LE SIEGE DE PTOLEMAIS
Sur son blanc promontoirr
l'.nrait Plol^mais ,pui-i.unlpd.ins l'iiisloiir.
Formidable cité dniu \r vnsterontoiir
A rhaquc angle s.iillnnt fait surgir une tour.
BiBTIltLEMV Cl MtRÏ.
La ville de Ploiemaîs, en Syrie (aujourd'hui Sainl-Jeand'Acre), occupée par les troupes du sultan Saladin, est awlégée par Liixitjnan, roi do .K-rusaloni, lîichard , roi d'Angleterre, et Philippe-Auguste, roi de France.
Charjiic souverain donne ses ordres, se
prépare au combat, écarte le re|)os, el ne respire (pie la jjuerrc. A peine le crépuscule du soir est-il arrivé, que Montmorency ' , à la tète de mille pionniers ^, profite de l'obscurité pour conuneucer ;i détruire en silence les avant-murs de la place;, apjjclés murs de barbacane; Lusignan ^ lait rouler lentement une tour de bois remplie d'armes meurtrières , el la place en face d'une brèche mal réparée ; des corps de Tyriens portent sur leurs épaules des balistes , des béliers et autres instruments de guerre, qu'ils dressent contre les murailles * : tous ces mouvements se font avec précaution, en silence; el jamais les avantcoureurs de la mort ne s'annoncèrent avec moins- de bruit et il'éclat s. Tandis que tout se prépare ainsi pour l'assaut terrible du lendemain, ks habitants de Ptolémaïs, se reposant avec une aveugle confiance sur la dissension qui , jusqu'à ce jour , a retenu les Chrétiens enchaùiés dans leur camp, sommeillent en paix , sans se douter que l'Ange de la destruction s'avance vers eux , et plane déjà sur leurs tètes ^. A peine l'aurore a-t-elle paru , qu'éveillés tout à coup par le son des trompettes , le retentissement des armes et le hennissement des chevaux, ils s'élancent sur leurs remparts , et voient avec effroi l'appareil terrible qui les menace de tous côtés. Leurs murs, attaqués dans leurs fondements par des milliers de soldats , ne seront bientôt plus qu'une vaine défense. Dans l'espoir d'interrompre les travailleurs, les Musulmans jettent sur eux des pierres enflammées et du plomb fondu ; ils sont bientôt repoussés par les flèches et les traits dont on les accable. Cependant ils reviennent à la charge ; et , commandés par le brave Metchoub , auquel Saladin ^ a confié la défense de Ptolémaïs, ils opposent une fermeté constante et opiniâtre à l'ardeur fougueuse des Chrétiens. Déjà plusieurs tours sont renversées , les fossés à demi comblés . les brèches ouvertes en plusieurs endroits , les croisés prêts à monter à l'assaut ; et cependant les assiégés ne parlent point de se rendre. Richard ^ irrité sent croître sa valeur avec leur obstination ; il anime ses troupes ; les elforts redoublent, l'intrépidité ne connaît plus d'obstacles; les poutres armées de fer, les faux tranchantes, le terrible bélier, sont dirigés contre la tour de l'est : bientôt elle s'ébranle, croule et tombe avec un fracas horrible , entraînant dans sa chute les guerriers qui la défendaient. Richard .s'élance à travers les décombres : il est maître des faubourgs. Pendant assez longtemps , les Sarrasins lui disputent le terrain ; mais , s'apercevant bientôt que les Chrétiens sont victorieux sur tous les points, ils fuient épouvantés dans leur seconde enceinte. Philippe-Auguste^, maître de la tour de Nazareth , s'unit à Richard pour ne donner aucun relâche aux vaincus.