‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 68 sur 370 · L'IMMORTALITE DE L'AME · texte numérisé non relu

L'IMMORTALITE DE L'AME

PBOL'VÉE PAB LES ATTRIBUTS DK fUUMAMTK.

Ni ravritglr hasard, ni l'aveugle inatitrre . rTonl pu crtcr mon âme . rs^eiice de hiiiiiere. Je petue : ma pensée atteste plus un Du-u Oue tuut le finnuineiit et ses glubes de feu. — Leb>uj«. —

niloiqiir riiomme ail perdu taiitdc prérogalivcs, (juelle atilorité lui reste encore dans la iialurc! La terri; est son emiiire, tout le rcspicte et le craliil. Voyez les animaux les jiliis vijjourenx frémir sous la main de cette faible créature, s'incliner sous son jouj^, et rendre lioinmajjc à la m.ijesté de leiu" niailre. Tainlis ipie la nature les a courbi'S vers la terre, rcjjardez le front de l'homme élevé vers les cieux , et où les anciens sapes croyaient voir

le présaçe de notre céleste destinée : Quelle est donc encore la dij^nilé de Thomine dans son malheur ! Ne craij;nous pas de l'appeler le chef-d'œuvre des cieux. Se crai^^nons pas de dire, avec le g;rand apôtre : i. L'homme est l'image de Dieu . il est sa gloire '. n

('oiilemplons de plus grands objets: les merveilles de noire âme, les opérations incompréhensibles de notre intelligence. Je pense, et tous les objets que mon esprit appelle viennent se présenter à moi : je puis embrasser dans mon imagination la terre et les cieux. Leurs vastes espaces ne sont point trop resserrés dans retendue de mon .Une. Je fais revivre par ma mémoire ce ipii n'est plus, Je crée par ma ]»révoyance ce qui n'est pas encore ; par l'activile de ma pensée , je vois ce qui est invisible à mes yeux , je suis présent dans tous les lieux et dans tous les temps. La voix de l'homme articule quehiues sons, et ses pensées sont entendues ; sa main a tracé quel- <|ues signes, et ses idées franchissent les limites des empires. Le genre humain s'entenrl et se ré|)onil des deux extrémités de l'univers ; le siècle présent peut converser avec l'antiquité la plus reculée, et la dernière postérité pourra converser avec lui.

Je ne parle ici que des opérations communes de l'entendement humain. Faut- il vous représenter encore ses opérations supérieures; considérez ces créatures, si faibles en apparence, et qui domptent la nature, qui la forcent à lui révéler ses mystères ; cpii réforment, qui perfectionnent ses productions par l'industrie de leurs arts. Philosophe et politique, l'homme règle encore les mœjirs, il police les cités, il balance le sort des nations. Cet être , qui occupe un si petit espace dans l'univers, ose en mesurer l'étendue. Il se fraye des routes inconnues à travers les mers ; il élève ses connaissances jusqu'aux régions célestes ; il compte la nuiltitude des étoiles et il leur donne h chacune leur nom; il mesure l'immensité des astres, il sait leur distance, il calcule leur marche, il prédit leurs révolutions; que dis-je? son esprit s'élève audessus des cieux ; il franchit les bornes du moiide visible, il pénètre dans les abîmes inaccessibles aux sens, dans l'essence des êtres, dans la naturelles esprits, dans les principes éternels de la verlu , dans les profondeurs même de la Divinité 2.

"\lais quelle prérogative plus glorieuse encore pour l'homme, que tous ces prodiges de rentendemenl ! L'homme, avec le secours de la gr;1ce, l'homme est capable de vertu. Non seulement il peut connaître le bien, il peut le fairi;, il peut èlre juste, tempérant, magnanime, bienfaisant; son cœur peut s'élever jusqu'à la Divinité; il peut adorer la j)uis,sanco lie Dieu, aimer sa bonté, craindre sa justice , espérer en son éternité '.

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lîi MARS.

Et , les passions même de l'homme ne sontelles pas encore autant de monuments de la noblesse de son âme ? D'où peut venir cet iiniour desordonné des richesses, des honneurs, des plaisirs, que rien ne peut rassasier, sinon de rimmensité d'une ."^me faite pour des liiens plus grands? Oui a pu inspirer à l'impie même , qui révoque en doute l'immortalité de son ."^me, le désir immense de faire survivre sa réputation à lui-même, et d'immortaliser sou nom dans la mémoire des hommes? Oui a pu lui ins[»irer le désir de cette iuunortalité chimérique , sinon le pressentiment involontaire et invincible de la véritable immortalité? Ainsi nos vices même et nos • rreurs atlestenl la grandeur de notre origine et de notre destinée.

— L'abbé de Beacvais. —

BEAUVAIS ( Jean-Bapttste-Charles-Marie de ) ,

Né A Clierbourj; , le n octobre nsi. Élève du célèbre Lel)eau', il devint l'un de nos plus éloquents prédicateurs, et celui qui s'est le plus approché de l'illiislre Bossuet. U a prouvé, comme Massillon, qu'on pouvait réussir A la cour, mèjne en y taisant sou devoir, car il s'en faut bien qu'il y ait prêché eu courtisan. Hardi dans la chaire de Versailles, il a paru timide à l'Assemblée constituante. Il est mort évèque de Seuez , en nao , avant les funestes effets de cette révolution qu'il avait prévue et annoncée , et dont il aurait été infailliblement une des victimes.

' — Si Dieu a dit : « Faisons Vhomme à notre image, « il n'en faut pas conclure qu'il ait une forme humaine , comme l'ont fait les anthroponiorpbites; il faut entendre par ces paroles que les attributs de l'homme sont de même nature que les attributs de Dieu : le sentiment, l'intelligence et l'activité de l'un sont une émanation de l'amour , de la sagesse et de la puissance infinie de l'autre.

2 — L'intelligence de l'homme, qui veut connaître la vérité tout entière, qui éprouve le besoin toujours plusénergique d'une science toujours plus étendue, ne saurait donc aboutir aux ténèbres de la tombe comme à son but définitif.

' — L'activité humaine, qui donne naissance à un besoin toujours croissant de justice et de vertu, et qui ne voudrait s'arrèler que dans le sein de Dieu, ne peut donc trouver l'accomplissemenl de sa destinée dans le repos éternel de la mort.

Obxenyttion générale. Morceau oratoire et philo.'sophliiiie dans" lequel les vérités les plus sublimes de la i)sycholo(jie sont analysées avec justesse et décrites avec élo((uence. L'auteur montre comment les trois facultés humaines, le sentiment, rintelliffcnce et l'activité , ont lein- source et leur bu;: dans les trois attributs divins. le beau . le vrai, le bien absolu; commentées trois facilites constituent autant de besoins dont la satisfaction est la dcsîinée de notre être; bcîsoin d'aimer le beau, besoin de connaître le vrai, besoin de pratiquer le bien ; comment enfin , en d'autres termes, et selon la définition chrétienne, le but de rhommc est d'aimer, de connaître et de servir Hieii de plus en ))lus ; but <(ui ne peut être atteint qu'à la condition de l'immortalité de l'âme.

— 4i avant i .-i:.— Jules-cesar vst assassine dans le Sénat.

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