie toute l'armée avait iiass(' ce fleuve à la nage, en présence d'une année retranchée, el malgré l'artillerie d'une forteresse imprenable, appelée le T/tnlus. 11 était très-vrai (pie rien n'était plus important'"' pour les ennemis que ce passage, el que. s'ils avaient eu un corps de | bonnes troupes à l'autre bord, l'entreprise était très-périlleuse^.

— VOLTAIIVE. —

(Vo)T7. le 12 février.)

' — Composer, c'est former un tout par l'union (le iiliisieurs iiarlies; on ne |)eiil en cons(''(iiience (lire que de belh's troupes composent trente mille liommes , mais hieii qu'elles sv composent deU-vnie. mille hommes: résout les Inimmes (pii eomposenl la troupe. Il y avait sans doute dans le maniiserit (lue composaient trente mille hommes.

'^ — Pour en assurci encore tnicux fa prise serait mieux ici.

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