‹ Une lyre a la mer. PoésiesChapitre 14 sur 42 · L'INCONSTANTE · texte numérisé non relu

L'INCONSTANTE

Comme un fiévreux s'agite En son lit sans repos, Comme un lièvre à son gîte Echappe à tout propos;

Ainsi Fàme inconstante, Toujours lasse d'avoir, Va dans sa course errante Du bonheur à l'espoir.

Seule dans la nature.

Ne se fixant à rien, Il lui faut pour pâture Le mieux, ombre du bien.

Vit -on jamais la rive Envier le ruisseau?

Ou la plage attentive.

Le rapide vaisseau?

La plaine, à la montagne Envier le front blanc?

Le mont, à la campagne Les sillons de son flanc?

Aux champs, le désert vide Envier les hameaux?

Les champs, au sable aride Envier ses chameaux?

Seule, en ce vaste monde L'âme ne prend plaisir.

Qu'à tendre vagabonde Son aile à tout désir.

Elle vogue sans trêve A toute onde, à tout vent.

Se heurte à chaque rêve.

Et sombre à chaque instant.

Hélas! un jour les anges Ne la verront -ils pas Pleurer, dans leurs phalanges, Le séjour d'ici -bas? —

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