JESUS-CHRIST
. . . .Sa parole fcrondr.
Comnii' une aile de feti ctiiivrit un jour le Et il'iin aune néant, i l'appel île sa vuix, L'Iiunsanilé sortit une seconde fois.
ANTOin£ D£ LaTOI R. —
Nous voyons , depuis le commencement des siècles , les rois , les héros, les hommes éclatants devenir les dieux des nations. Mais voici que le fils d'un charpenlier. dans un petit coin de la .Tudée, est un modèle de douleurs el de misères : il est flétri publiquenient par un supplice; il choisit ses disciples dans les rangs les moins élevés de la société; il ne prêche que sacrifices, que renoncement aux pompes du momie, au plaisir, au pouvoir ' ; il préfère l'esclave au maître^ , le pauvre an riche, le lépreux à l'homnitisain; toutcc(|ui pleure, tout ce qui a des plaies, tout ce (jui est abanilonnc du monde fait ses délices^: la puissance. la forlinie et le bonheur sont au contraire menacés par lui. 11 renverse les notions connnunes de la morale*; il élalilit des relations nouvelles entre les hommes , un nouveau droit des gens, une nouvelle foi pulilii|ue5: il élève ainsi sa divinité'', triomplu; de la religion des(;ésars, s'assied sur leur trrtne'. et parvient à subjuguer la terre. Non, cpiand la voix du monde
li JlilX.
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entier s'éièvorail contre Jésus-Christ , quand toutes les lumières de la jjhilosopliie se réuniraient contre ses do[;uies , jamais on ne nous persuadera ([u'une relij^ion , fondée sur une pareille Itase, soit une religion humaine. Celui qui a pu faire adorer une croix, celui qui a offert pour objet de culte aux hommes 77/?^manitê soufj'rante , la vertu pe?séciitée , celui-là , nous le jurons, ne saurait être qu'un Dieu.
Jésus-Christ apparaît au milieu des hommes, plein de grâce et de vérité ; l'autorité et la douceur de sa parole entraînent. Il vient pour être le plus malheureux des mortels, et tous ses prodiges sont pour les misérables. «'. Ses miracles, dit Bcssuet, tiennent plus de la bonté que de la puissance. '> Pour inculquer ses préceptes , il choisit l'apologue ou la parabole , qui se gravent aisément dans l'esprit «les peuples. C'est en marchant dans les campagnes ([u'il donne ses leçons. En voyant les fleurs d'un champ, il exhorte ses disciples à espérer dans la Providence , qui supporte les faibles plantes, et nourrit les petits oiseaujf ; en apercevant les fruits de la terre , il instruit à juger de l'homme par ses oeuvres. On lui apporte un enfant, et il recommande l'innocence; se trouvant au milieu des bergers, il se donne à lui-même le titre de pasteur des âmes, et se représente rapportant sur ses épaules la brebis égarée. Au printemps, il s'assied sur une montagne , et tire des objets environnants de quoi instruire la foule assise à ses pieds. Du spectacle même de cette foule pauvre et malheureuse, il fait naître ses béatitudes: Bienheureux ceux qui pleurent; bienheurcîix ceux qui ont faim et soif, etc. Ceux qui observent ses préceptes, et ceux qui les méprisent , sont comparés à deux hommes qui btltissent deux maisons, l'une sur un roc, l'autre sur un sable mouvant
Son caractère était aimable, ouvert et ten- «Ire; sa charité, sans bornes. L'Apôtre nous en donne une idée en deux mots: // allait faisant le 6/<'w. Sa résignation à la volonté de i)ieu éclate dans tous les moments de sa vie; il aimait, i! connaissait l'amitié: l'homme qu'il lira du tombeau, Lazare, était son ami; ce fut pour !e plus grand sentiment de la vie qu'il fit son plus grand miracle...
Si le lils de l'Homme était sorti du ciel avec toute sa force ^, il eût eu sans doute peu de peine à prati«(uer tant de vertus , à supporter tant de maux ; mais c'est ici la gloire du mystère: le Christ ressentait des douleurs; son cœur se brisait comme celui d'un homme; il ne donna jamais aucun signe de colère que contre la dureté de l'âme et l'insensibilité. Il répétailéternellement: ^'-Aimez-rous les uns les autres. i> <i Mou parc, s'écriait-il sous le fer des bourreaux, pardonnez-leur , car ils ne savent ce qu'ils font. " Prêt a (piitter ses disci-
ples bien-aimés , il fondit tout à cou[i en larmes; il ressentit les terreurs du tombeau et les angoisses de la croix : une sueur de sang coula le long de ses joues divines ; il se plaignit (|ue son père l'avait abandonné. Lorsque l'Ange lui présenta le calice, il dit: « 0 mon pore! fais que ce calice passe loin de moi ; copen' dant si Je dois le boire , que ta volonté soit faite. ^^ Ce fut alors que ce mot, où respire la sublimité de la douleur, échappa à sa bouche^: <! }Ion ihne est triste jusqu'à la mort. >•
Ah ! si la morale la plus pure et le cœur le plus tendre, si une vie passée à combattre l'erreur et à soulager les maux des hommes, sont les attributs de la divinité, qui peut nier celle de Jésus-Christ ? Modèle de toutes vertus , l'amitié le voit endormi dans le sein de saint Jean , ou léguant sa mère à ce disciple ; la charité l'admire dans le jugement de la femme adultère : partout la pitié le trouve bénissant les pleurs de l'infortuné ; dans son amour pour les enfants , son innocence et sa candeur se décèlent; la force de son âme brille au milieu des tourments de la croix , et son dernier soupir est un soupir de miséricorde.
— De Chateaubriand. —
( Vojei page 8.)
' — Le sensualisme avait régné jusqu'alors dans les religions, la chair avait dominé l'esprit : il était temps que le règne de l'esprit, que le règne du spiritualisme vînt établir à son tour la dominalion de l'intelligence sur la matière, et substituer à cette vie charnelle oîi le monde était plongé une vie d'abnégation, de sacrifices et de dévoùment.
2 — L'abolition de l'esclavage est due au christianisme, qui le premier a proclamé que les hommes sont frères. C'est lui qui à la servitude des religions antiques a fait succéder le servage, et c'est encore grâce à lui que le servage a disparu pour faire place à la liberté individuelle.
^ — La religion chrétienne, pour être la plus belle et la plus sublime de toutes les religions, devait nécessairement être celle des affligés ; son but devait être de consoler, de donner l'espérance, et de soutenir dans la lutte de l'esprit contre la chair, du règne spirituel contre le règne temporel.
* — Jénus-Christ a donné des bases plus solides aux notions communes de la morale, mais il ne les a point renversées; il a dit ce que n'avaient jamais enseigné les anciens philosophes : « Il faut aimer ses ennemis. «
^ — Sous ce rapport, il établit plutôt une nouvelle doctrine sociale, qui éleva l'esclave au rang du citoyen. Les Romains, les plus justes des hommes dans leurs transactions politiques et dans la rédaction de leurs lois, qui gouvernent encore le monde, n'ignoraient point la fui publique; ils ont rarement méconnu le droit des fjens : ils n'ont mécoiHui, comme tous les peuples païens, que les droits de l'humanité.
*i — Élève n'a ici aucun sens satisfaisant ; il y avait sans doute révèle dans le manuscrit.
^ — Lorsque Pilale demanda à Jésus-Christ s'il
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•'•tait rAi des Juifs; • Afon royaume ti''est pas de le monde, • lui répondil Jc.sus. l»u n-ste, oût-il été m nalitt^ roi dts Juifs, il ue se fût point pour ri'la assis sur le tronc des C.t'sars. 1,'aul» ur dirait avec plus de virile : 7'ri'oinphe <le la rvlitjiun tles Ci'sttrs et fait asseoir la sienne sur le trône.
*— IMiisquc Ji'sus-Clirist réunit en lui la nature divine et la nature humaine; <|u'il est ;"i la fois fils de Dieu et fils de l'honniie. ce ne peut être (pi'avee les attril)Uts de la divinité (pfil deseend du ciel, et par eonsé<iuenl le titre de (ils de l'iiomme ne peut lui convenir dans cette circonstance.
^ — >ul doute qu'il ne faille dire ici : échappa de sa Ifoiulte.
Obserratinn f/rncrnlr. I.e caiacf^rc du (hrist et de la révolution «pril a opi'iée dans le niondi; est tracé à rraiids traits dans ce morceau. I.a naissance, la \ii' et la mon de Jisiis-( Jtrisl lésinnenl sa morale et sa relii;ii>ii tout «■iilii'-ri'S ; il iiai|;iil pauvi'c et oiisciir; il vécut i-n faisant le bien; il moiuiit enpardonna'il à ses bourreaux.
- I78.Î.— Pil/ilrodc Bozicr ot Romain tentent de fr.incliir, «l.-ins un aOroslal, le Pas-dc-Cilais ; niaU, repoussce par un vont cuulraire, la niacliinc s'ciUlamiiie, tombe avec rapidiio prùs de Buulugne et les deux aOronuulcs périssent.