‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 34 sur 370 · LES DIGUES DE LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

LES DIGUES DE LA HOLLANDE

Protcclriccs du sul. mumiUos imposanlcs, Affront.iiit N'srfTorls du fougueux Méiiit'iit, Pour le $altit de tous, ces digues éluuiiuutes Dis prodiges d'un Dieu semblent un uiununient

— DvSAULCUOV. —

Les Hollandais portent dans la confection de leurs digues l'intelligence de soins et

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irëcouomie ' qu'ils npplicjiieiit h tous leurs travaux. Us rcmpliiciut la pifrrcMjui niant[ue à leur pays par clos fascines de roseaux ou de petites Itramlies de saule placées par couches d'un piçihrcpaisseur. et dis[iosecs Je niaiiière qu'une couche soit parallèle, et l'autre i)erpendiculaire au courant. Ces fascines, dont les intervalles sont garnis avec du sable, sont contenues par des pieux qui les traversent. Le peu de pierres (|uc l'on peut se procurer en allant les chercher en Norwèj^e, servent à consolider rouvrajje par leur poids, et h faciliter la circulation des voitures sur la partie la plus élevée.

C'est un admirable travail que celui des digues de la Hollande ; mais c'est un elfrayant spectacle que celui d'une mer ouverte, luttant de son poids immense et de la fureur de ses tempêtes contre des amas de fagots recouverts de sahlc, et menaçant d'une irrémédiable submersion une population de deux millions d'ilmes , qui vit aussi rassurée 2 que si elle habitait les sommets du 3Iont-Blanc ou des Cordillières. I^ déplacement d'une fascine, l'ouverture inaperçue d'un trou de rat , peuvent suffire pour amener l'événement; et si l'on y songe, c'est pour le prévenir, nullement pour s'en elfrayer. A dix pieds au-dessous du niveau de la mer, on circule, on mange, on boit, on trafique, on amasse de l'argent, en rit quelquefois , on fume toujours , sans s'occuper des vagues qui peuvent engloutir les trésors et éteindre les pipes '. Voilà le monde!... 11 est heureux qu'il soit ainsi fait. Après tout, pour la génération qui souffrirait de l'événement, ce serait une simple question de temjjs et de simultanéité. Il ne s'agirait pour elle que de finir un peu plus tôt et tout à la fois, au lieu de s'éteindre un peu plus tard et en détail. Bien des gens y feraient l'économie de maux et de regrets aux(|uels ils n'échapperont pas, si la mer ne réalise pas sa menace. — Le BARo?i d'Hacssez —

Ministre de la marine sous Charles x. et auteur du foyaged^un fxtlr.

' — L'intelligence de soinset d'économie, néol'ilîismed'pxpressioi) qui me paraît assez heureux, et (|ue je crois préférable à les soinset l'cconotiiie intellifjenle.

* — Dans une aussi r/rande sécurité serait une expression plus cnnvc iial)le.

' — L'Océan cicifjnant les pipes, plaisaulerir un peu froide, mais heureux conlraste d'une cause infiniment {grande etd'uii effet infiniment pelil.

Ohnerx'ntinn (jénornlp. I.nc.iracti'Tf; laborieux, merrantilect ralmedr's Hollandais, est fr)rl bien mis en action dans re lalilenti. (,e rotilrasleentre i'insouriarice fie ces hommes et l'imminenec du danijer toujours présent qui les entoure, est peint avec des couleurs fortes et vive». On regrette ce|)endant f(iie les réHcxions qui terminent ce morceau soient un peu bizarres.

- 1607.— Aclièvenienl de la construction Jii Font-yeuT. dont Henri ni avait pos<5 la prcuiicrc i>icrro, le 31 mars 157S.

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