EXÉCUTION DE CHARLES I
Do sa lullp Mnglanlo il sort virtorieux , Et récliafauU ii'Ctait qu'un degré vers 1rs cicux. — Dblille. —
Après quatre heures d'un sommeil profond , Charles sortait de son lit: » J'ai une grande alfaire h terminer, dit-il à Herbert', il faut (|ue je me lève promptement; » et il se mit à sa toilette. Uerbert troublé le peignait avec moins de soin : <; Prenez . je vous prie , lui dit le Roi , la même ])eine (|u'"a l'ordinaire ; quoique ma tète ne doive pas rester longtemps sur mes épaules , je veux èlre paré aujourd'hui comme un marié. > En s'habillanl, il demanda une chemise de plus. «:La saison est si froide, dit-il, que je pourrais trembler; quehjues personnes l'attribueraient peut-être à la peur^, je ne veux j»as «}u'une telle supposition soit possible'. » Le jour à peine levé , l'évèque arriva et commença les exercices religieux. Comme il lisait, dans le xxvii" chapitre de l'évangile selon saint Matthieu, le récit de la passion de .Jésus-Christ, eMylord,lui demanda le Roi, avez-vous choisi ce chapitre comme le plus applicable à ma situation? — Je prie votre '^lajesté de remarquer, répondit l'évèque, que c'est l'évangile du jour, comme le prouve le calendrier. ;• Le Roi parut profondément louché, et continua ses prières avec un redoublement de ferveur. Vers dix heures , on frappa doucement h la porte de la chambre ;
(1) l'année anglaise commentait alor» an 24 mars, cl no se r<''Blall pas encore sur le calendrier Rrecorlcn, en sorte c|iie 1.1 mort de Charte» pr fut rapportée par les contemporains an 30 janvier 1648, qui correspond pour nous au y février 1C49.
Herbert demeurait immobile : un second coup se fil entendre un peu plus fort, quoique léger encore: n Allez voir qui esl là, :> dit le Roi: c'était le colonel Hacker. « Eaites-le entrer,» dit-il. <; Sire, dit le colonel à voix basse et à demi treinblant , voici le moment d'aller à Uhite-llall-» ; votre Majesté aura encore plus d'une heure pour s'y reposer. — Je pars dans rinstant, repondit Charles, laissez-moi. î> Hacker sortit : le Roi se recueillit encore quelques minutes, puis, prenant l'évèque par la main : .c Venez, dit-il, partons : Herbert, ouvrez la porte; Hacker m'avertit pour la seconde fois. ■-> Et il descendit dans le parc qu'il devait traverser pour se rendre à AVhite- Hall.
Hacker frappa à la porte : Juxon* et Herbert tombèrent à genoux, ic Relevez-vous, mon vieil ami, » dit le Roi à l'évèque en lui tendant la main. Hacker frappa de nouveau:
Charles tit ouvrir la porte. <i Marchez, dit-il au colonel , je vous suis. i> Il s'avança le long de la salle des banquets , toujours entre deux haies de troupes. Une foule d'hommes et de femmes s'y étaient précipités au péril de leur vie, immobiles derrière la garde, et priant I)our le Roi, à mesure qu'il passait ; les soldats, silencieux eux-mêmes, ne les rudoyaient point. A l'extrémité de la salle , une ouverture , pratiquée la veille dans le mur, conduisait de plain-picd à l'échafaud tendu de noir, deux liommes debout auprès de la hache, tous deux en habits de matelots et masqués ^. le Roi arriva , la tète haute, promenant de tous côtés ses regards , et cherchant le peuple pour lui parler: mais les troupes couvraient seules la place; nul ne pouvait approcher. 11 se tourna vers Juxon et Tomlinson t. « Je ne puis guère être entendu que de vous, leur dit-il, ce sera donc à vous que j'adresserai quelques paroles ; » et il leur adressa en elfet un i)etit discours qu'il avait préparé, grave et calme jusqu'à la froideur, uniquement appliqué à soutenir qu'il avait eu raison ; (jue le mépris des droits du souverain était la vraie cause des malheurs du peuple; que le peuple ne devait avoir aucune part dans le gouvernement; qu'à celte seule condition le royaume retrouverait la paix et ses libertés. Tendant qu'il parlait, (juelqu'un toucha à la hache, il se retourna prccipitamment , disant : » Ne gâtez pas la hache, elle me ferait plus de mal; » et, son discours terminé, quehju'un s'en approchant encore : « Trenez garde à la hache ! prenez garde à la hache ! répéla-t-il d'un ton d'clfroi... ). Le plus profond silence régnait; il mil sur sa tète un bonnet de soie, et, s'adrcssant h l'exécuteur: «Mes cheveux vous gônent-ils? — Je prie votre Majesté de les ranger sous son bonnet , répondit l'homme en s'inclinant. » Le Roi les rangea avec l'aide de l'évèque... '< J'ai pour moi, lui dit-il en
prenant ce soin , une bonne cause et un Dieu clément. Juxox. — Oui, sire, il n'y a plus qu'un pas à franchir, il est plein de trouble et d'angoisse, mais de peu de durée, et songez qu'il vous fait faire un grand trajet, il vous transporte de la terre au ciel». — Le Roi. Je passe d'une couronne corruptible à une couronne incorruptible , où je n'aurai à craindre aucun trouble , aucune espèce de trouble. :> Et, se tournant vers l'exécuteur: u Mes cheveux sont-ils bien?:> 11 ôta son manteau et son Saint-George *, donna le Saint-George à l'évèque en lui disant ; <■ Souvenez-vous ,-'^ ôta son habit , remit son manteau , et, regardant le billot : <: Placez-le de manière à ce qu'il soit bien ferme "^ , » dit-il à l'exécuteur. « Il est ferme, Sire. :> Le Roi. « Je ferai une courte prière , et. quand j'étendrai les mains, alors... ;> Il se recueillit, se dit à lui-même quelques mots à voix basse , leva les yeux au ciel, s'agenouilla, posa sa tète sur le billot; l'exécuteur toucha ses cheveux pour les ranger encore sous son bonnet; le Ror crut qu'il allait frapper : u Attendez le signe » lui dit-il. <: Je l'attendrai, Sire, avec le bon plaisir.de votre Majesté. ;> Au bout d'un instant, le Roi tendit les mains ; l'exécuteur frappa , la tète tomba au premier coup " : <; Voilà la tète d'un traître. ;> dit-il en la montrant au peuple ; un long et sourd gémissement s'éleva autour de White-Hall. Beaucoup de gens se précipitaient au pied de l'échafaud pour tremper leur mouchoir '2 iians le sang du Roi. Deux corps de cavalerie , s'avançant dans deux directions différentes , dispersèrent lentement la foule. L'échafaud demeuré solitaire , on enleva le corps : il était déjà enfermé dans le cercueil; Cromwel '^ voulut le voir, le considéra attentivement, et. soulevant de ses mains la tète comme pour s'assurer qu'elle était bien séparée du tronc : n C'était là un corps bien constitué, dit-il , et qui promettait une longue vie. !> — Gdizot. —
Histoire de la R^oIatioD d'Angleterre.
GCIZOT [François)
Naquit à Nismes , en tjas.
Dès 1811 . il publia ses annales de l'éducation, ouvrage périodique, et travailla à la rédacllon de plusieurs journaux. La protection de l'abbé de Monlesquiou lui valut la place de secrétaire-général auprès de ce ministre; puis, au retour des Bourbons, il fut nommé successivement secrétairegénéral du département de la justice et conseiller d'Élat. Aujourd'hui, membre de l'Académie des Inscriptions et de celle des Sciences morales, il occupe avec autant d'activité que de talent la place éminente de ministre de rinslruclion publique, où il a rendu déjà d'importants services.
Une foule d'excellents ouvrages sont sortis de la plume féconde de M. Guizol; les princii>aux sont ; 1° Histoire de la décadence et de ta chute
de l'Empire romain ; r> du Gourernement représentatif et suri état actttel de la France; 3° de la Peine de mort en matière de politique ; 4° Essai sur l'Histoire de France, chez Ilauman et C'. , à Bruxelles ; 5" du Gourernement de la France depuis la restauration, et du ministère actuel; 6° Histoire de la lier olu lion d'Angleterre , depuis l'aréncmcnt de Charles v^ jusqu'à la restauration de Charles ii; ?" Cours d'Histoire moderne, riiez Hauman et C'., à Bruxelles- 8" JSouteau Dictionnaire des Synonymes français, etc., etc.
Dans tous ces ouvrages, quel qu'en soit le sujet, histoire, politique, éducation, philologie . philosophie. M. Guizol se fait remar(|uer par la profondeur et la justesse des aperçus , l'élévation des pensées, la noblesse et la sévérité du style.
' — L'un des commissaires que le gouvernement envoya à Charles i" pour traiter de la paix. Il resta deux ans auprès de cet infortuné monarque , et mourut à York en i682.
2 — Bailly. ex-maire de Paris, condamné à mort par le tribunal sanguinaire de 1-93, fut conduit au supplice par un temps froid et humide. «Tu trembles , lui dit alors un de ces hommes féroces qui escortaient la charrette. — C'est de froid, répondit Bailly. »,
5 — Je ne veux pas donner lieu à une telle supposition serait un tour de phrase plus convenable.
■* — Palais de Londres, auprès duquel eut lieu l'exécution.
5 — Juxon (Guillaume), archevêque de Cantorbéry. mort en lees. Il assista le Roi sur l'échafaud. Les régicides le jetèrent ensuite dans une prison pour lui arracher les secrets que le Itoi avait pu lui confier; mais ils échouèrent dans leurs projets.
6 Cette phrase n'a point de verbe ; il fallait étaient ou se tenaient.
7 — Colonel.
* — Ces paroles nous rappellent avec douleur l'admirable allocution de l'abbé Edgeworth à Louis XVI : tt Fils de saint Louis, montez au ciel !»
^ — Cordon de l'ordre de Saint-George.
'*' — De manière à ce que est une expression généralement blâmée; les dictionnaires n'indiquent que de manière que. Le premier tour exprimerait cependant mieux l'idée d'intention ou de but.
" — Il serait , je crois , plus correct de dire du premier coup.
'2 — Le pluriel est préférable.
'^ — Cromtrell {OU\ier). protecteur de l'Angleterre, né à Hunlingdon, en 1599. Il mourut, miné parla fièvre, au i)alais même de Wliile-IIall. Ses grands talents et ses grands crimes, dit Pope, l'ont condamné à une renommée éternelle.
Observation générale. Quel drame, quelle tragédie
pourrait épaler ce simple récit de rhistoire cl réunir à ce point la terreur et la pitié, ces deux éli'menis de l'intérêt ? Tout est prand, tout est naturel et familier dans ce tableau ;lc moindre détail devient important; chaque |)aro!r cpii s'érli.ippe de la bouche des personnages retentit dans le npiir. et le style est parfaitement approprié au sujet : c'est un des plus beaux modèles de narration bibloriquc.
— 1755. — Sort Uc Mouleiquicu, autour de V Esprit des Lois.
le genre huin.iin avaii perdu ses titres, )iontcs([iiio)i les a retrouvés cl les lui a rendus.
DANSiF. nArronr oi'k.llf.s ont avec les nivEns êtres.
Le» lois', moralr *rrilr, s Imis les )<iu \isibK-,
Kmr sans pauinns, rt niis4iii indriiblc ,
Qui, réprimant cii.iniii pour le buiitifunlr Ions,
l*rolrgriil sans ainniir, punissent sans courroux. — Cbkkeoollé. —
Les lois . dans la sijjnificalion la plus étendue, sont les rapjiorls nécessaires (jui dérivent de la nature des choses ' , ^'t î "^Is^s ce sens . tous les litres ont leurs lois. La Divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à riiomme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l'homme a ses lois.
Ceux qui ont dit qu'une fatalité aveugle a produit tous les eliets que nous voyons dans le monde, ont dit une grande absurdité; car quelle jjIus grande absurdité, qu'une fatalité aveugle qui aurait produit des êtres intelligents?
il y a donc une raison primitive; et les lois sont les rapports qui se trouvent entre elle et les diiïérents êtres, et les rapports de ces divers êtres entre eux 2.
Dieu a du rapport avec l'univers comme créateur et comme conservateur; les lois selon lesquelles il a créé sont celles selon lesquelles il conserve : il agit selon ces règles, parce qu'il les connaît ; il les connaît, parce qu'il les a faites; il les a faites, parce qu'elles ont du rapport avec sa sagesse et sa puissance.
Comme nous voyons que le monde , formé par le mouvement de la matière, et i)rivé d'intelligence, subsiste toujours, il faut que ses mouvements aient des lois invariables; et, si l'on pouvait imaginer un autre monde que celui-ci. il aurait des règles constantes, ou il serait détruit.
Ainsi la création, qui paraît être un acte arbitraire, suppose des règles aussi invariables que la fatalité df s athées '. Il serait absurde de dire que le Créateur, sans ces règles, jiourrait gouverner le monde, puisque le monde ne subsisterait pas sans elles.
Ces règles sont un rapport constamment établi. Entre un corps niu et un autre corps mu, c'est suivant les rapports de la masse et de la vitesse (pie tous les mouvements sont reçus, augmentés, diminués, penlus : chacpie <liversilé est itni/brmilé , chaque changem(;iit est C071.S tance *.
Les êtres particuliers intelligents peuvent avoir des lois qu'ils ont faites ; mais ils en ont
aussi qu'ils n'ont pas faites. Avant (pi'il y ortt des êtres intelligents , ils étaient possibles : ils avaient donc des rapports possibles, et par consetpient des lois possibles. Avant (ju'il y eilt des lois faites, il y avait des rapports de justice possibles. D'wc tpi'il n'y a rien de juste Ji ni d'injuste, tpie ce ([n'ordonnent ou defen- T dent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on eût tracé le cercle, tous les rayons n'étaient pas égaux.
Il faut donc avouer des rapports d'équité antérieurs à la loi positive qui les établit : comme , par exemple , rpie , supposé qu'il y ertt des sociétés d'hommes, il serait juste d(^ se conformer à leurs lois; que, s'il y avait des êtres intelligents (jui eussent reçu quelques bienfaits d'un autre être, ils devraient en avoir de la reconnaissance ; que, si un être intelligent avait créé un être intelligent , le créé devrait rester dans la déjiendance iju'il a eue dès son origine ; qu'un être intelligentqui a fait du mal à un être intelligent mérite de recevoir le même mal , et ainsi du reste.
Mais il s'en faut bien que le monde intelligent soit aussi bien gouverné (jue le monde physique. Car , (pioique cclui-la ait aussi des lois qui, parleur nature, sont invariables, il ne les suit pas constanunent comme le monde physique suit les siennes. La raison en est que les êtres particuliers intelligents sont bornés par leur nature , et par conséquent sujets à l'erreur; et, d'un autre côté, il est de leur nature qu'ils agissent par eux-mêmes. Ils ne suivent donc pas constamment leurs lois primitives; et celles mêmes qu'ils se donnent, ils ne les suivent pas toujours.
On ne sait si les bêtes sont gouvernées par les lois générales du mouvement, ou par une motion particulière. Ouoi qu'il en soit, elles n'ont point avec Dieu de rapport plus intime que le reste du monde matériel , et le sentiment ne leur sert que dans le rapport qu'elles ont entre elles, ou avec d'autres êtres particuliers , ou avec elles-mêmes.
Par l'attrait du plaisir, elles conservent leur être particulier, et par le même attrait elles conservent leur espèce. Elles ont des lois naturelles, parce qu'elles sont unies par le sentiment; elles n'ont |)oint de lois positives, parce qu'elles ne sont point unies par la connaissance. Elles ne suivent pourtaiit pas invariablement leurs lois naturelles : les plantes, en qui nous ne remar(|uons ni connaissances ni sentiment, les suivent mieux.
Les bêtes n'ont i)oint les suprêmes avantages que nous avons; elles eu ont (|iie nous n'avons pas. Elles n'ont point nos espérances , mais elles n'ont point nos craintes ; elles subissent comme nous la mort , mais c'est sans la connaître : la plupart même se conservent mieux que nous, et ne font pas un aussi mauvais usage de leurs passions.
L'iiommc , comme être pljysique , est , ainsi <1U(' les autres lorps , ['.ouveriié par des lois invariables; connue (Hre intelligent, il viole sans cesse les lois cpie Dieu a étal)lies, et ithançe celles (pi'il élaMit lni-m(''ine. Il faut qu'il se conduise, et cependant il est un cMre borné; il est sujet à l'ignorance et à l'erreur, comme toutes les intelligences lînies; les faibles connaissances qu'il a , il les perd encore, domine créature sensible, il devient sujet à mille passions. Un tel tHre pouvait à tous les instants otiblierson créateur; Uieu l'a rappelé à lui jiar les lois de la religion ; un tel être pouvait à tons les instants s'oublier lui-même: les pbilosoplies l'ont averti par les lois de la morale ; fait pour vivre dans la société , il y pouvait oul)lier les autres : les législateurs l'ont rendu à ses devoirs par les lois politiques et civiles.
— Montesquieu. —
( \"oyo7. le 29 janvier.)
' — Cette définition a été fort critiquée, et non sans quelque raison ; c'est au (iél)ut d'un, livre où l'on examine l'esprit des lois qui régissent les sociétés hinnaines, qu'elle se troiive énoncée et développée. L'auteur embrasse dans une même définition les lois immuables de la nature et les lois de convention qui règlent les intérêts ou les droits réciproques des hommes. Les lois ne sont point des rapports, mais des règles qui ordonnent ou défendent certaines choses ; ce n'est tflie par extension que le même nom est donné aux règles établies par la Providence , poiu" l'oxislence des choses et pour la succession des êtres.
2 — Certains rapports des êtres entre eux sont en effet le résultat des lois de la nature ; mais un grand nombre de ces mêmes rapports ne sont réglés par aucune loi; on doit le croire, du moins , ou il faudrait nier la Providence.
^ — Ce que les matérialistes appellent fatalité n'est antre chose que la Providence qu'ils sont assez insensés ou de mauvaise foi pour ne pas reconnaître.
■* — Car chaque diversité, chaque changement est une manifestation de la loi uniforme et constante.
Obsprrndnii f/pnérnle. IVlontosquieu. poursuivant le dêveiopiu'inciit de sa premièiH' idée, confoiuljusqu'au bout diiiiscc ciiapitre ce (pi'il fallait avant tout disliugiier; de là cette obscurité ou ce vajjue rpii empêche d'apprécier les considérations d'un ordre supérieur disséminées dans les ))remières paj^es de son livre immortel : mais, envisagé dans son ensemble, quelle i profondeurd'analyse dans cet examen des lois; «jnelle I élévation dans les idées ; que de Force, que de justesse dans le raisonnement; quelle |)arole nerveuse , pré- : cisc,{;rave. pleine d'autorité ! .Montescpiieu s'élève audessus du mond(; physique; et du monde moral ; et , des hauteurs sublimes où sa pensée le transporte, il contemple b^s lois qui fjouvernent les êtres, il fait voir I que ce n'est point le fini qui est la condition du fini; | que l'être borné ne cvve rien, mais reçoit tout de la loi ' éternelle; il montre, en un mot. l'infini comme la comil- | tion dernière eluniipie de rhumanité. Ainsi se trouvent ! détruits les arguments des matérialistes et des athées | qui veulent que le hasard |>rêsi(le à tout, et que les lois 1 humaines soient de simples conventions capricieuse» ou arbitrair/es.
-1G.")(I,- Mort de Descartes, célèbre pliilosoplie , né A l,a Haye en Tourainc, en 15Wi.