DANS LA LOGE DU PORTIER
Ccst là que le travail évrillc rindustrir : — Cbêrkdollk. —
Celte loge est une espèce de niche au rez- <le-chaussée, dans laiiiielle très-souvent on n'oserait pas lof^er son rliien, pour peu (|u'on f'ùl un lieau cliicn '. Figurez-vous un espace de sept h huit pieds .ni plus -, l'a se lient souvent toute une f;iinille : le père, (pii fait (h-s souliers-, la mère qui lit des romans; la fille, qui déclame des vers, espoir du ThéAlre Français; le fils aillé, <pii joue <lu violon , compositeur futur de l'Anihigu ; le dernier né, ipii hroie des couleurs cliez Kugène Pelacroix, ou qui [iréjtare les cuivres de Joliannol'^. Tout ic. monde d'artistes vil et pense, et travaille et compose, et se passionne, en gardant la maison que vous habitez, en tirant le cordon de hi porte
au premier bruit du marteau. Savez-vous oti ils niellent? Savez-vous comment tous ces enfants sont venus dans le inonde? comment ils ont grandi? comment ils ont trouvé le rtctumvt /•r,v//7«w.'' dans cette didicilc condition? (,)tii le sail ? Oui i)ourrait le dire? Le père lie celte lamille louclie trois cents francs par an jwur sa place, et c'est là tout. Cependant la lamille eslélevée; le père a deux babils, la mère une ro!»e de mérinos, la jeune fille uncchained'or, et le fils aillé une paire de itottes. Miracle de l'industrie, de la patience, du travail, et d'une volonté ferme! 11 y a des miracles de cette force-là dans toutes les maisons de Paris.
— J.Jamm.—
Ixs prlili méliers.
JANIS {Jules)
Né à Saint-Etienne , dans le déparlement de la Loire.
.Iules .lanin est un homme de trente ans , et pins d'une fois il a parlé avec tant d'âme et de cœur <le l'année 1804, (jifon peut bien dire qu'il est un des enfants de cette belle année de l'Empire qui a enfanté la génération actuelle.
Jules Janin a écrit quelque part de touchantes pages sur les commencements de sa vie littéraire. Il se souvient, avec une reconnaissance toute filiale, des premiers ])rotecteurs de son enfance. Son |)ère, homme d'esprit et de goût, éIo(|uent avocat d'un barreau de province; sa mère morte bien jeune encore, au moment où elle allait jouir des succès de son enfant ; sa vieille tante, sa seconde mère, morte entre les bras de son neveu, à l'âge de % ans : ce sont là des détails simples et touchants à la fois.
A|)rès avoir commencé ses études avec son père, J. Janin passa du collège de Lyon au collège Louisle-Grand, à Paris, oii il se trouva le condisciple de l)lusieurs jeunes gens d'un grand avenir et d'un grand talent: c'étaient M. Sainte-Beuve, M. Lherminier, M. P.oitard. mort à trente ans, professeur à l'école de Droit, et tant d'autres dont les noms sont devenus célèbres, jeunes gens assez peu favorisés de la fortune, qui ont concpiis, à force de probité, d'intelligence et de travail, une haute et brillante position.
.Iules .lanin, depuis tantôt douze ans qu'il écrit, n'a pas laissé passer une année sans publier quel- <|ue ouvrage nouveau où l'on découvre toutes les qualités et tous les progrès de son style. Son premier roman, l'Ane mort et la Femme guillotinée, espèce de parodie commencée en riant et terminée avec le plus horrible saujç-froid, annonça tout d'abord un écrivain à la fois nouveau et châtié, hardi et correct. \\)rv^l\4nemort, .lanin publia la Confession, belle idée trop briisipièe et développée d'une manière incomplète : il avait voulu taire l'histoire du piètre immiscé au pouvoir politi(|ue. Après la révolution de juillet, jiarut liarnate, (cuvre éliiicelanle de beautés, mais aussi remplie! d'horribles défauts et dans la(|iiellc ou voit, bien loin de son i>oiiit dedépart histori(|uc,Ia royauté de l'rance (|ui disparaît enfin vaincue par la révolution de 89. ^ul doute qu'avec |)lus de travail et moins d'emportement, et en retranchant l'horrible épisode des filles de Séjaii. qui n'est |)as de lui (en efl'et, un
des amis de Janin, devenu depuis, comme c'est | l'usage, son ennemi, vient de déclarer lui-nn^mc qu'il avait écrit les filles deSèjan; aussi La Fontaine a l)ien raison de dire : Mieux raudrait un sage cmievif) ; nul doute, disons-nous, que Jules Janin n'eût fait 1;1 son clief-d'œuvre. Au reste, il faut l'attendre A son nouveau roman qui est sous presse : Le Chemin de traicrse.
Nous avons encore du même auteur les Contes fantastiques c\.\esNoui-eaniContes,\\m\.\o\umes qu'on pourrait réduire à quatre excellents. Janin écrit vite; il écrit toujours; c'est le plus grand improvisateur de notre siècle. Les libraires ramassent çà et lA tout ce qu'il écrit, et ainsi ils ont composé ces huit volumes de contes. Nous devrons dire cependant que le premier volume des Contes nouveaux, composé tout entier de la biographie de notre auteur, est peut-être ce qu'il a écrit de plus simple, de plus naïf et de plus touchant.
Telles sont les œuvres de Jules Janin. Mais qui pourrait dire tout ce qu'il a écrit? C'est un de ces esprits actifs et ingénieux, qui effleurent toutes choses. Du reste grand humaniste, grand philologue, fort versé dans l'étude de l'antiquité grecque et latine, les deux chastes passions qui l'ont fait ce qu'il est. Que n'a-t-il pas écrit, et où n*S-t-il pas écrit? Écrivain de satire personnelle et incisive dans l'ancien Figaro (et que de fois il s'est amèrement repenti de ces méchancetés de son enfance littéraire, dont il ne savait pas la portée !); écrivain d'imagination dans la Revue de Paris, dont il est l'un des fondateurs et dont il est encore le soutien aujourd'hui ; .écrivain politique longtemps dans la Quotidienne, quand la Quotidienne était un journal d'opposition (il quitta ce journal à l'avènement du ministère Polignac) ; écrivain pour les enfants dans le Journal des Enfants qu'il a fondé, et dont le plan lui appartient, nous l'avons vu parler dans la chaire de V Athénée, à la même place où fut créé le Cours de LiHérature de la Harpe, parler avec le prestige d'une éloquence naturelle soutenue par de graves et sévères études que le public parisien était loin de soupçonner.
Mais ce qui fait surtout l'autorité et le succès 'de Jules Janin, c'est le feuilleton du Journal des Débats (signé J. J.) dans lequel, depuis quatre ans, il règne en maître; c'esllàle grand trou qu'il s'est creusé, comme il dit lui-même, et dans lequel il est inexpugnable. Voici, sans nul doute, une grande et honorable et indépendante fortune littéraire. Parler àlafoulechaquesemaineetduhautdelaplusgrande publicité qui soit au monde, lui imposer ses opinions, ses amours, ses haines, ses vérités, très-souvent ses paradoxes ; être écouté, blâmé, loué, attaqué, calomnié, applaudi de toutes parts; et, à travers la calomnie comme à travers la louange, aller toujours tout droit son chemin, parlant librement et hautement, distribuant h cpii de droit sa louange et son blAme qui, en dernier résultat, finissent toujours par être le blâme ou la louange du i)ublic: voilà l'œuvre hebdomadaire de Jules Janin, voilà sa véritable vocation, voilà son grand et inépuisable triomphe, voilà surtout le secret de cette c(dère généreuse, de ce blâme courageux , de ces profondes études littéraires si habilement dissimulées sous des apparences légères et futiles ; voilà surtout, voilà le triomphe véritable de ce style aux mille faces, aux formes toujours nouvelles, style éfincelanl, animé, coloré, multiple, toujours français cei)endant, mais dont l'imitation a perdu plus d'un jeune esprit, et que nous recommandons de
toutes nos forces à nos jeunes lecteurs comme un des modèles les plus curieux , mais en même temps le i)ius dangereux qu'on puisse offrir à leur étude et à leur imitation.
Œuvres de J. Janin , u vol. in-ts, chez Hauman et Ce., à Bruxelles.
• — Répétition qui est ici d'un bon effet.
2 — Peintres vivants et renommés. Delacroix, peintre d'histoire , s'est laissé entraîner au genre romantique ; mais il s'y est du moins distingué par son talent. Jl/'red et Tony Johan7Wt sont àespeintres de genre; leur manière est large et leur style élevé. 2'o»j s'est particulièrement adonné au dessin de la vignette.
2 — Le vivre et le vêtement, c'est le mot de Saint-Paul.
Observation générale. Tableau grotesque sous le point de vue matériel, et touchant sous le point de vue moral. L'aspect de cette loge du portier, qui devient un pandémonium d'artistes, excite d'abord le rire, puis on se sent ému en songeant à ce cpi'il y a de misère, de travail et de vertu mis en commun dans cette famille. On se rappelle aussi que le célèbre TalUen, à qui la France doit la réaction de thermidor, était le fils d'un portier et d'une cuisinière. La plume facile et sj)irituelle de l'auteur n'eût pas déparé cet intéressant tableau en y ajoutant une conclusion philanthropique.
— 1152. — Obsèques de Suger, abliô de Saint-Denis, ministre et régent du royaume de France, sous Louisle-Gros et sous Louis-le-Jeune.
C'est le premier et le seul ministre de France qui ait reçu le glorieux surnom de père de la patrie.
L'Éternel est son nom , le Monde est son ouvrage. — Kâcikb. —
Toute existence émane de l'Être éternel, infini ; et la création tout entière avec ses soleils et ses mondes-, chacun desquels enferme « en soi des myriades de mondes , n'est que l'auréole de ce grand Être 2. Source féconde des réalités, tout sort de lui, tout y rentre; et, tandis qu'envoyées au dehors pour atlester sa puissance et pour célébrer sa gloire dans tous les points de l'espace et du temps , ses innombrables créatures , leur mission remplie , reviennent déposer à ses pieds la portion d'être qu'il leur départit , et que sa justice rend aussitôt à plusieurs d'entre elles, ou comme récompense ou comme châtiment °, seul, immobile au milieu de ce vaste llux et reflux des existences, unique raison de son être et de tous les êtres, il est à lui-même son principe, sa fin *, sa félicité; chercher quelque chose hors de lui, c'est explorer le néants. i\ien n'est produit, rien ne subsiste que par sa volonté , par une participation continuelle de son être. Ce qu'il
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crée, il le tire de lui-rnènie ; et conserver*, pour lui. c'est se communiquer encore. Il réalise exterieurt ment roloiulue tju*!! conçoit . et voilà riiiivcrs. Il anime, si on jicut le dire, quelques-unes de ses pensées ; il leur tlonne la conscience d'elles-mêmes, et voilà les intelligences ^. Unies à leur auteur, elles vivent de sa substance en se nourrissant de sa vérité, leur aliment nécessaire. Même lorsipi'elles l'ij^norent , même lorscpi'elles le nient, elles puisent encore dans son sein , comme la plante aveufjle dans le sein de la terre, la sève qui la vivifie »*. Faibles mortels, qui najjuère désespérions de la lumière, redisonsle «loue avec une joie pleine de confiance et d'amour: il existe un Dieu. Les ténèbres fuient devant ce grand nom ; le voile qui couvrait notre esprit s'abaisse, et l'homme à qui toute vérité et son être même échappait , sans qu'il put le retenir, renaît délicieusement à l'aspect de celui qui est , et par qui tout est 9. — L'abbé DE La Me>«ais. —
Essai sur l'indil/crenct en matière de religion.
LA ME:<!VAIS ( F. Robert de )
Il naquit à Saint-Malo, en i782. Jeune encore, il se sentit entraîné vers les études religieuses , et se révéla plus tard comme un génie du premier ordre, et comme un des apôtres les plus éloquents du catholicisme. Son premier ouvrage. Vj^s^aj s «rTirtdiff'érence en matière de religion, publié en isis, produisit une seusation universelle, et lui fil donner le glorieux surnom de Bossuel moderne; mais parurent ensuite d'autres œuvres où , mêlant la politique à la religion, et manifestant des principes peu orthodoxes, l'abbé de La Mennais fit une espèce de scission avec l'Église, dont il encourut la censure, et il s'attira de noml)reux ennemis, comme aussi de nombreux partisans. Ses Paroles d'un Croyant, livre écrit en style biblique, si remarquable par la richesse de la diction, et dont le but parait être de fonder une république chrétienne dont le lien serait la charité , ont réveillé à juste titre le blâme et les attaques des uns, et porté au plus haut degré l'enthousiasme des autres. Quoi qu'il en soit, reconnaissons, avec Victor Hugo, le génie de ce prêtre qui brûle comme Rousseau , tonne comme Bossuet, éclaire comme Pascal.
MM. Hauman et C^ ont publié en 2 vol. gr. in-s", une très-belle édition des œuvres de La Mennais.
' — Dont chacun renferme eût été plus exact et plus clair.
2 sum quisuni, je suis celui qui suis , dit le Jéhora des Hébreux.
Les mots passé, présent et arenir, dit Platon ne peuvent s'appliquer à l'Être absolu et infini; il «•8t; son éternité est une et indivisible , et la sucressinn n'appartient qu'an temps, cette image mobile de l'immobile élernité.
s — Ceci maïKiue de clarté : on ne comprend guère comment la créature dépose aux pieds du créateur une portion d'être, que sa justice lui rend aussitôt comme récompense ou comme châtiment.
Celte partie de la période est d'abord fort longue.
* — L'être nécessaire a en lui-même la raison de son existence; il est parce qu'il est. Sa félicité est dans sa perfection, dans la plénitude de son être; la fin de son amour, de sa sagesse et de sa puissance infinis, est le beau, le vrai et le bien absolus . et (^v^ attributs sont en lui-même.
« Je suis r.\lpha et l'Oméga; le principe et la fin, dit encore le Jéhora des Héi)renx. »
* — « Si Dieu n'est tout, il n'est rien, 1» dit Victor Cousin. « In illo ririnius, movemur et sumxis; en lui nous avons le principe, le mouvement et la vie. » (Saint l'aul.)
Ce panthéisme idéaliste , bien diflFérenl du panthéisme anti<iue, qui divinisait la matière en confondant l'âme avec le corps . voit au contraire tout en Dieu ; il absorde le monde matériel dans le sein de l'Ame universelle.
<> — C'est-à-dire, conserver les créatures, c'est se communiquer à elles.
' — Les intelligences , c'est-à-dire l'Ame et les esprits purs. L'homme et les anjjes sont à la fois des émanations de Dieu, des modifications delà substance une etinfinie. et des êtres distincts doués de personnalité. C'est le système de Platon : le monde, l'homme et les génies dans ce système sont les pensées réalisées de Dieu.
** — Comparaison grande et sublime.
^— Bel exemple de Vapostrophe; voyez le 2 janvier, note 13.
- 1G22. — Jean-Baptiste Poqiielin de Molière nait à Paris , rue Saint-Honoré, près de la rue de ta Tonnellerie , el non sous les piliers des halles, où, vingt-cinq ans plus tard, Regnard vint au monde.
NAISSANCE DE UOLIERE.
Molière! à ce nom seul se rassembUnt les ris, Les fronts sont déridés, les cœurs epjiiiouis. Quel njif , et souvent quel sublime lan^nge ! O Molière! à grand homme! ô véritable sage! — Demu-e. —
Nous avons célébré cette semaine l'anniversaire de la naissance de Molière '. Près d'un siècle et demi , et quel siècle et demi ! s'est écoulé depuis que Molière est tombé mort dans le fauteuil du malade imaginaire ^; et plus ce grand homme a vieilli, plus il a trouvé parmi nous de regrets et de sympathies '. Molière, l'ami du peuple et l'écrivain de la cour; Molière, l'ami du Roi et le fléau des courtisans; Molière, d'un sourire si mélancolique et d'une tristesse si pleine de verve et de gaîlé ; Molière, le plus noble cœur, le plus noble esprit, le plus grand écrivain, le plus grand philosophe de la France au dix-septième siècle et du monde entier dans tous les temps; Molière, d'une vie si belle, d'une intelligence si grande, d'une bienveillance si profonde*; Molière, le comédien que Bossuet a compris; Molière, le valet -de- chambre , avec qui
Louis XIV a soupes ; Molière, qui a fait le Tartufe; Molière, malheureux en ménage, qui a fait George Dandin; Molière, qui a rendu le duc de Montausier jaloux du Misanthrope; Molière, qui a soufflé sur l'hùtel Rambouillet*^, qui l'a renversé du premier souffle, et qui peutêtre a sauvé la langue française qui allait au pathos par les sentiers les plus fleuris ; Molière, le premier homme de lettres de la France, qui ait senti sa dignité, qui ait vécu et qui ait été riche avec son génie; Molière, qui a trouvé fermée la porte de la comédie , cet autre temple de Janus7, qui l'a ouverte le premier, et qui l'a refermée sans que personne ait pu l'ouvrir après.
11 est mort depuis cent-soixante ans , et il est resté le plus jeune , le plus vivace et le plus vrai des grands écrivains de la France. Depuis qu'il est mort, combien de fois a changé la nation française ! Rien n'est resté debout en France. La société peinte par Molière est tombée. Molière seul estresté debout, et la société qu'il a représentée, quoique morte est toujours là devant nous, immortel objet de notre émulation et de notre envie. C'est pourtant Molière qui l'a tirée de tant de ruines sous lesquelles elle était opprimée, cette belle société du dix-septième siècle. Il est le dieu et le roi de ce monde à part ; il protège Louis XIV lui-même : protection pour protection , Sire ; royauté pour royauté ».
— J. Jams. —
( Voyez le 13 janvier.)
• — Au Théâtre français, en i833.
2 — Frappé de mort serait ici une expression plus convenable, puisque Molière mourut chez lui, après avoir vainement réclamé les secours de la religion.
3 — De xrmpathies et de regrets présenterait une gradation i)lus heureuse : il n'y a regret que parce qu'il y a sympathie.
* — La bienveillance, qualité démonstrative, ne saurait être profonde; expansive serait le mot propre.
* — Voyez le 27 février.
6— On sait qu'il y avait à l'hôlel de Rambouillet une sorte d'Académie où de prétendus beaux-esprits corrompaient la langue française par l'affectation des tours et l'ambition des termes.
^ — Le temple de Janus, à Rome , était ouvert pendant la guerre et fermé pendant la paix. La comparaison de l'auteur n'est pas facile à saisir.
8 — Ces mots nous rappellenlles vers de Charles ix à Ronsard qui aurait dû en imiter le naturel et l'élégance ;
Tous deux <5g.ilcmcnt nous portons des couronnes; Mais roi , je la reçois , poète , tu la donnes.
Observation générale. Malgré renthoiisiasme qui règne dans ce court panégyrique, on ne saurait lui reprocher l'exagcralioa et la flatterie. L'auteur n'a rien oublié de ce qui pouvait nous faire admirer et aimer Molière; il est toujours resté dans les bornes du vrai ; il nous le montre tel qu'il était comme écri-
vain et comme homme, et l'homme en lui n'est pas moins admiral>!e<iuc l'écrivain.
.lamais J. Janin n'a montré plus de justesse et de sagacité que dans cet éloge; et. en vérité, on ne saurait mettre plus d'esprit au service de plus de génie.
— uaa. — François de Carrare, seigneur de Padoue, est étranglé dans sa prison, après une vive résistance, par l'ordre du Conseil des Dix, à Venise. Le lendemain, deux de ses ûls subirent le même sort.
C'est en 1463, après la mort d'Augiistin Barbarigo,que fut créé, à Venise, le tribunal des incpiisiteurs d'État ou le Conseildes Dix; il était composé de magistrats investis du pouvoir de juger et do faire mettre à mort tous les Vénitiens qu'ils croyaient dangereux.