Ad Joach. Perionium
Si qucmquam voluit probare Erasmus
Insulsum, stolidum, impudentem, ineptum
Obscurum insuper, et tenebricosum,
Hune dixit Monachum; bene ille certe ! At
Très aut quattuor hoc in orbe sunt, qui
Mcndacem faciunt, probantque Erasmum,
Quorum nomina clariora luce.
Nostin Cortesiumque Dampetrumque ?
Cognostin Dionvsium, tacebo
Te, nostin Pyladem, Salinacumque ?
Ii sunt monachi, pii, periti,
Passira jam célèbres viri, qui Erasmum '.
(Detractum volo jam nihil sepulto)
Mendacem faciunt, probantque vanum,
At non in génère est, puto, loquutus.
1. Joachim Perion, né à Cormery en Touraine en 1499. Entré dans l'ordre des Dominicains en 1527, il se rendit ensuite à Paris, où il prit le grade de docteur en théologie en 1542, et retourna, en 1 547, dans son pays natal, où il mourut en 1339, après avoir écrit de nombreux ouvrages dont le plus connu est un Discours contre Ramus.
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résultait des lettres de Budé, dans l'une desquelles le jeune cordelier est désigné déjà sous le nom de Pylade '.
A son tour, M. Rathery, influencé par l'autorité d'un juge tel que M. Quicherat,
consentait a reconnaître le précepteur de Rabelais dans le Salinacusde Voulté,et,dans le Pylade anonvme, Rabelais lui-même 2.
Mais si MM. Rathery et Quicherat avaient eu le loisir de pousser plus loin leurs investigations dans les poésies latines du xvie siècle, ils se seraient convaincus que « Pylade » n'est point employé au figuré pour désigner le légendaire ami d'Oreste, et que ce Pvlade a existé en chair et en os. Il fut moine comme Rabelais, qu'il connut probablement, étant fort répandu dans le cercle savant où fréquentait maître François. On trouve dans les Odes et dans les Hymnes3 de Salmon Maigret des pièces sur Pvlade, « de Petro Pylade monacho salictano. »
Pierre Pylade était chargé de l'éducation des religieuses au prieuré de la Saussaie, dans les environs de Paris. Et ensuite il devint précepteur des enfants de Renée de France, à Ferrare*.
Là encore, l'ingénieux échafaudage des érudits tombait.
Voilà pour Pylade. Des autres personnages cités par Voulté, nous ne connaissons bien que Dampetrus, Dampierre. Cortcesius est peut-être Hilaire Courtois, d'Evrcux, auteur de poésies latines imprimées en i 535, à Paris, chez Simon de Colines, sous le titre de Volantillee. Il ne parait pas qu'il fût entré dans les ordres lors de cette publication, dans laquelle on trouve des pièces dédiées à Guillaume Courtois, médecin d'Orléans, Martinus Lateranus, docteur en théologie, son grand ami, à Jean Morel, médecin, à Rabenidus, imprimeur, à Guillaume Lateranus, orateur éloquent, à Leodegardus Courtois, médecin, son parrain. Les
i. Quelques traits à ajouter à la vie de Rabelais, article de ^Correspondance littéraire, tome III page 414.
2. Notice biographique en tête des Œuvres de Rabelais. Did.it, 1S72.
3. « Virgines sanctè Domino dicatas erudit, dit Maigret, Hymnes.
4. Lettres à Dampierre, de Fer rare, six ides de novembre [ 5 4.5. Bibliothèque de Perne, vol. E.45o,ép. 80. Une lettre de Calvin, de Paris. 27 juin i53i, nous permet de croire que Pylade était m le. mais.
Calvin écrit à François Daniel, à Orléans, pour lui rendre compte de la mission qu'il a reçue de lui et de sa famille si hospitalière aux gens de lettres. Il s'est rendu au couvent qu'habite la sœur de Daniel, et là il a appris qu'elle avait obtenu des religieuses l'autorisation de prononcer ses voeux : « Sui tes entreiaites, l'abbesse est an 1 1 mme je la pressais d'arrêter un jour, elle m'a permis de le choisir,
à une condition toutefois, c'est que Pylade se; an préseill p/OUS aurez celui-ci a Orléans d'ici huit joui s . Ainsi, dans l'impossibilité de passer outre, nous nous en sommes rapportés à la déci-ion de Pylade.»
•■ Inter liœc colloquia abatissa locum milii dédit sui conveniendi. Cum urgerem nt diem preescriberet, vermisit mihi détection, verùm adjecta conditione ut Pylades adtsset, quem habebitis Aurélia' intra octo dies. Ita, cum certius transigi non posset, detulimus arbitrium Pylaii. (Herminjart, livre déjà cité.)