‹ Une lyre a la mer. PoésiesChapitre 33 sur 42 · A SIR MOSES MONTEFIORE · texte numérisé non relu

A SIR MOSES MONTEFIORE

Israël a revu les jours de Tesclavag-e, Israël a pleuré, comme aux jours d'un autre 'âge. Ses champs se sont rougis à l'éclat du croissant. Le croissant, dans son ciel, ainsi qu'un cimeterre, A brisé son étoile et fait pleuvoir en terr? La sueur et le sang-.

La maison d'Israël, de deuil s'est revêtue. Le rude enfant d'Ag-ar Ta foulée, abattue; L'Europe a retenti du cri de ses douleurs ; Mais l'Europe, attentive à tracer des frontières, Grosse d'ambition, n'avait pour ses prières Qu'un peu d'or et des pleurs.

Mais toi, dès que sa voix vint frapper ton oreille. Comme aux cris de son frère, un frère se réveille, Tu te levas, puissant de courag-e et d'amour. Les préjugés hurlaient contre son innocence, La nuit l'enveloppait; tu t'écrias: Silence! J'irai chercher le jour.

Tu le fis. Oublieux de tous les sacrifices. Tu bravas le satrape et ses sang'lants caprices; Le canon, qui pouvait gronder au lendemain; L'ardent soleil, la peste à la face flétrie; Et ne tendis ta voile au cap de la patrie, Qu'une charte à la main.

Olil qui donc t'a conduit dans les sentiers du juste? As-tu vu l'Eternel dans quelque rêve aug-uste? Ou t'a-t-il dit, du fond d'un buisson embrasé: Moïse, prends en main ton bâton de voyag^e. Ceins tes reins, et t'en va dans le pays du mag-e; Mon peuple est écrasé.

Non l'Eternel se tait aux siècles où nous sommes; Mais le cœur pour lui parle aux fds des fds des hommes: C'est ce cœur, qui deux fois t'a conduit au saint lieu, Qui t'inspire aujourd'hui ta sublime croyance, Qui, sur la vérité base ta confiance, Et ta foi sur ton Dieu.

Le poêle souvent eut la voix du prophète ; C'est pourquoi, je te dis, de la voix du poète: Que les noms des vainqueurs se gravent au burin! . . . Ton nom peut se passer du bronze et de la pierre; Car, pour le conserver comme un mot de prière, Bien des cœurs sont d'airain.

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