‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 42 sur 370 · LA BATAILLE SE MONTEREAU · texte numérisé non relu

LA BATAILLE SE MONTEREAU

A r«^s nirds : • Kn avant! marchrj.. bravrs purrrtris , Ijisr trouve la ninrt . mais croissent des laurier». • Tmit .1 coup (les soldats la masse invulnérable Kcrasait l'eitnenii Uc son poids foiinidablc.

DtlSAULCHO. —

V ne partie do Varmôc dos .411 iô s occupait Ips pnrirous de Montoroau, ot .se proparait a marcher sur la capitale. Le viaréchal de lie Hune, a la tète de sooo hommes, n'était éfjarô en poursuivant 2.-.000 Russes , et Napoléon, presque sans secours, écrasa aroc son artillerie un corps considérable de H iirtemhorfjoois et do Russes.

Cependant Napoléon iiaiaie l'eimemi, comme l'onraiîan la poussière. !<' dépasse, et, se retournant aiissiiùt, le refoule sur .Montereaii . où HelliMie' lises trois mille hommes doivent l'altendre. Otte cavalerie (pii liennit, c'est la sienne; res canons (pii loniieiit, ce sont les siens ; cel homme qui, au milieu de la poudre , du bruit et du feu, apparait aux premiers

ranpfs des vainqueurs , chassant vingt-cinq mille Russes avec sa cravache"'', c'est lui , c'est Napoléon.

Russes et Wurleinlierp,eois se sont reconnus : les fuyards s'adossent à un cor|)S d'armée de lroui)es fraiihes. Où .Napoléon croit trouver trois mille français, et prendre les Russes entre deux feux , il rencontre dix mille ennemis et lieiiite un mur de haïoniulles; delà hauteur de Surville, où devait llolter le drapeau tricolore, dix-huit pièces de canon s'apprêtent à le foudroyer.

La garde reçoit l'ordre d'enlever le plateau de Surville; elle s'élance au pas de course; après la troisième décharge, les artilleurs wurtembergeois sont tués sur leurs pièces : le jWaleau est à nous.

Cependant les canons , que l'ennemi a eu le temps d'encloiier. ne peuvent i)as servir. Un traîne à bras l'artillerie de la garde ; Napoléon la dirige, la place, la pointe; la montatyne s'allume comme un volcan^ ; la mitraille enlève des rangs entiers de Wurteiultergcois et de Russes; les boulets ennemis répondent . sifilent el ricochent sur le plateau , Napoléon est au milieu d'un ouragan do fer. On viiit le forcer de se retirer; — Laissez, laissez, mes amis, dit-il en se cramponnant à un alfùt ; le boulet qui doit me tuer n'est pas encore fondu ^. En sentant la poudre de si |)rès, rempereura disparu; le lieutenant d'artillerie s'est remis à l'œuvre. — Allons, Bonaparte, sauve Napoléon •^.

Protégées par le feu de cette redoutable artillerie, dont l'œil de Napoléon semble conduire cbacpie boulet, diriger chaque mitraille'', les gardes nationales bretonnes .s'emparent à la baïonnette du faubourg de 3Ielun , tandis (pie du côté de Fossard le général Pajol j)énètre avec sa cavalerie jusqu'à l'entrée du l)ont; là, ils trouvent Russes et AVurlembergeois tellement entassés, que ce ne sont plus les baïonnettes ennemies, mais les corps même des hommes qui les em|iéchent d'avancer ; il faut se faire avec le sabre un chemin dans (;elfe foule, comme avec la hache dans une forêt trop pressée. Alors Naixdéim ramené tout le feu (le son artillerie sur un seul point ; ses boulets enfilent la longue ligne du pont; chacun d'eux enlève des rangs entiers d'hommes dans cette masse (pi'ils Ia!)oiirent conuiKî la charrue un champs; el cependant reunemi se trouve encore triq) pressé, il étouH'e entre les parapets; b; pont déborde; en un instant la Seine et rVonne sont couvertes d'hommes et ronges de sang.

(iette boucherie dura (piatre heures.

<( Et maintenant, dit Na|)oléon lassé en s'as- 11 seyani sur l'allùt d'un canon . je suis plus >! près de Vienin; , (pi'ils ne le sont de Paris. >

l'iiis il laissa tomber sa tète entre ses mains, resta dix miniiles absorbé dans la pensée de

ses anciennes victoires et dans l'espérance de

M < \ irtoirt'S nouvelles.

<>u;iiul il rolt'va le front, il avait devant lui m: aide de camp qui venait lui annoncer que Snissons, cette poterne de Paris, s'était ou- \(!l<', et que les ennemis n'étaient plus qu'à ili\ lieues de sa capitale.

Il écouta ces nouvelles comme choses que, (lr|»iiis deux ans . rimpéritie ou la trahison de ses i;énéraux l'avait habitut' à entenilre: pas Mil muscle de son visage ne hougea . et nul de r: ii\ ([ui l'entouraient ne put dire qu'il avait surpris une trace d'émotiou sur la figure de . r joueur sublime qui venait de perdre le iiH'iide.

Il fit signe qu'on lui amendt son cheval; |iiiis. indiquant du doigt la route de Fon- 1 lini'ljlfau. il ne dit que ces seules paroles :

Allons, Messieurs, en route. — Et cet homme il' hr partit inipassible, comme si toute fali:ïue devait s'émousser sur son corps, et toute iluuleur sur son âme.

— Alexandre Dumas.—

Dr M A s [Alexandre)

Fils ihi ffénéral Dumas; il naquit à Villers-Cottc- •■ '^. en 1803.

I rmi ses pièces de théâtre on remarque Henri ni

■■' cour, Christine, et la Tour (le Aesle, drames n^oriques. Le premier est une peinture énergique t vraie d'un siècle corrompu, dévot, et près de oiiil)er dans les guerres civiles; le second, malgré .1 violation de la loi classi<iue des unités, offre de iiitf'rêt dans les situations, et prouve une habile nii-nte de la scène; la Tour de Xesle., dont on a

: uté la création à M. Alex. Dumas, les armes à

Tin, est dans son genre un chef-d'œuvre dra-

que : rien n'égale la rapidité de l'action, l'ori-

,i::ililé des caractères et l'énergie terrible des pas-

• ii'iis qui s'} trouvent développées. Cette pièce offre

lus d'une analogie avec celle de Lucrèce Uorr/in,

ir \ . Ifugo: foules deux cependant, malgré leurs ' uités, sont désapprouvées par la raison, la molli' et le bon goût, à cause des scènes horribles [liilles présentent. Cesonldesoiy/'e/Vcs. ditlNI.Gusave Planche dans la Chroni(|ue de Paris. Jniiiiy, à cet égard, mérite encore plus de reproches: 1 morale et les lois humaines y sont outrageusenint violées, et le crime y est excusé par la force I la fatalité des passions. Jnf/è(e, drame plus li;;iiede notre scène, mais qu'une mère doit aussi ■I- ,;nrder de faire voir à sa fille, est une pièce rcmlic d'esprit, de grâce et de sentiment; les situamns en sont véritablement dramatiques, et lesca- ;ti tères habilement dévelo|)pés.

Onaencorede>I..//c.i««t//eDMHin«d'excellents irlieles dans les Revues, les Cent-ct-Un, etc. Ses '^11 pressions de voyages renferment des tableaux ;inLieux et pittoresques, des récits intéressants, de idèles peintures de mœurs et des anecdotes fort biaisantes ; le style en est coloré, brillant et souvent i'nergique.

Gaule et France est un tableau historique et philosophique du progrèsdela liberté, delà deslruc- Uon successive des privilèges.

' Le prologue et l'épilogue seuls appartiennent en

propre à M. Dumas ; le récit est. à peu de chose près, celui d'Augustin Thierry et de Chateaubriand, et les faits ne semblent pia<és là (jue iiour servir de base et de preuve au système brillant qui termine ce tableau.

Son dernier ouvrage est Isabean de Bavière, roman historique où revit tout le moyen âge.

11 visite maintenant les côtes de la Méditerranée et l'Italie, pour y puiser de nouvelles Impressions de voyages.

' — Le maréchal Victor, duc de Bellune, il est à remarquer que son nom de guerre était Beau-Soleil.

- — Hyperbole un peu triviale, et d'un assez mauvais etîet ^i la veille de nos revers décisifs et de la chute de l'Empereur.

5 — Métaphore d'un bel effet.

* — Tant il croyait il la fatalité. (Voyez le 23 avril.)

^ — Locutions et tours trop familiers; style de

conversation. La gravité des circonstances interdit

absolument un pareil jeu de mots, que le bon goût

réprouve d'ailleurs.

6 — Chaque coup de la mitraille serait une expression plus convenable.

^ — Chute un peu dure.

Observation f/é né raie. Le style de ce récit appartient au genre romantique, qu'on reconnaît à certaines alliances de mots inattendues, mais dont l'effet n'atteint pas toujours le but désiré. Cependant ce tableau est animé, le style en est rapide, concis et nerveux. II représente admirablement le tumulte et les mouvements de la bataille, et. par dessus tout, la grande figure (le JVapoléon. calme au milieu de la mêlée, et maîtrisant le sort des combats.

— 1673. — Mort de Molière.

Molière, jouant le principal rôle dans sa comédie du Malade Unaginaire , est pris d'une toux si violente \ la fin de la représentation, qu'un des vaisseaux de sa poitrine se rompt. Transporté chez lui, il expira quelques heures après, entouré des siens, et assisté par deux pauvres sœurs de charité à qui il avait donné l'hospitalité.

SAGACITE DE BIOLIERE.

D.ins les écrits qu'elle sève fécontle . Quelle cliale'ir. quelle àme tu répands! I.a cour, la ville , et le peuple et le monde, Tu fais de tniit une étude prof<»nde.

Et nous riuns toujours à nos dépens.

— Marmotitel. —

Molière apercevait d'un coup d'œi! prompt, sûr et pénétrant, le principe secret des mouvements de l'homme les plus indéterminés et en apparence les |»lus indiltërents. Le naturel, que cachent les voiles redoublés de la dissimulation ou <pie déguisent les dehors uniformes de la politesse, n'avait j»as pour lui plus de mystères que celui qui se manifeste dans le naïf abandon de la candeur, ou ipii se montre à nu dans l'ingénuité cynique de la grossièreté.

Nul genre iVaction. nulle classe d'hommes n'échappait à ses reganls ou ne hii eu paraissait iuiliiTue. Tout, eutiu, était i)ciur lui fertile en oliservatious morales, et de tout il tirait des résultats philosophi«iues. l'u jour . il fait l'aumiNue à uu i>au>re. lu instant après, ce pauvre court après lui, et lui dit: > Monsieur, vous n'a>iez j»eut-ùlre jtas dessein de me don- Her uu louis d'or; je viens vous le rendre. Tiens, mon ami. lui dit 'Molière, en voilà un autre ; et il s'écrie: Où la vertu va-t-elle se nicher ! cette exclamation fameuse n'est pas celle d'un riche iusoleuunent surpris de rencontrer i|iiel(pie délicatesse sous les haillons de la misère: c'est celle d'un philosophe humain qui sent profondément comhien la probité, devoir facile pour l'homme opulent, quand elle ne lui commande pas de trop n^rands sacrifices , est une vertu pénible et méritoire dans l'homme indigent . qui toujours lui immole ses propres besoins et ceux de sa famille'.

— AlCER. — ACGER ( Louis-Simon )

Naquit A Paris , le i9 diVembre i77î.

Ses premiers travaux littéraires tirent connaître en lui un crili(|ue éclairé et laborieux ; il travailla successivement dans la Décade philosophique , le Mercure e\. \c Journal de V Empire. Ses éloges de Corneille , de Boileau, de Molière, et ses savantes et judicieuses annotations, sont tn'^s-eslimés et décèlent A la fois un esprit observateur et un habile écrivain. La fiioffraphic unirerselle lui doit son discours j»rè!iminaire et un jçrand nombre d'articles. Appelé à l'Académie française, le is avril isie, il s'occupa assidiiment de la rédaction du dictionnaire dont il changea le plan si beau , mais si difficile à exécuter, qu'avaient adopté ses prédécesseurs Domert/ue, Morellel et Suard. dont le but était de le composer presque entièrement d'exemples d'auteurs. Pour ma part, je leur en avais déjà fourni plus de vingt mille; mais ce qu'on dit de moi, à cel égard . dans la Uiof/raphie utiircrselle est entièrement faux. M. Auger était si'crétaire perpétuel de l'Académie, heureux dans sa famille, cbéri et honoré d(! ses confrères, lorsipie. subitement atteint d'une maladie mentale. À la suite delà mari ila Pi> a rd, il mil fin à ses jours (i). Les deux itrcmiers volumes de .ses Mélanges philosophiques et littéraires venaient d'être publiés.

' — Celte excellente interprétation, dont le caractère bien conini de .Molière garantit la justesse, était ccpendaiil nécessaire; car celli- excbimation Où la vertu ta-t-elle se nicher! semble d'abord

(l) UscdUpo.tiil à faire un voy-TRern Ualieel en Suisse; cl, deux joiirH .ivanl r.t mort, il iii'.iv.iilprlé dflnl donnor quelqiir» dirr-cliuiiKA cet ej;-ird. >'on<i somme» eiilrrs aliirs dan» de» di'l.ills i|iii m- me pernictlent pas de croire c|ii'll pensât ft mettre nn A se» jour». I.a veille , â son di'-jcuner, M me parut avoir l'esprit trriiihlr , et, lorsque je lui parlai de Picard, il »c leva pri-eipiUimment , fixa sur moi nn tcU CznxC cl prit un couteau, comme pour m'en fr.ipp' r:

ontrageuse à la classe indigente ; mais la réflexion démontre bientôt cpi'il y a \i\ éloge et non injure.

Observation générale. Ce récil très-simple el trè.scourt est écrit avec la pureté et la sûreté de yoiït <iui disUnguent toutes les productions de M. Aujer.

-1581.— Marie Stuart, reiuo d'Ecossa. est dc'cai>ltée au cliAloau de Kotberiiit;.ij'.

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