MON PREMIER-NE
Salut î mon premier-né : toi que, riante et pâle, Le bonheur à la bouche , et les larmes aux yeux , Sanctifiant ainsi la chambre nuptiale. Une mère m'olFrit à l'heure matinale; Salut, banni des Cieux!
Oh! ne pleure pas trop ton exil en ce monde, Car je veux te donner, pour consoler tes pleurs, Tout ce que peut un bras sur la terre féconde; Tout ce qu'il est d'amour dans une âme profonde. Qui connaît les douleurs.
Tu n'as trouvé chez moi ni dentelle à tes lang-es. Ni berceau pavoisé qu'un héraut blasonna; Je t'ai reçu, vois-tu, comme on reçoit les anges: Avec des bras ouverts, un cœur gros de louanges. Et le peu que l'on a.
Mais, je veux avec toi partager ma richesse: Ma table au pied blessé , ma chaise au coin du feu . Le sort qui m'est échu, l'espoir qui me caresse. Et puis tout un trésor de joie et de tendresse: Ta mère et notre Dieu.
Mon Dieu! j'ai lu souvent, dans ta parole austère, Que tu punis l'enfant de qui pèche envers toi; Laisse au Dieu d'Israël ce lugubre mystère. Dieu chrétien! et conduis mon enfant sur la terre Sans compter avec moi.