SUBLIMITE DE LA MORALE CHRETIENNE
Où Dieu n'rxistp phisla morali* n'est pas. — Deljlle. —
L'homme porte au fond de son cœur un amour-propre qui se regarde comme le centre de l'univers', qui ne considère les autres créatures que comme les instruments de son Lonheur, et qui commence à les haïr lorsqu'elles sont un obstacle à l'accomplissement de ses désirs. Cette passion dangereuse , déguisée sous différentes faces , est la source des fourberies , des trahisons , des violences , des usurpations tyranniques, de l'ambition effrénée , et de tous les crimes qui troublent l'ordre de la société 2.
La religion chrétienne nous fait sentir l'injustice de cette cupidité ; elle nous représente le monde entier comme une république dont Dieu est le chef, et dont tous les membres aspirent à la même félicité; elle nous fait voir que tous les hommes sont semblables , qu'ils ont les mêmes besoins et des droits égaux aux mêmes ressources ; que c'est un attentat contre la Providence de ne pas partager les dons du père de famille avec ses enfants ; que cet amour, si vifpour nos intérêts , est la règle de celui que nous devons à nos frères: n Vous aimerez votre prochain comme vous-même. »
De cette loi généreuse, équitable, pleine d'humanité, naissent la confiance mutuelle, la bonne foi , la paix , la justice , le bonheur de tous les hommes. Le citoyen comprend qu'étant né sociable, il ne lui est pas permis de frustrer la société des services qu'elle a droit de lui demander; qu'il est tenu de consacrer sa personne et ses travaux à une patrie dont les avantages lui sont communs ; il évite également l'excès d'une oisiveté honteuse et d'une activité inquiète; il sacrifie sans peine les douceurs d'une vie privée à des occupalions utiles; il trouve sa propre satisfaction dans le bonheur de ses semblables. Sa bienveillance ne se borne }.as à aimer ses concitoyens ; les nations éloignées ne lui sont pas étrangères; il retrouve en elles des traits de ressemblance qui l'attachent ; il est sensible à
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leurs peines; un sentiment involontaire l'interessi' à leurs disgrâces; il vouilrait les rendre heureuses; sou cœur s'eUiul, devient inuuense, et. par uiu' amilie universelle ' , rnilirusse tous les honmics.
Vous qui vivez dans l'aboiidauee et les delices, ne nourrissez pas dans votre eœur tles sentiments de dureté envers les niallu-ureux ! ne fermez pas vos oreilles aux eris de l'in- «ligence; enfants du nu^me père, ils doivent trouver dans votre tendresse tous les secours dont ils ont besoin ; tout le geiur humain n't'st (|u'une famille dispersée sur la terre; tous les honuues sont frères, et doivent s'aimer conune tels. \ ous suiiout . (jne la Providence place sur la terre pour être les dépositaires de ses bienfaits . travaillez à rendre plus douce la vie à des infortunes que l'excès de la misère accable; répandez dans leurs cœurs la joie et l'allégresse en répandant vos bienfaits sur eux. Le soulagement dts malheureux est l'usage le plus délicieux et le seul légitime de la grandeur, il est bien doux de rendre les hommes heureux . et de sentir qu'on est l'auteur de leur prospérité.
— Le père Hlisée. —
(Voy« II- 14 juillrt.)
i — Un amour-propre qui se regarde présente ici une expression vicieuse /'a«<OM;-/^ro/>/e n'étant point personnifié dans celle phrase, on ne peut dire qu'// se regarde. ÎSicole, à qui l'auteur a visi blemenl emprunté celte partie de son discours (Voyez le le octobre), a non seulement personnifié l'amour-propre, mais il a dil, en parlant de ce sentiment : «Voilà le monstre (|ue nous renfermons dans noire sein; il vit et règne absolument en nous, " etc. Celle figure rend admissible ici l'expression que nous avons blâmée plus haut.
2— Tout ceci a plutôt rapport à Vcgoisme qu'à V amour-propre tel qu'on l'entend généralement.
L'amour-propre est un sentiment naturel qu'il serait aussi injuste qu'absurde de vouloir anéantir dans le cœur de Phomme. Mais il faut que ce penchant, pour ne pas déj^énérer en éguïsme, soit contrebalancé par un senliinenlou plutôt par une vertu qui porte l'homm»' au dehors de lui-même, et qui lui inspire le dévoùmenl, le sacrifice, l'abnégalion; il faut que ces deux sentiments s'Iiarmonient entre eux; que le centre, pour me servir de l'expression de l'auteur, soil lié à la circonférence, etia circonférence au centre, afin (|uecelle union entendre le i)onheur de l'individu et celui delà société, le bonheur de chacun et celui de tous. La religion chrétienne a merveilleusement compris la nécessité de re conlre|ioids aux effets de i'égoïsme, el elle a su le trouver dans une vertu toute nouvelle, inronnue Jusqu'alors au monde, la CJinrilé. " L'homme, dil Bernardin de Sainl-I'ierre est une machine à plusieurs mo!)iIes ; l'intérèl. i.i vanité, les besoins; la relijjion el la philosophie peuvent seules les harmonier. "
' — l'ne amitié unirersrlle. Celte expression manque de noblesse et même de ju.slesse. In srntimenl irofffrlivit unirerstlle nous .sembbr;iii plus exact.
Obxeriatioti générale. Le slyle de ce niorce.iii est simple et naturel ; les idées en sont généralement pleines de justesse. L'orateur a pensé avec raison que la \érité peut se passer «les t;rAces étudiées de IVloqnence <■( <les Heurs de la l'Iiétoi'ique.
— 1835. — Vue Irombe de vent cause de si'-T'ds ravase» dans la vallée de lleaurort el sur les burds de la l.nire.