‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 268 sur 370 · CAUSES DE I.A DÉCADENCE · texte numérisé non relu

CAUSES DE I.A DÉCADENCE

DE L"KMPIKK ROMAIN.

O de la lilMTtt vieille cl «»inir patrir ! Trrrr auln-ruis fecïmilc en subluius viTlii»! Sou» d'indigiir» Ce»:irs , mmnlrliaiil a^tmir , Ton cmpuc est loiiibé! le» lien» ne suntpliii! A. lïE Lamartink. —

A peine Rome était-elle née, qu'elle portait dans SOI) sein le germe de la decirpituilo. La vigueur île ses institutions en emptVlia longtemps le dévelopi)ement, mais elles ne purent l'anéantir.

Ce germe destructeur était la jalousie du peuple contre le Sénat, ou des plébéiens contre les patriciens '.

Le peuple-roi , accoutumé à regarder la liberté comme inséparable de son nom, ne voulait recevoir de loi (pie de lui-même ; les guerres et les conquêtes modérèrent souvent, mais d'autres fois ranimèrent celte division intestine.

Bientôt on vit les plus grandes victoires suivies des discordes civiles les ])lus dangereuses.

Les Gracques ^ sentirent la cause du mal ; ils défendirent le peuple, mais ils l'accoutumèrent au.x grandes agitations. Sylla ' voulut le contenir et même le réprimer. Marins * le vengea : le sang roula de tous côtés; les proscriptions se multiplièrent ; les brigues, la corruption s'introduisirent partout; le respect pour les lois s'alfaiblit ; l'amour de la patrie fut près de s'évanouir. Les généraux corrompent, par le pillage, par de l'argent et par des terres, les soldats, (jni cessent île se regarder comme ccu.x de la Uéj)ublique. Vompée et César accroissent les maux <t les dangers^. César devait l'emporter sur l'ompée; il combattait ou paraissait coinballre pour l'égalité des droits; il attaque cette égalité lorsqu'il se croit le maître : il est immolé.

Le Triumvirat lui succède. Le Sénat ne peut plus faire respecter les lois qu'il a violées; tout est soumis à la force; tout se fait par des soldats (pii ne sont plus romains, et (|ui se livrent à cehii qui les paye le plus. Les amis de l'irub-pendance s'éteignent ou sont immolés. Aetiuin décide du maître de rKiiipiie «. La liberté est sacrifiée à un repos perliilc. (pie devaient suivre toutes les lioneurs de la tyrannie.

Les Césars s'attachent l'armée par leurs largesses; ils conservent la puissance absohie.

L'armée empêche le Sénat de rétablir la Républi(pie à la mort de Caligiila i.

Rome ne [leul |>lus étendre sa domination; elle ne tend plus ipi'à la maintenir.

Ttiits les ress(U"ts de sa puissance étaient brisés; ses institutions n'existaient plus (pie de mtm; ses maximes étaient oubliées, et ses antiipies vertus dans le mépris. Les armes seules ont un pouvoir qui bientôt devait leur échapper. Les soldats vendent l'IvuipireR : plu.s de discipline, plus d'obéissance militaires; les princes qui veulent la rétablir sont égorgés ou chassés. Dès lors tout est perdu; partout de sanglantes guerres ci viles, partout (l'elf royalties massacres. L'empire romain s'('puise , n'inspire ni respect, ni affection, ni crainte.

Les Perses et les Parthes attaquent l'tjrient; les Barbares, forcés par le besoin d'aliandonner leurs forêts et leurs marais, atla(pient le Nord. Le mal s'accroît au lieu de diminuer, par la division de rEmpire, que l'on partage entre les enfants des princes, comme un domaine jirivé y.

Le nombre des lieutenants s'accroît avec celui des princes. Bientôt, en (pielque sorte , tout est empereur, excepté l'emjK'reur biiinême 'o, et par conséquent tout est asservi , opprimé, ravagé. La domination romaine devient en horreur.

— Lacépède. —

(Voycï le 3 août.)

' — Patriciens, litre parliciilier aux familles anciennes de Rome qui fonnalenl la noblesse romaine.

^ — Tihvrius et Cahis Gracciics, fils de *;/»pionins el de Coniélic, fille de .Sci|>ion r.\fricain, se (lisliMi;ii('rent l'un et l'autre par leur (-loipience, leur zèle, sincère on simulé, pour les intérêts du lienple. el l'esprit de faction (pii semblait être le |)artage de leiu' famille.

Le triomphe de Tibùiius fut de courte durée. Ce Irihiin du peuple fut ma.ssacré au milieu de ses partisans, le même jour où il allait être réélu par eux tribun poiu l'année suivante. iJôansavantJ.-C.

(ktïus Gracclius, son frère, plus empoilé. plus ouvertement ambitieux, el doué peut-être de plus de talents, ayant donné de l'ombrage au Sénat |»ar l'excès de la puissance (pi'il .s'était arrogi-e, el qu'il exerçait au nom du peu|de. fut assassiné environ 12 ans après.

3 — l.vcius Cornélius .Syi.la. d'une illustre famille i)alrieieiuH,',fil.ses premièresarmesen Afri(pie, vers l'an 107 avant .l.-C, scms Marins. (|iii rein|)loya en différentes rencontres. Diîvemi dictateur fi la suite de ses victoires, il rétablit les anciennes lois, tontes favorables à l'aristocratie, et, dans ses proscriptions, répandit à flots le sang du |)eiipie. Après avoir joui el aimsè de la manière la plus (riielle d'un pouvoir sans limites. Il abdi(|iia. cl \éeiit relire el IraïKiiiille. S'il ne fui |K)inl Impiiélc jtar cvuk donl II s'était montré l'implacable ennemi, c'est iiue l'ordre publie (|u'il avait établi subsistait encore, el (|iie le Scnal d'ailhuirs était complice de tous ses crimes. Il mourut l'an 7K avant .!.-<;.. àgc de r,o ans,

i Caiiis Marils, célèbre général romain, né

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d'une famille obscure dans le territoire d'Arpinum, fut sept fois consul. A son sixième consulat, cent ans avant .l.-C, il eut Sylla pour compélitcur, et il fut obli[;c de se réfugier en Africiiu', où il se tint cache. Dans la suite, ayant été rappelé i)ar Ciiina et Ser(on'ii.s, il entra avec eux dans Rouu', A main armée ; ils tirent périr leurs \i\us grands ennemis et bannirent les antres. Mai tus mourut m ans avant J.-C.

* — Pompée, né l'an loe avant J.-C, périt en Éffypte, à l'âge de ss ans, par ordre du roi Ploiéviée qui le til assassiner. Sa vie et ses actions sont assez connues.

Julen César. O'oyez le 15 mars.)

*• — Actittiii, ville et promontoire de l'Acarnanie (Grèce), est célèbre par le combat naval où Auguste défit Antoine et Cléopâire, le 2 septembre de l'an 31 avant .I.-G.

^ — Caligula, successeur de T'itère, fut cruel, làcbe et insensé. Il fut |)roclamé empereur l'an 57 de .I.-C, et assassiné quatre ans après. (Voyez le 24 janvier.)

** — Après la mort de Coininode, 193 de J.-C, commença l'anarchie militaire, vulgairement nommée siècle des tyrans.

^ — L'an 364 de J.-C, eut lieu le partage définitif de l'Empire entre Fcdentinien et Falens; c'est vers ce temps que se multiplièrent les invasions des Barbares.

"* — « Tout était Dieu, excepté Dieu luimême, n a dit Bossiict.

Observation générale. Cet aperçu beaucoup trop rapide de la puissance romaine devait être nécessairement imparfait. Il est difficile de renfermer en quelques lignes un. jugement équitable sur un empire dont la durée a été de plus de liuo ans.

- M'n. — Au moment où Lisbonne est détruite par un tremblement de terre, le lac Lomond , en Ecosse, est violemment atsité.

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