II PRÉFACE
qui se composent de 52 pièces , graduées de manière à présenter un Cours général d'instniction religieuse.
Un autre défaut, que nous re^yrettons de sig;nalcr dans nos devanciers, c'est l'espèce de dédain qu'ils affectent pour les auteurs contemporains, dont ils ne citent que certaines notabilités. La littérature moderne cependanl est riche en faits et en noms; et donner, dans un recueil, accès aux productions de notre temps, c'est mettre les lecteurs à même de former leur jugement et leur goiU par la comparaison des diverses manières dont les sujets sont traités, et des différences de style de nos époques littéraires : telle est la lacune que nous nous sommes proposé de remplir.
Parmi les auteurs cités, quelques-uns, il est vrai, sont encore peu connus; mais cette considération n'a pas dû nous arrêter : il suflit que le morceau présenté comme modèle soit bien pensé et bien écrit.
Au reste, des notes critiques sur les détails et sur l'ensemble de chaque pièce suppléeront à ce que plusieurs d'entre elles pourraient avoir d'imparfait ou de défectueux. Souvent une phrase mal construite, une pensée fausse, une expression impropre, un jugement hasardé, signalés à l'élève, deviendront un enseignement plus fécond en résultats que la perfection deç autres parties offerte à son admiration : rien n'instruit plus sûrement qu'une critique judicieuse et modérée. Nous croyons avoir atteint ce but sans blesser aucun amour-propre, sans alarmer les susceptibilités même les plus ombrageuses.
«t Quiconque ne connaît pas les défauts, dit Voltaire dans son Commentaire sur « Corneille, est incapable de connaître les beautés; et je répète ce que j'ai dit dans «t l'examen de presque toutes ces pièces, que la vérité est préférable à Corneille, et <! qu'il ne faut pas tromper les vivants par respect pour les morts. )> Nous ajouterons ([u'il ne faut les tromper par respect pour personne, et c'est ce que nous avons tâché de faire.
«c II me semble , dit-il encore, dans ses Remarques sur la Suite du Menteur, que la meilleure manière de s'instruire est d'observer soigneusement les fautes des bons écrits, parce qu'elles pourraient être d'un exemple dangereux; et de remarquer les beautés des pièces moins heureuses, parce que d'ordinaire ces beautés sont perdues. Nous nous sommes conformé à ce conseil; toutefois, nous ne prétendons point avoir donné une critique complète de chacune des pièces que nous avons examinées; nous devions laisser quelque chose à faire aux professeurs qui feront usage de notre livre, de plus nous nous sommes fait un devoir de passer sous silence tout ce qui pouvait être contesté, ou qui avait peu d'importance.
Des notices biographiques sur les écrivains , des notes explicatives pour tout ce qui pourrait arrêter le lecteur, se trouvent aussi à la fin de chaque pièce. De plus, des tables de matières, aidant à la recherche et à la classification des sujets et de leurs différents genres de style, ainsi qu'au développement des principales idées physiques et morales.