LES GAULOIS
. . llnrjic dos vieux Gnulots, lu ne révoiUi s plus l'cclio sacre dea buis. — Mad. Amablb-Tàstu. —
Écoutez ceux qui ont parlé du courage des (Jaulois après l'avoir éprouvé , et de leur hospitalité, après avoir reposé sous leurs cabanes d'argile colorée : ils vous les peindront vaillants, fiers, impétueux, avides de périls et d'adversaires >. Des serments , des vœux solennels , les liaient au culte de la victoire, et leur devise était ?;«mcre ou mourir; ils trouvaient leurs plaisirs et leurs jeux dans le choc des batailles, et, quittant leurs casques au moment du combat, ils se couronnaient de fleurs.
Résister et braver était pour eux une si forte loi, qu'ils ne cédaient pas même à la fureur des éléments ^. Ils lultaic^nl avec les courants rajtides et les tourbillons de la tenipète; s'ils s'étaient coinliés sur le rivage de la mer lorsipic le grand flot approchait, ils dédaignaient de se lever jiour l'éviter, et ils sortaient plutôt ipi'ils ne fuyaient d'un édifice embrasé. Cette témérité que les étrangers ont appelée démence et forfanterie avait pourtant une cause noble et stdilime , car ce n'était pas seulement pour paraître exempts d'cifroi qti'ils
agissaient ainsi , mais surtout afin de prouver qu'ils croyaient a riminorlalilé île l'aine '. Les Gaulois avaient une haute stature, que plus d'une fois mesura noire œil étonné sur les ossements retrouvés dans de vieux tombeaux écroulés sous le pas du voyageur et sous la charrue du colon *-, ces hommes belliqueux étaient toujours armés pour la guerre et la chasse ; ils fuyaient la vie sédentaire et abandonnaient à des esclaves le soin des humbles moissons , qu'on remarquait à peine dans les vastes déserts de la Gaule , dont les eaux et les bois couvraient presque la surface. Sur les lisières des sombres forêts, se montraient quelquefois des bètes fauves d'une grandeur démesurée ^; sur les bruyères des collines paissaient les onagres ^ et les coursiers sauvages ; des arbres fruitiers ombrageaient les ruisseaux et les rivières; ie chèvrefeuille et les lianes errantes courbaient des arches de fleurs sur ces ondes parfumées ; les cygnes voguaient en grand nombre sur le lac périlleux , et des oiseaux aux longues ailes voltigeaient parmi les glaïeuls et les roseaux. — Mabchaxgy. —
MARCHATÏGY {Louis-Antoine-François de )
Né à Clamecy (Mèvre), le 2S août nsî.
Il acquit d'abord dans la raagistralure la réputation d'un brillant orateur, et débuta dans la carrière littéraire par un petit poème intitulé le Bonheur; il publia ensuite le Siège de Dantzick et des Mémoires historiques pour l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , dont il était membre ; mais le véritable monument de sa gloire est la Gaule poétique et Tristan le voyageur. Dans la Gaule poétique , Tauteur a pour but de montrer les ressources que les antiquités de notre histoire peuvent fournir aux beaux-arts ; il veut rendre le génie national, comme Chateaubriand a voulu le rendre chrétien: la religion et la patrie, voilà les deux muses et les deux sœurs que l'artiste doit désormais invoquer.
Marchangy a donné le précepte et l'exemple; il a puisé avec succès à la source nationale ([u'il a indiquée : on le reconnaît aisément à la richesse de son style, à l'énergie et à la grâce de ses descriptions, à l'intérêt de ses récits, à l'originalité de son imagination.
Tristan le voyageur est une peinture de la France au quatorzième siècle; c'est la France chevaleresque et féodale, avec ses troubadours, ses tournois, ses aventures merveilleuses et ses manoirs hospitaliers. Cet ouvrage , quoique accueilli avec moins d'enthousiasme que la Gaule poétique, continue dignement l'œuvre patriotique de Marchangy.
* — L'analogie eût exigé avides de périls et de combats.
2 — Eésister, c'est-à-dire user de ses moyens défensifsdansle danger, ne peut être dounécomme une loi, ni même comme le caractère spécial d'un peuple; car c'est là une disposition innée ciiez tout homme, à quelque nation (|u'il appartienne.
' — Un pareil motif, quand même il serait historiquement justifié, aurait Hni par engendrer le suicide universel.
^ — Imitation de Virgile :
ScUicet et leuipus veniet cuni flnibus lUIs, etc.
* —Ces animaux gigantesques étaient d'énornaes buffles sauvages appelés urochs. Il en existait encore du temps de Charlemagne, qui aimait cette chasse périlleuse.
fi — Anes sauvages.
Observation générale. Peinture plus poétique que fidèle ; mais le style et le ton de l'écrivain sont bien appropriés à ces sortes de tableaux.
— 1710. — Ce Jour II tomba tant de neige en SuèJe, que 7,000 soldats, se rendant A DroiUheim , fureat ensevelis et périrent de froid.