‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 30 sur 370 · CAI'ELLE (P · texte numérisé non relu

CAI'ELLE (P

N('f en «775. Après avoir exercé ù Paris le coinmcrco de lil)ranie, et piii)!i('; phisienrs ouvrages de sa comimsilion, parmi irsqiicls on remaniiie le Dictionnaire d'éduvation monde, de sciences et de littérature, il obtint le poste étninent d'inspccloiir de la librairie de France, ([u'il a dignement rempli. On a de lui plusieurs pièces de théâtre qui ont eu du succès.

* — La somme paraît un peu exagérée, surtout comme étant économisée sur la paye d'un trompette.

observation généralo. Octtc narration, qui sans •ioule est traduite il'un poiilc allemand, ne mainpie ni de {ji àcc ui de naïveté.

-nos.— Tf^ooil liof/firs, navigateur anglais, aborde à l'ilc de Jiuin Fernandcz, et y li-ouve le maria Alexandre Sclkivlc nm, qu.ilre ans et quatre mois auparavant, y avait été aljaiidouné par son capitaine. C'est son aventurc dans cette île déserte qui a fourni à de Foû ridée de son fameux roman de Robinson Crusoâ.

L'ILOTi:. (l)

Sans craindre qu'un rival contre mes droits conspira, Je suis le souverain de tout ce que je vois; De l'une à l'autre rive, et les airs et les bois Sont i)CUi)U'S des sujets de mon paisible empire.

— AaNAULT. —

L II Insulaire abandonné, et content de son sort, fait Péloge du cocotier qui fournit à tous ses besoins.

Tout est là , dit-il en montrant l'arbre. Le cocotier n'cst-il pas né du sang d'un dieu? Tout est là , répéta-t-il en serrant doucement l'arbre entre ses bras ; ses larges feuilles ne suffisent-elles pas pour couvrir ma cabane et me garantir de l'ardeur du soleil? De leurs fibres les plus déliées, je tresse mes nattes. Je ti-ouve dans son fruit le lait qui me désaltère et me donne la santé , l'amande (jui me nourrit, l'huile qui assouplit mes membres et ranime mon goût. La première écorce du coco me fournit cette bourre précieuse dont j'ai tissu le pagne qui m'enveloppe et les filets ([ui ni'ajjprovisionnent de poisson, car l'appetil de l'homme est exigeant, et la même noiu-riturc ne lui convient pas toujours. Les vases, les ustensiles de mon ménage , n'est-ce poiiit encoi-c à lui que je les dois? iju'ai-je à désirer? Le visage d'un homme m'est doux à voir, je l'avoue; mais parfois je reçois les visites (les pécheurs, et leur rareté m'en rend la jouis-

(l)Cc mot est ici employé dansuuc acception nouvelle, cl si({uirie habitant dun ilol.

i FÉVRIER.

sance plus vive. Mes souvenirs sont ici ;

qu'irai-jo faire ailleurs? et mon arlire !

peut-il se transplanter comme moi ! n'est-il pas mon frère de naissance, mon Menfaiteur, mon soutien , l'interprète pour moi des décrets de la Providence, le livre où je retrouve écrites les plus douces émotions de ma jeunesse? Mon père l'a planté ; ma mère l'entoura de ses soins, quand tons deux nous étions jeunes et faibles ! il fut le témoin des époques heureuses de ma vie; chacune de mes années écoulées est gravée sur sa tige par un cercle noueux. i)ar une pousse nouvelle... Le quitter! non! Coini)tez ces nœuds : ils vous apprendront mon iige, et vous me direz si c'est aujourd'hui (pi'il me faut recommencer une nouvelle existence. Le tombeau de ma femme! qui en prendrait soin? son corps n'y est plus, mais il y a été. (l'est là que j'aime à me ressouvenir*, c'est là que j'aime à prier.

— X. B. Sai>ti>e.—

SàI5TINE(XatrfcrBOMFACE) ,

Né à Paris, le ti juillet 1797.

Malgré le vœu de ses iiarcnts qui le destinaient à la médecine , il se voua , dès l'âge de seize ans , à des éludes littéraires, et surtout à la versification. En 1817, il remporta à l'Académie française le I" prix de|toésie, i)arlagê entre lui et P. Lebrun. Le sujetélait le Bonheur que procure l'élitdedans toutes les circonstances de la vie. En 1820, il y obtint une seconde couronne pour son poëme sur VE nscig noue nt mutuel, et, en 1822. il partagea de nouveau le i)rix de poésie avec M, Mennechet. Le sujet proposé était la Renaissance des Lettres et des Arts sous François !"•. En isis, son poeine de la Clémence fut couronné à la société d'émulation de Cambrai.

C'est en I823 qu'il publia son Recueil de poésies, où l'on remarque . ainsi que dans les po<^mes précédents, une versification élé-gante et facile, un style pur et tout classique, une imagination brillante et féconde.

Parmi ses autres productions littéraires, on cite avec éloge :

1° Jonathan le Fisionnairc, contes philosophiques et moraux, publiés séparément dans le Mercure de France et dans la Revue de Paris. Jamais Ifçons plus sages n'ont été présentées sous une enveloppe jilus attrayante, sous des formes plus ingénieuses et plus originales.

2" Le Mutilé, roman piiilosophicpie où l'auteur exprime avec un talent supérieur les souffrances morales du génie condamné à l'impuissance de se révéler. Cet ouvrage, qui est un chef-d'œuvre dans son genre, est rempli de riches descriptions, (b; situations fortes et drainât i(|Ues; l'Italie s'y montre dans tonte la beauté de sa nature et le pitlorescpie de ses moMirs. Ces peintures accessoires contribuent puissamment à l'effet général du tableau cl font ressortir plus vivement la grande et douloureuse (ibysionomie du Mutilé.

^" Une maîtresse de Louis \iu, roman histoiiqiie. dont la conception est neuve, l'exécution admirable et le style plein de richesse et d'éclat . Les caractères principaux et surtout celui du Roi,

parfaitement tracés, se développent naturellement avec le di>uble charme de la vérité historique el de l'intérêt romanesque.

Saintine a aussi publié la première partie d'une Histoire des t/ncrres d'Italie, qu'on dirait écrite;"^ la fois par le pliishabilestratégiste et le plus brillant écrivain de notre époque; c'est un véritable tour de force; il est fâcheux <nie des circonstances, indéi»endaiites de la volonté de l'auteur, aient suspendu la publication de cette intéressante relation.

Tous ces ouvrages, composés avec conscience, écrits avec pureté, placent leur auteur au rang des bons écrivains de notre époque, si riche en talents mûris , si fertile en talents naissants.

On doit aussi à cet écrivain un grand nombre de pièces de théâtre, et surtout des vaudevilles parmi lesquels on remarque l'Uu/s elle l'acha, Julien ou vinqt-cinq ans d'cntr'acte, le Bouffon du Prince, la Chanteuse clVOuvnère , etc., etc.

' — ..9e ressouvenir employé absolument est un néologisme, qui est ici d'un bon effet.

06scrraf<on.(/e'«éro/e. Celte piècocharmantcabonde en heui'ciix détails, iniyénieiisemenL exprimés. Les paroles de rinsiilaire sont pleiiit^s de douceur el de naïveté, elles (•xi)iiracnl toul ce qu'il y a de charme dans l'amour du sol , de force dans la reconnaissance et d'attrait dans les souvenirs du passé.

•Mort Uc Marchangx, auteur de laOuule poctiquc.

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