PAR SALADIN
Sult'il ! à nu'S ivgartis dérobe la luniicro. La (illc de Sioii, Jérusalem , hélas!
Sous un joug odieux couibo sa tête altiere. — Mad. DuFnexov. —
Une seule journée avail enlevé au royaume de Jérusalem son chef et ses défenseurs les plus intrépitles ; une reine en pleurs , les enfants tle ceux qui étaient morts à la bataille de Tibériade *, et quelques soldats fngitifs, étaient les seuls gardiens du saint sépulcre. Devancé par la terreur de ses victoires, Saladin se présenta bientôt sous les murs de cette capitale dont les habitants n'espéraient plus que dans la miséricorde de Dieu et celle du vainqueur. Il fit venir les principaux de la ville, et il leur dit: «t Je crois, comme vous, que «I Jérusalem est la maison de Dieu; je ne veux e point en profaner la sainteté par l'effusion «i du sang ; abandonnez ses murs, et je vous <i livrerai une partie de mes trésors. » Le désespoir leur donna de la fermeté. Nous ne <( pouvons, répondirent-ils, vous céder une <t ville où notre Dieu est mort ; nous pouvons « encore moins vous la vendre. i> Le sultan jura alors sur l'Alcoran ^ qu'il ne s'emparerait de la ville que par la force ouverte. Le siège fut commencé et poussé avec vigueur. Jérusalem avait encore une nombreuse population , mais ses habitants n'avaient que des prières et des supplications à opposer à la fureur des assiégeants. Ceux même qui avaient répondu à Saladin avec quelque courage ne songèrent plus qu'à implorer son indulgence. Saladin se ressouvint de son serment, et se montra inexorable. Un jour qu'ils le suppliaient plus vivement de se laisser toucher, se tournant vers la place, et leur montrant ses étendards qui flottaient sur les murailles : <; Comment voulez-vous, leur dil-il, que j'accorde des conditions pour une ville prise ? '< Mais les Sarrasins furent repoussés ; et le sultan, craignant le désespoir des assiégés, fit assembler les docteurs de la loi, et leur demanda s'il pouvait se dégager du serment qu'il avait fait de prendre la ville d'assaut. Les imans et les cadis
décidèrent en faveur de l'humanité 3; et, ce (|ui est digne de remarque, ils puisèrent leur tiécision dans les subtilités d'Aristote, traduit en arabe *. Saladin accorda la vie aux habitants; et, après quatorze jours de siège, il entra en triomphe dans Jérusalem. Il traînait à sa suite ce Gui de Lusignan qui revenait captif dans une ville où il avait été roi ; vingt mille guerriers, faits prisonniers à Tibériade, et conduits à la suite du vainqueur, revirent en pleurant ces murs que leur courage n'avait pu défendre. C'est ainsi que cette Jérusalem, qui avait été conquise quatre-vingt-cpiatre ans auparavant, et qui avait coilté tant de sang à l'Europe, tomba au pouvoir des infidèles. Saladin usa de sa victoire avec générosité.
— J. MiCHAUD. — HICHAUD {Joseph),
L'un des quarante de l'Académie française, né ù Bourg en Bresse, en nés.
Parmi les productions littéraires qu'on lui doit on remarque : VHistoire des progrès et de la chute de l'Empire de Mysore, où le caractère extraordinaire, les succès et les malheurs du sultan Tippo-Saeb sont parfaitement décrits ; le Printemps d'un Proscrit, poème descriptif rempli d'intérêt, de charmants tableaux et de beaux vers; VEnlèvement de Proscrpine, joli poëme que plusieurs préfèrent même au précédent; VHistoire des Croisades (en 7 vol. in-s"), le plus important des travaux de M. Michaud et celui qui a fondé sa réputation; la grandeur du sujet, l'impartialité des jugements, l'étendue des recherches, la simplicité et la noblesse du slyle, font de cet ouvrage un des plus beaux monuments historiques que possède la France.
M. Michaud qui , à l'exemple de Volney et de Chateaubriand, a visité l'Orient avec M. Poujoulat, vient de terminer sa Correspondance , en i vol. in-8''. Cet excellent ouvrage nous a fait connaître et apprécier le talent littéraire de ce dernier. Dans les lettres qui appartiennent à M. Michaud, la fraîcheur du slyle semblerait trahir un jeune écrivain, si la maturité des jugements, la profondeur des pensées et un rare talent d'observation n'attestaient qu'elles sont le fruit d'une ex périence et d'un savoir consomtnés.
D'autres productions moins importantes , mais toutes remarquables par l'élégance, la justesse et la grâce du style, sont sorties de la plume de M. Michaud, à qui l'on doit aussi d'excellents articles dans la Biographie universelle , et la fondationidu journal la Quotidienne dont il a été pendant longtemps le plus utile collaborateur.
>— Ville de Galilée fondée l'an n de J.-C. par Hérode Antiphas en l'honneur de Tibère.
2 — VAlcoran ou le Coran est un mot arabe qui signifie le Livre ou plutôt le livre par excellence. Mahomet a donné ce nom au livre qui contient ses révélations et ses lois; c'est dans le même sens que les Chrétiens appellent V Écriture l'Ancien et le Nouveau Testament.
^ — Inian, ministre de la religion mahométanc; cadi , nom donné à un juge chez les Turcs.
!î MARS.
* — AristotCs ne à Stajîyre. en Macédoine, 384 ans avant J.-C. CVsl à ce célèbre philosophe tjue Philippe confia l'éducation d'Alexandre.
Observation générale. Ce récit dr.imatitpie et simple à la fois est écrit avec une pureté, une élépance sans apfnét. bien rares aujourd'hui. Il enipnuitc tout son intértU à la grandeur du sujet, au nom sacré de Jérusalem, au nom fameux do Saiadiu et à tous les souvenirs d'infortune eldet;loiie «juc réveille cette terre où mourut le fils de Dieu, oii les chrétiens allaient délivrer un tombeau, et ne trouvèrent que le mar- Ivre.
-Ii9».— Henri i" , prince de Coudé , meurt A Salnl-Jeaud'Angely , empoisonne par ses domestiques. Sa femme , Charlotte «le la TrOmouille , fut soupçonnée d'avoir trempe dans ce crime. , ^