L'ILIADE
Tniis millo ans ont pass^ sur l.i rrndif d'Ilonii-ir, El, drpiiis trois millr ans, llnmèrr rcspccie Est jeune fnror do gloire et d'immorlalité.
— M. J. C.ui!>,r.K.—
Combien la poésie doit encore à l'imagination ! Pour nous en convaincre, essayons d'assister par son pouvoir à la première conception de l'Iliade. Depuis longtemps retentissaient aux oreilles d'Homère les récits miraculeux de la guerre de Troie ; les instituteurs et les nourrices les contaient à leurs élèves et à leurs nourrissons, les mères à leurs enfants : une foule de héros , dilférents de patrie , de caractère et de courage , mais tous réunis par le même intérêt : l'artificieux Ulysse, l'impétueux Ajax , le sage ^estor ; l'impiété farouche de Diomède, le caractère religieux d'Hector; le fier Achille s'élevant au-dessus d'eux tous, également passionné dans son amitié et dans sa haine, retiré dans sa tente, mais toujours présent par son absence même, plus funeste aux Grecs par son refus de combattre, qu'aux Troyens par sa valeur; le choc de deux puissants empires, la lutte de l'Europe et de l'Asie; les hommes et les dieux, mais des dieux passionnés et des hommes héroïques ' ; les plus riches peintures de la nature physique et morale ; les plus tendres affections du cœur venant adoucir les horreurs des batailles; le vieux l'riam aux pieds du féroce Achille, recevant de ses mains sanglantes le cadavre de son fils; Andromaque . son enfant dans les bras . cherchant h détourner Hector d'un combat inégal, et opposant A son courage le sourire de son fils ; toutes les richesses de la géographie, toutes les traditions de la théogonie, enfin l'orgueil national de la Grèce flattée du récit de ses victoires : voilà ce que l'imagination d'Homère lui montre dans ce magnifique sujet ; il s'en empare, et V Iliade devient; le prototypo éteimel de l'cpopdc; tout le succès d'un ouvrage dépend de la force et de l'étendue de la première conception !
— Peiille. —
DELII.I.E [Jacques),
Poète célèbre, naquit le 22 juin itôs â Aigueperse, près de Clermont. en Auvergne, et il fil à Paris de brillantes éludes.
Son |)remier ouvrage fut \mc Traduction des Géorgiques 6c Virgile, qui fut accueillie avec un conccrtunanimed'applaudissemenis; tout le monde admira la facilité, la grâce et l'aisance de l'élégant traducteur ; les savants surtout furent étonnés de
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huliffioiillf^ vaincue avec tinl ilo l)onheur, elTAcadi'inio crul s'honorer en ouvrant ses portes au ji'une i»o<'te.
Le i>oeme des Jartlins vint bientôt ajouter un nouveau litre ;> sn {gloire . et fut accueilli avec le même entlimisiasme. Cet ouvr:n;e mamiue de pian cl d'ensemble ; mais il est rt-iiii)ii de beautés de détail ; il brille d'une poésie riche et colorée, et l'auteur ini-méme lereijardail comme son dict-d'œuvre. Dililleiuibliasuccessivemenl • un Ditlirrambc sur l'imitiorlalité (leràinc, composé à la pressante sollieitaliou de Hobespierre. et où respire un enthousiasme lyrique et une ardente indij;nati(m contre la tyrannie; une Traduction de L'Encide, ù lai|uelle il Irasaillait depuis trente ans, et ipii n'est cependant <iu'nn faible rellet de l'oripinnl; V Homme des Champs, qui n'eût pas dû Jtarailre ai)rès les Géorgiques; les Trois Rèf/nes delà .\alure, pneme où l'on remarque toutes les beautés, mais aussi touslesdéfauls du genre descriptif; lei)oemedela Pitié, liims lequeU'auleur peint les crimes delà Révolution et les malheurs de la famille royale, à laquelle il a été constamment attaché; une Traduction du Paradis perdu de Milton , belle copie du tableau d'un grand maître; et enfin le poème de la Conrersation, où il se prit pour modèle . car personne ne possédait plus que lui le talent de converser, déplaire et de charmei'. l'endanl très-longtemps professeur de belles-lettres A ri niversité, et de poésie latine au collège de France, il sut toujours caiiliver son nombreux auditoire par un esprit brillant, une gailé douce et un admirable talent pour la lecture. Comme Homère pn/;7/o;/, il mourut aveugle. Le !'■'■ mai 1813. une cin- <|uièmeatta<pied'aplople\ie l'enleva A son épouse, qu'il appelait .son Anligone, à ses amis et à ses nombreux admirateurs.
• —C'est-à-dire des dieux descendant au rôle de l'homme, et des hommes s'élevant au rôle «les dieux, de telle sorte que, faisant les uns et les autres la moitié du chemin, ils pussent se rencontrer el jouer sur la même scène.
observation générale. Ce plan primitif de riliade e«l ma(;nifi«piement tracé; le» idéesprjiu'ipales, les plus belles xiltiations . les plus richi-s descriptions . les persnnn3,';es les plus saillants, tout s'y trouve indiqué par nn trait rararléiisthpie. et Iwlille semble avoir été le confident «l'Homère dans la conception de son cliefil'fpuvre. ^ou» de\ons avouer loulel'ois que cette anti- «pie opinion sur Homère el sur ses livres a été de nos Jour» fortement rondiattue. In nititpu» célèbre di' l'Allemafine, F. A. Wolf. a nié formellement l'existence d'Homère, u Ine longue suilede pdt'les cyclirjues ioniens, dit-il dans ses prciiiiirs J'roh'f/oiuénrs . a versifié la (lénéalopie (les «I jeu x.riiisloire delà i;uerre <le Troie, et le retour des princis [;re(s dans leurs foyer». 'l'ransmiKcs de boiielie en bouche, dans un «iècle ou l'écriture était encore nn ail inconnu , re» poésie» »e répandirent dan» l'Xsic-Mineure occidentale et dan» le» lies v oisines. I.ycurpue les apporta dans le l'éloponèse ; le» llhapsodes le» chantèrent par toute la Gr'-ce. j'isistrati' , r.uo an» avant notre ère . le» fit recucllljrelmelire parécril. Celle rédaction première fut ensuite retourhée, arrangée, altérée, conlinnée, et ne fil t définit ivement mi»e«'n ordre que par les (;rammairicns d'Alc-xandrie , <pii non» util Iransinis l'Iliade el rodyssée telles i\ur nous les avons. >> La sa|;e»se du plan allriliiié h llomère. la roneeplion <le ses deux i>oemes. truil «riin |;éiiie au-dessus ilr riin inanité, dls- I>3rai»»ent «Um anl cette opiiiio'i que \Nolf présenie et ^outienlavec la torcecl l'évideuee tl'nne vérité niallié-
matique.— M. Faiiriel vient d'ouvrir (mars is.ïfi) à la .Sorlmnne , un i-ours pour lliisloire des fMt'sies liotnériqucs.
I —l'W.—M/rabemi , Rlioncteux jusqu'alors A la tribunctle j rAssenililéc iiuliomlc, répomi :\ M. de lîrOzO , envoy«5 I par le Uo! pour l.i ilissouilre : « .^ltl^z dirai votre maître ijiic nous sommes ici par la volonté tlu peuple , et ijue jiout n'en sortirons que par la force des baïonnettes. »