LA MESSE DE MINUIT
A SAINT-KTIK\.NK-Dl'-MONT '.
Illiisinn : admirablr magir !
Artifiri- divin: pmtigc <r*»H'iir '.
giiand la main du n^nic Kiifaiilr nniro i-rrcur !
— (jiirti.tin. - -
Il est qiiairc heures quand les portes s'oii-
8 SEPTKMRRE.
9 SEPTliMIiRE.
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vrcnl 2. L'édifice est encore éclairé par un jour plein ; mais le soleil baisse à l'horizou, la lumière se ternit, un reflet rouge éclaire les vitraux au couchant , le reflet p;Uit insensiblement . le jour se fait ile plus en ])Ius gris et mat, el les piliers se ilétachi'iit à peine dans une demi-teinte rembrunie. Plus un seul fidèle dans l'église: toutes les chaises, tous les Itancs sont vides, et voilà que les portes se ferment. La nuit est venue : arceaux, piliers, jubé, bancs, chaises, stalles, tout est fondu dans l'obscurité la ]tlus profonde; à peine un clair de lune blafaril. rayonnant à travers des nuages emportés par le vent , jetle-t-il une lueur vague sur les vitraux du cintre... Minuit ! voici les lampes, puis les lustres cpii s'allument el vacillent au fond du chœur; voici le délicieux jubé ^, renaissant avec ses chérubins en prière, qui se dessine, dans des clartés d'abord douteuses *, sur l'enceinte du chœur, de plus en plus illuminée . bientôt resplendissante de feux jusqu'à la voûte. Dieu ! quelle métamorphose !.. les stalles du chœur, le banc du clergé , celui du marguillier sont occupés mainti:nant; la foule des fidèles se répand el remplit la nef, les bas côtés, les chapelles... L'orgue tonne avec majesté, puis module pieusement son hymne d'action de grâces... Il se tait... les lumières pAlissent, l'huile est consumée... toutes les lampes s'éteignent par degrés , le clergé et les fidèles s'écoulent et disparaissent comme par enchantement. Quelle religieuse fantasmagorie ""!... Et voici poindre le jour, d'abord terne et bleuâtre, puis d'un blanc mat, puis avec tous ses reflets solaires (pii se brisent, et se décomposent sur les vitraux historiés... Et la lumière naissante découpe de nouveau les arceaux et les piliers de l'église , sa nef, son jubé, son chœur élégant ; mais !... dans la nef, dans le chœur , dans les bas côtés, dans les chapelles, personne... tout est nmet... La nuit a emporté ses mystères^.
— M. CAno>.—
CAROS ( Charles-Poixxêne) ,
^'é à Paris, le 8 décembre i798. Fils d'un ancien ofticicr de marine, et directeur, pendant dix ans, de rélaMissement que lui avait transmis son père en mourant, il s'est voin- ù la littérature vers ia- «|uelle l'ciilraînail ini goût i)arlicnlier ; collaboraleur de !\1. Jini'déc l'kltot pour la rédaction d'un recueil de traductions tirées des meill(;nrs revues anglaises, il a fourni, pendant deux années, un Rrand nonihre d'arlieles intéressants à cette pnblicalion mensuelle, ainsi qu'à deux autres feuilles politiques.
' — Tableau mouvant peint par MM. Daguenc et Sébroii.
^ — Celle aflirmation précise est un éloge complet de la fidélité du pinceau de M. Daf/uerre,
l>uis(|ue l'aulenr reconnaît l'iienre à l'état du jour et auxaiUres circoiislances du lal)ieau.
5 — Espèce de tribune élevée où l'on chante l'évangile aux messes solennelles; elle a été ainsi nonnnée parce que, avant de conunencer. le diacre demande au célébrant sa bénédiction en lui disant: Juhc, Domine, hencdicerc. 11 y eut des jubés dès l'an 420; mais peu d'églises en ont conservé l'usage. Celui de Saint-Étienne-du-Mont est un chef-d'œuvre de sculpture.
* — Ici les transitions sont peut-être un peu brusques.
^ — On ne saurait mieux exprimer Pinfluence magique de la nuit sur les solennités religieuses.
Observation générale. Cette pafi;e est écrite avec talent et avec soùt. Le stylo en est Irès-elliplique, ce qui le rend plus propre; à peindre les fugitifs effets de liniiiére et de perspcntive du taMcau. Celte description est aussi un (al)lrau mouvant qui reproduit le modèle avec une fiileMité niorveilleuse, avec les mêmes couleurs, le même mystère . les mêmes effets religieux, l'as nu trait d'oublié , pas une cii'constance omise , ce n'est pas un faible mérite que d'avoir ainsi |)u faire d'une description une véritable peinture.
- lôCA. — Colloque de Poissy. Conférence publique sur les points contestés entre les Catholiques et les Protestants. Le colloque se termina sans qu"on eut rien conclu.