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— 'Dklille.
L'empereur Josej)!) ii n'aimait ni la représentation ni l'appareil , témoin ce l'ait (pi'onse plaît à citer : Un Jour que revêtu d'une siml)Ie redingote boutonnée, accompagné d'un seid domestique sans livrée, il était allé , dans une calècbe à deux places qu'il conduisait luimême , faire une promenade du malin aux environs de Vienne, il fiitsuri)rispai"lapluie, comme il rei)renait le chemin de la ville.
11 eu était encore éloigné, lorsipi'un [liétou, <pii regagnait aushi la capitale, l'ait signe au «conducteur d'arrêter, — ce que Joseph ii t'ait aussitùl. — Monsieur, lui dit le militaire (car c'était tni sergent), y aurait-il de l'indiscrétion à vous demander une place à cAté de vous? cela ne vous gênerait pas |)rodigieusement, puisipu; vous êtes seul d.ias votre calèche, el ménagerait mon uniforme (jne jo
souterrain, encombré aujourd'liui , et la poterne par où, dit-on, Il parvint â s'Ocliapper.
20 FÉVRIKR.
iiirfs aujourd'hui pour la prcniirro fois. — Mtiiap,('oiis votre uiiifornie, luon l»rav<' , lui «lit Joseph, et mettez-vous là. J)'i)ù venezvous? — Ah! dit le sergent, je viens de ehez un garde-ehasse de mes amis, où j'ai fait un fier déjeuner. — Qu'avez-vous donc mau[;e de si bon? — Devinez. — One sais-je , moi, une soupe à la bière? — Ah ! bien, oui, une soupe; mieux que ça. — De la choucroute? — Mieux que ça. — Une longe de veau? — Mieux que ça, vous dit-on. — Oh! ma foi, je ne puis plus deviner, dit Joseph. — lin faisan, mon digne homme, un faisan tiré sur les plaisirs de Sa Majesté, dit le camarade en lui frappant sur la cuisse. — Tire si'.r les plaisirs de Sa Majesté , il n'en devait être que meilleur?
— Je vous en reponds.
Comme on approchait de la ville, et que la pluie tombait toujours, Joseph demanda à son compagnon dans quel quartier il logeait, et où il voulait (}u'on le descendit. — Monsieur, c'est trop de bonté, je craindrais d'abuser
de — Non, non, dit Joseph , votre rue?
Le sergent, indiquant sa demeure, demanda à connaître celui dont il recevait tant d'honnêtetés. — A votre tour , dit Joseph, devinez.
— Monsieur est militaire, sans doute? — Comme dit Monsieur. — Lieutenant? — Ah! bien oui, lieutenant; mieux que ça. — •Capitaine? — 3Iieuxque ça. — Colonel, peut-être?
— Mieux que ça , vous dit-on. — Comment diable, dit l'autre en se rencognant 'aussitôt dans la calèche, seriez-vousfeld-maréchal? — Mieux que ça. — Ah! mon Dieu , c'est l'Empereur ! — Lui-même, dit Joseph se déboutonnant poiu' montrer ses décorations. Il n'y avait pas moyen de tomber à genoux dans la voiture ; l'invalide se confond en excuses et supplie l'Empereur d'arrêter pour qu'il puisse descendre. — Non pas, lui dit Joseph; après avoir mangé mon faisan , vous seriez trop heureux de vous débarrasser de moi aussi proniplement ; j'entends bien que vous ne me quittiez qu'à votre porte. Et il l'y descendit <.
Extrait de la Mncïnosyiie classiciue de !M. Lrvi.
• — Comme, en admettant l'authenticité du tond, la forme appartient au narrateur, et qu'il a probablement disposé à son gré les éléments de l'anecdote, il aurait dû, pour terminer son récit, fort spirituel jusque-là. prêter à l'Empereur quelque saillie propre à clore l'aventure d'une manière un peu plus piquante.
Observation générale. Narration ilans le genre familier. Le style est simple, naturel, éléiiantet facile; nous regreltôns de n'en pouvoir nommer l'autein-. La position respective des deux personnafjcs est pleine d'inléri''t. et le double dialogue, par letpiel ils arrivent toujours crescendo, l'un à l'excellence de son déjeuner, l'autre à son titre d'empereur, est fort plaisant et du meilleur comique.
-1513.— Mort du pape Jutrs n , un de» plus célèbres pontifes qui aient ot-cupO le Salnl-Si(>gc.