CHAPITRE IV
Défiez^ VOUS des ânes.
Un était allé à la municipalM inscrire Claire et Eustache. Le 0uré avait envoyé cherdiear .s<m aube , son étole et son rituel. Madame d'£rmeuil dictsût à Soulanges, son secrétaire sur ^pltis d'un ar«ticle, rétat des choses qu'elle voulait donner xhi acheter. Du Reynel était allé tourmenter monsietu?. le chef. Moi, je causais avec Sophie. Notre eonvarsation ét^it extraprdinairement animée., etrce-^ pendant nous ne disions rien : je tAiais sa main, et je regardais Eustache; elle serrait Ja miepfie , et regardait Claire^.., Elle est dévote, elle est craintive, mais
die est femme^ ,.. Petisfers d'amour
' mùriraient-ils ?
Xta cérémonie coiiomence. Claire et
&I ms xackdoihf,
Eustache sont à genoux. Fanchette aussi
prie ave^ ferveur. Quel intérêt porte-
t-elle à Claire?. ^ Peu^-ctre rien de
ce qui me touche ne lui peut être in* différent- — Peul^tre encore prie-t-elle que la grâce accordée à Claire s'étende jusqoesuil — €kia ne sera^ jamais^
Le bon. caré termina les fiiatiçaîll0&/ par lue ex&artaAio£i.paslx>nAe Uparbo de la; dignité^ des deicovs. et des dôoKceiirs damaria^ge, etsk-ne* s'en tir» pastrop maL II finitc en: disant aux futni^ épour cpne. leuit . i^tomèssies. miitaelles^ étaient déjà, écntes dans ke eiet; que^ deè^maùb àe h^ plbs haute impiortafiee > pCHit^etit'^ei^ tes> atinfillef^ et qu-ttis^> devient) dè^- ce momierït se ccNnsidéref connue' irvévckiablement nnÎB. Arrién,^ di-t' Ettstacbe en fiiisant une gambada, eC-eii eaibmsgant Claire.
(^(ie veiit^il: dk^e avec- sm» etiÀen? Cet amenAxx ne me paraît pas dii- tout glacé à pr4)piMi^..«.. Ab^ it^ troubtev ta- joiisx..,
UlfE MkCÈDOlNlR. 63
It pais an peut fott bien être tpèsamoùnsux, et ne pas» ebailakre l-aecej^^ tioa de ce mot-^lsi.
Madame d'Ermeuil a remise sa liste »
Fanehette. Fanebebte vote; Bapliate' et Sun camarade coârent; tott Je monde* est ea- m<Kivement. On^ montée on des-* eendy on prend y on apporte. Uir ameu<bientent bien simpie, mais bras 8t>iide^ arrive, paii parties ,. de» combles dans> ht salte à' manger. Glaire et Eostache ouvraient des yeux !...^,.. <c OU, jî: nousr; n^ed avÎDiiâ aulluii^ disait Ettstacbe à » Cbiire»! Bt il regaedaiit le lie, ille^ regardait L.. GèiA un égrillard,, cet Eus^ tache...«; Ifé,.nef Pest pas qoî veut;
« M^n amiî, lui dit madame d'Ermeoily i^vs chercher le cheval et la charrette? » de ton père;. -** Pourquoi firire, ma- »dame la comtesse? — Pour porter »- tout cela chez toi ».
VoUè qui est ckir. Ëustacbe rougit, jpalit, tremble^ saate,>pretid sa fiancée
64 ^^^ MACIÉDOINE.
dans ses bras, la baise, la rebaise ../
Oh. comme il aime à baiser !.... Baisers d'amour sont si doux! hélas, j'en sais quelque chose.
Il part comme un trait. Claire s'accroche à la basque de sa veste, et le suit. Je suis sûr que dans cinq minutes la charrette sera ici. Ce que c'est que le sentiment de la propriété, que «elui d'une jouissance inattendue!
Madame d*Ermeuil profite de leur absenc^. Elle retourne ses armoires, aidée de Sophie et de Fauchette. Chemises de femme, chemises du général,draps de lit, serviettes, fichus,, cravates, bas , mouchoirs , tout cela s'arrange par demi'douzaines. Tout cela est trop fin ; mais les jeunes gens en gagneront d'autres, et puis cela ne coûte rien, ce qui est à considérer.
Une robe de taffetas gris sera con^ vertie en jiipon et en corset pour la pe^ itte xoariéie. On tirera du mantea\i du
f UNE MACiDOmZ. 65
général, habit, veste et culotte bien longs, bien larges, et doublés de même, comme r habit complet de l'avocat Patelin.
On met de côté un paquet de rubans, encore assez passables, et qui paraîtront neufs quand Fanchette les aura repassés. Bonne Fanchette! quelle ardeur, quelle intelligence elle met à ces apprêts. Elle n'oublie rien , elle indique tout à la comtesse. L'étonnante chose que des préparatifs de noces I Coinine ils éveillent, agîtètit, occupent^àgréablement ceu^ qui en sont chargés, les petites filles sur-tout! C'est qu'une pe-tite fille à l'imagination si alerte!
Baptiste court chez le tailleur du village, André chez la couturière. Il faut qu'ils quittent tout, qu'ils oublient tout, qu'ils arrivent à la minute , à la seconde.
Et nous ausfsi nous sommes en l'air. Je vais acheter la pièce de vin, Soulanges Je sac de blé. Le gastronome du Reyûçl
66' U5E MACtDOmF..
choisira lecpiartier de lard.: ceci le concerne spéciarement.
Où diable est donc ce gros^ garçon ?
je le croyais à la cuisine, et monsieur le chef ne Fa^ pas vu. Un diner dont du Reynel na pas réglé le menu! cel^rest étonnant, incroyable.
Soulanges part de son* coté et moi du mien. Déjà Tachard et les Servent ont.
publié partout l'heureuï événement.:
Déjà lej^ groupes se forment aux coins:
des ;niÇ?. Les uss* applaudissent au bonheur de Glaire, d^autres semblent y porter envie; tous conviennent franche* ment que la comtiesse et ses amis sont dignes d'être riehe^^ Nous traversons, une première rue au bruit des. brtà;to .
isépétés.
J'aime à mériter les br(WOy eft non àles entendre. Je sais qu: il nf est personne qui ne trouve des flatteurs : !Néron aussi* avait lies siens;' Xe raie réfugiai dans uxv cellier dont là- porte était ouverte ^ eC
doQt ië propriétaire se préj^enta^ aussi^
tôt H: débuta par des féUdtatioBS:, des-
ébgeife *« Ce n'est pas de cela (çi'il. s'a-
»git, mon cher, mais d'une pièce de
OVÎ& "^ Monsieur,! j'en ai de trois qiia-
)t lités. — -Combien le meilleur? — Gin^
»<|ùante francs. — Le» voilà.. Rouiez
» tout de suit-e la pièce chesâ le père Fir-
» Bttui. -'--' Monsieur veut dire chez^ £us-
D tache Tachard. Oh^ je sais tout. Bra^
» vjei, honnêtes; gjens y soyez bénis )>.
Que de bénédictions ! J« n'asvaift plUS^ utr chevcu.qur ne dut faire des miracles.
Je nœ sauve, j'échappe. à Ce dernier bém^^sew; je retrouve le tilleul contre lôqiici je itfétais appuyé le matift, lorsque Faivchette... Je reconnais la rue
qui conduit aux champsv ^ cet arbre sous^ lequel j^aurais voulu étouffer mon cœur. Pourquoi chercfeeir ce qui' rappelle des idées pénibles? Remords d'a^ mour seraient-ils du plaisir ? Il font bien que cela soit, car je m'approchai du.
68 UNE MACÉDOIXE.
tilleul. Je m'y appuyai comme je l'étais précisément le matin ^ quand elle me di«
sait avec tant d'expression Il me •
semble, la voir, l'entendre
Cependant je ne peux rester là, planté comme un picpet. Sans réflexion, sans projet, peut-être sans savoir ce que je fais, je prends cette rue qui mène aux champs, je marche, tout entier à mes idées, ou plutôt tout à Fanchette. Oh, comme je l'aimerais cette Fanchette, s'il n'existait pas une SopBie !
Un spectacle nouveau meXrappe, et^ m'airacbe à ma rêverie. Quelle est qette apparition? Un homme de haute stature, monté Sur un superbe cheval. L'un et l'autre sont bardés de fer. La pique, la lance, le caStjue, des timbales, je distingue tout, et je ne devine pas l'objet de cette mascarade. Lé carnaval est fini, et il n'y a plus de chevaliers érrans.
Je m'avance hardiment, la tête haute, 4iissérje être le géant à pourfendre, et
UlfE MACÉDOINE. 69
à mesure que le chevalier s'approche de moi, il perd de sa taille et de sa considération* Quelle £d>le que celle des bâtons flottans sur Tonde, et que de grands ne sont que des bâtons !
Bientôt le coursier fougueux, quL couvre son mords d'écume, n'est plus qu'un âne qui marche la tête basse et les oreilles penchées horizontalement; les timbales sont deux paniers attachés au bât; I^ pique se change en bêche, la lance en râteau, le bouclier en une paire d'arrosoirs , et le casque est tout .simplement une marmite de. terre, dont le chevalier s'est coiffé , probablement parce qu'il n'y a {Mus de place dans ses paniers. -
Oh, qu'il est rond, ce chevalier! quel embonpoint, quel ventre!.... Serait-ce.....
Oui, parbleu Hé non C'est lui,
c'est lui-même. Le gros du Reynel est allé, .'chercher au village. voisin ce qu'il n'a pas trouvé dans celui-ci, et il est tout
simple devoyager comme Sancho^quanâ ' on est -taillé comme lui.
Voyons S'il 'est aussi-bravequ^fc plaidant personnage quHl me rappelle. Jenne jette dans rrrie une pièce de vignes, je -iriy'tapis, et j'attends mon homme au passage. Lorsqu'il est vis-à-vis moi , je -me lève tout-à-coup, je'pousse^unçraad «cri, je frappe dans mes mains, 'et je fais 'la grimace. DuHeynel me reconnaît,-©!
^soin^it. Mais le grison, qui sans -doute rfest pas 'habitué aux grimaces, et qui -n^aimepas qti'onlui crie dans les ereîUeç, 'les dresse,g'efïraie, saute en dépit xle-so© cavalier, rue, et Éait tant qu'il opèreune ^séparation de corps, lliseiance dans les vignes, accroche un panier là et Fautne "ici;'brise dix échalas,^n 'arrache trente; •laisse le fond d'ufi panier à droite, la -moitié du second à gauche, oasse, brise 'tout, et continue «es caracoles.
Je vais à du Reynél. Il est tonibé cassez mollement ^sur la poussière; jnais
.tJKE fUxciDcnnE. 71
•il fen est chargé; son double :irreiitan;, rSon -front ^toujours mnoîtes, en 'Oftit tue- .tenu une conchejépaisse.JIaUaîs.rireide da plaisante figure de tmon ^rethessaur :jdetertSy lorsque J'entends les vocifëoia^ns de trois ou quatre paysans qui travaillaient dans la vigne. .Ils (tempe* -ten^its j urent fsontre noious , > et , armés 9e deur jiedoutable ttournée , ils se met- ^te«£tfà la>pour6uite de Fane quiidévaste :toitt.'Je cours^iiK paysans pour des* cal* inOT^vils ^embl<ent avoir des ailes *et ce Udïien td';àne -aussi.
ïQutyés de >ne pouvoirs le joindre, ilsr "Be tournent cmïtre moi, et 7e» me Yois, sans moyen d^ défense, e;^po9é à. corn* -battre >âes qg^ens omtés < d'instrumens ilour^ ^ tpanjcha^s,'^6t 'cela parce que j^i hit h. grimai^e à iin â»e.
^{Te-^mrotsnoe ufn^assez>i>çau discours fi^iir4a-né6e%ité de'laifl^^rdtion, et^je Hi^^pidrçoifs dès 46S -premières phrases t<|iie %«e*s adveysaêres ^ont insensibles
71 UlfE MAC^DOIITK.
aux charmes de l'éloquence. Us avancent toujours d'un air menaçant, et, nouveau Xénophon, orateur par goût, guerrier par circonstance, je m'arme d'un échalas pour parer les coups, et tâcher de faire une retraite égale à celle des dix mille.
Vaine espérance ! présomption déplacée! je suis cerné, je ne peux m'échapper, et toute capitulation est impossible avec des ennemis qui ne veulent rien entendre. Les coups vont tomber sur moi comme la grêle; les bras sont levés; deux toises à parcourir encore, et le chirurgien du village aura de l'occupation pour quinze jours
Bonheur inattendu ! ressource inespérée ! une femme se jette au milieu des deux partis.' Semblable à ces Sabines, qui firent tomber les armes .dés mains de leurs maris et de leurs amans, celle-ci fait parler dans son jargon barbare tous les genres d'amour possibles ,
le
JJN^ MACÉDOINF. ^3
le conjugal, ^le paternel, celui de Thumanité, et l-œil oblique de la justice est le sujet de sa péroraison.
Un baiser donné à propo* à son homme, un bambin de trois ans qu'elle lui met dans les Ifras^ font tomber la redoutable tournée. Cependant il existait un reste de rancune, qui se manifestait par des mots entrecoupés et des menaces très-directes. « N'serait-il pas » indigne, Jacques, reprend la bonne » femme, d'maltraiter un ami d'not'on- » cle Antoine? — D'I'oncle Antoine, Ca- »therine, et d'où sais- tu ça? — Je ve- » nons de Trencontrer. Allez vite, m'a- »t-il dit, au secours de c't ami qui's i^àllont assommer, parce qu'i' court » après mon Jine, qui vient de m'cul- » buter. — V'ià qui change la face d'I'af- » faire. Toucher-là, monsieur. Pis qu'os » êtes l'ami d'roncle Antoine , tout est » oublié ».
Jamais, je crois, je ne touchai la
^4 U]VE MACÉ0OINE.
main d'un homme ^rau&.si (bep coânr»
Qu'on vienne à présent, pensé-je. qak>n vienne me dire que les femmes n>OQt pas toujours Tesprit du moment. Celleci n'ignore pas, dans sa simplicité^ que gagner du temps, c'est tout gagner sur im homme en colère. «Mais, Cath^ae, » d'après la let' d' Tonde Antoinet^ i' n' » devait arriver que c' soir. — Tredame, » Jacques, quand on est monté sur un
» âne comme stilà! ~0h, c'est eime
» fameuse 1 été ! Et ous que tu l'as Jaissé » l'oncle Antoine? — Là bas, sur V che^ » min. Oh, il est gros, il est gros, k n » pas le reconnaître. — Écoute donc, » femme, on change en quinze ans ».
Elle est adroite , cette Catherine. Au village, comme à la viUe, les fipmmes font tout croire à leurs maris. Kous avons deux cents pas à. faire encore, et qui prendront un quart'd'heureau moins sur la colère de Jacques, car je vais Vamuser à chaque brin d'herb.ei Je lui
UIÎE MACÉDOINE. 75
parlai de ce too caressant, qu'on prend toujours envers l'homme qu'on veut appaiser. Je lo|^i son amour du travail , la, manière dont il cultivait sa vigne ^ qvioique je n'y entendisse rien. Je perdinis mon temps et mes phrases; Jac-^ q\ies ne m'écoutait pas. Il passait sa v^p^te, il reprenait ses sabots; il envpyftit un 4e ses journaliers après l'âne .et les effets dispersés dans sa vigne; en agissant , en ordonnant , il marchait toujours, je ne pouvais l'arrêter, et je pressentais que s'il ne voulait pas reconnaître l'pncle Antoine, sa colère allait >e r2M[ûaier, et que l'innocente superjcherie de sa femnne la rendrait peut-être p\vks violente.
Je me (ï^cidai à le devancer, et cela ne me fut pas difficile : j'étais, moi, .t|rès-légèremei}t chaussé. Je vis bientôt :que je pouvais.m'échapper. Mais abandonner dti Reynei, qui ne marchait -qu'avec une peine extrême, c'est ce
que j'étais incapable de faire, toutes les tournées du village eussent-elles été levées sur<ma têtCr •
« Mon ami, lui dis -je, persuadez au I» vigneron, qui me suit avec ses gens, » que vous êtes un certain oncle An- » toine , ou ils nous feront un très-mau- *fvais parti. — Qu'est-ce que c'est que » cet oncle Antoine? — Ma foi, tout ce »que j'en sais, c'est qu'il* y a quinze wans qu'on ne l'a vu. — Comment se » nomme le vigneron? — Jacques! —
r » Jacques ! et sa femme? — Catherine.
» — Un oncle Antoine, Jacques, Cathe- » rine ! me voilà bien instruit ! que dia- » ble voulez- >ious que je dise? — Ca^ » therine vous mettra sur la voie. Elle » est disposée en notre faveur ».
Il fallut se taire : Jacques arrivait. Il sauta au cou de du Reynel, sans trop le regarder. Catherine l'embrassa à son tour, et lui lit baiser le visage crasseux
• xlu petit bambin. Du Reynel se prêta
tJNE MACÉDOI^fE. 77
de bonne grâce à toutes ces accolades, et jusque-là les choses allaient assez bien. «Parbleu, not' oncle, dit Jacques, » ciment s'fait-i' qu'ous soyez venu de »Nevers ici avec la farine d'vot' mou- * lin sus l'corps et sus le visage?, — J'a*avions pris not'habit des dimanches > » neveu Jacques, et j'nous étions dé-
» barbouillé; mais c'diable d'âne
» — C'ment, not'oncle, reprend Calhe- )> rine, c'est de la ^faM^ière, tout ça »?
Et la voilà qui secoiivlwf habits de l'oncle Antoine, et qui lui essliie le visage* avec son tablier. Elle perd la tête, pensé-je. Pourquoi donc lui mettre la figure à découvert?
« Mordienne, not'oncle, dit Jacques, » savez- vous bien qu'ailleurs qu'ici je » n'vous aurions pas reconnu ? Oui , » continue Catherine, ous aviez un nez » qui n'unissait pas ». La sotte observation! Comment du Reynel se tirera-t-il de Là? il est camard comme un carlin.
78 UNE MACKDOINE.
«Ah, ni's enfens, répondit -il, un » pouce d'aez d'pus ou d'moins n'tieiit » pas à grand' chose. l'y a dix ans j'otis » fourré l'not' trop près d'ia lanterne, » et j'en- ons laissé la moitié dans l'en- » gernage. — Comme çà vous change aiï » homme , oncle Antoine. — Et c-te » graisse qu'est vernie par là-dessûs? — » Enfin Dieu soit loué qu'la tête, n'soit » pas restée aVé Triez. — Et c'te tante , » c'ment s'porte4Mle »? —Allons, voilà Catherine qui vsrrolfeire subir un inteî?rogatoire. Je n'y comprends plus rien.
« Toujoin*s lin peu grondeuse, not* » femme, à ça près,'bonne personne. — :
» Et Tcousin Philippe ?■ — Oh , c'est un » malt' gars', nièce Catherine. C'est fort » comme un Turc ; ça s'bat comme un w diable : ca casse des vitres , c'est un jo plaisir; ça baisotte'les fillettes, faut » voir, et ça joUe du violon à faire dan- » scr à la grand'pinte à Paris ».
Je tirais Catherine par sa cotte; je la
V1!(E MACKBOfWE. ^g
regardais d'un air suppliant ; il était impossible que du Reynel ne dît pas bienlot quelque balourdise. «Quoi donc qu'i*^ y» mVeutî, ci'rfonsieur-^à? dit-elle brus- » quem^nt ». 11 est clair que j'ai fait à Catherine pWs d'honneur qu'elle ne mérite, et qu'elle croit vraiment à la présence de Toncle Antoine.
« C'îtionsiéar-^là, nièce Catherine, m c'est notf premier garde-morrlin ». Ma veste de na^in rendait la supposition vraisemblable. «T n'hait pas l'bouchou , » et i'Veut vous dire qu'il aimerait mieux » boire un coup qu'causer. — Dame , ^ G*es« vt^i not' femme ; on s^amuse à » jaser, et on n'aitance pas. Ah, nofon- » de, v'ià vot'âne qu'Gustin ramène ».
L'âne, fatigué <Ie courir, s'était amusé à croquer dès bourgeons de'vîglîe, et Gu&tm, ou Augustin, comme il vous plaira, avait enfin saisi le licou. Il avait retrouvé te bât, un peu fracassé, mais susceptible d'être rétabli; il avait dis-
8o UNE 3IACÉDOI1VE.
puté et arraché au chien du neveu Jacques le reste du quartier de lard; pour la vaisselle, il n'en rapportait que les débris. Il avait entassé le*tout dans les paniers , rapetassés tant bien que mal avec des brins d'osier, destinas à fixer les ceps aux échalas.
Chacun aide à remettre l'oncle Antoine sur sa monture, et on me promet chopine du meilleur du cru, quand nous serons arrivés au hameau , qu'on me hi outre du doigt, là -bas, à mi-côte. N(/us tournons le dos.au çh4teau d'Ërnieuil, et je ne pfévois pas le moment où il. nous sera permis d'y retoiirnçr.
Chien d'âne! maudit âne!
Je craignais que Catherine reprît la suite de ses interrogations, etprobable* ment elle y était assez disposée. Je tâchai de fixer son attention sur d'autres o]:>jets, et je parlai d'un ton affecté de Taccident qui privait l'oncle Antoine de la satisfaction d'offrir à sa nièce le plus
UNE MA.CÉDOIiNE. 8t
bel assortiment de faïence de Nevers. Je regardais tristement ce quartier de lard mâchonné, naguère si appétissant, et dont Jacques eût man^é une grillade avec tant de plaisir en revenant de sa vigne.
Rien ne dispose à la confiance comme un cadeau, et un cadeau de cette //wportance eût dissipé tous les doutes, si du Reynel en avait inspiré. A la vérité, tout est en pièces; mais l'intention est évidente, et elle est toujours comptée pour quelque chose. Catherine sourit à l'intention, et la paie d'un Ijjaiser à pleines joues, dont du Reynel se serait biea passé.
En continuant de marcher, Catherine retournait le morceau de lard; elle rapprochait les tessons d'une assiette, ^ d'un plat, d'une casserole; elle remarqua avec complaisance que la plupart des pièces étaient susceptibles d'être recousue's; et comme la gueule d'un chien
csl très-saîne, elle comptait faire d'excellente soupe arec ce qui restait du quai*tier de lard. Je la contredisais pdur soutenir I& conversation. îîous approchions du hameau en pariant de choses qui ne pouvaient compromettre notre identité.
Antoine la maintenait, en caressant avec asse2 de naturel le petit bambin, qui n'avait pas manqué de vouloir monter sur l'âne, et qui faisait au cher oncle une pièce d'estomac qui te suffoquait.
Cependant Jacques et ses trois journaliers serraient du Reynel de très-près j le premier pour lui faire amitié, les autres pour lui faire honneur. Le plus mince des quatre était de force à assommer un homme ordinaire d'un coup de poing. Je n'étais pas à mon aise. Je. sen-^ lais la nécessité d'abréger cette scène, en éloignant cfe pareils surveillaus, et ♦ quelque fougueux que paraisse Jacques, je lui ferai peut-être entendre raison, quand je n'aurai affaire qu'à lui seul.
fTNE MACKDOINi!:. 83
Ah' , ' la bonne , rexcellen te idée !
« Dites donc, not' triâiître, M. Gustin a » rapporté bien d's affaires. Mais dans 3» tout çâ, je rfvoyons pas vof paquet. ^ » 'Ous nTaurez pas d'main etitie chemise *»k rtièttre i>. Personne n'aTait encore p^nsé qtfoii ne vient psts de Nevers à Deautais ^aûS une petite Vahse. On pouvait en faire l'observation, et il n'était pas maladroit de la prévenir.
tt Ah, mon Dieu, reprend du Reynel, » (^ui saisit ma pensée, mon pauvre sac- » ih-peau ! Quatre chemises fines , nièce » Catherine, un gilet d'basin, une paire » d'souliefs neu*, mon rasoir d'Langres, » et un polichiilelle de quinze sous que »j'apportons à ton fieu! envoie donc, «Jacques, envoie tes gens après mon » sâc. r sera tumbé dans queuque trou ».
Du Reynel n'avait pas fini, que le petit garçon se débattit des bras et des jambes, et se mit à crier comme un enragé. Il voulait son polichinelle à Tins-
64 VNE MACtDOIKE.
tant, à là minute. Jacques en débarrassa Toncle Antoine, qu'il incommodait beaucoup; Gustin le prit dans ses bras, les deux camarades suivijp^nt, et tous trpis reprirent le chemin de la vigne.
Je commençai à respirer, et je me* surai Jacques des yeux. Cet examen me persuadaft de plus en plus du 4ang€^ des voies de £ait. Cependant du Reypel ne pouvait pas toujours être meunier et moi garde-moulin. Il fallait prendre un. parti, et avant que je fusse décidé à quelque chose, nous entrâmes chez le cher neveu.
Il débuta par nous verser rasade.
Moi, je me fais assez volontiers à tout, même au vin du crû; mais le gourmet du Reynel fit une grimace épouvantable. «Dame, not'oncle, l'vin d'Beauvais » ne vaut pas stila d'Nevers , mais tel )) qu'il est, je vous l'offrons d'bon cœur».
Jacques sort tout-à-coup, après avoir prononcé ces paroles affectueuses. Ca-
UNE MACJSDOIjyE. 85
tlierine nous verse un second coup , prend son grand couteau et disparaît.
Sans doute elle va couper le cou à quelque volaille, cueillir quelques légumes, que sais -je? Ce, qu'il y a de certain, c'est que nous voilà maîtres de nos actions, et que nous n'avons rien de nfiieux à faire que de déloger sans bruit. Je communique ma pensée à. du Reynel ; il se lève , il me suit ; nous cherchons notre âne; nous le trouvons dans la paille jusqu'au ventre, et la tête dans un boisseau de son. Il faut convenir qu'on est bien traité chez le neveu Jacques. Cependant détalons lestement et enfilons le premier chemin creux qui s'offrira.
J'ai mis un genou en terre; je prér sente l'autre à du Reynel. Il prend sa jambe gauche à deux mains, et parvient à la monter sur ma cuisse; il se cramponne au bât; je le pousse de ma tête, fixée à son postérieur : encorçun
86 *TIWE MACÉDOIÎCE.
effort, et il sera en selle. «^Oncle An- » toine, onde Antoine, ous donc qu'o's »étes»? C'est la voix terrifiante de Jacques.
Du Reynel veut sauter à terre , et tombe dans la litière; 'û m'entraîne avec lui, il roule sur moi; je crie aussi fort que le permet le fardeau qui m'écrase.
Jacques accourt a Vécurie; il s'imagine que le gardè-moulm rosse le meunier, et ne parle de rien moins que de m'assommer. Il« avec lui une demi-douzaine de paysans , qui ne demandent pas mieux que de lui aider. Fort heureusement du Reynel n'a pas perdu la parole. 11 jure énergiquement contre son âne, qui nous a, dit-il, culbutés d'une ruade. Je me plains d'un mai ^^olent aux os de l'estomac, qui, eu effet, a été produit par l'excessive pesanteur de du Reynel.
On nous relève; on conseille à l'oncle Atttbitie de se dé&ire d'une béte qui
finira par le tuer. Jacques lui présente ensuite. son cousin, son compère, son bon ami,. son tonnelier, et un bon convive^ qui sait plus d'une chanson gaillarde. Du Heynd est obligé de frapper dati9 la main à tous ces gens-là, et de Icfttr pfêtei^ sa grosse face. On nous re-* conduit à la itiaisoti, et au Heu de qua* tre adversaires, tious en arofi!$ sit.
Daine Catherine a déjà «plumé une poule et deux canarda Elle rade xm demi-cent de carottes, qui vont cuire dvec une tranôlie, proprement coupée^ <1u lard que nous avonô apporté. Il est clair qu'on Veut fêter l'oticle Antoine, et que nous iie trouverons plus l'occasion de nous échapper. Tout cda iné tourmente, me fatigué; je veil* retoufnèr au château. Quelque violent que soit Jacques, je le calmerai probablement, en Itii payant dix fois la valeur de ses
échalas. Oui, mais jâ<;ques paraît à
son aise : s'il tiétit plus à la vengeance
88 VtfE MACÉDOmE. ^
qu'à quelques écus? Il y a un milieu
entre tous les extrêmes; je l'ai trouvé, et je vais le prendre.
En ma qualité de garde-moulin, je suis un homme sans conséquence, et je puis aller et venir sans être remarqué. Je sors , je prends mon crayon , j'écris à Soulanges quatre lignes, assez pressantes pour le faire accourir, et assez obscures pour qu'on n'en puisse rien conclure de positif, si le billet est intercepté par Jacques, ou sa femme.
Je vois une maison; j'y vais, j'y entre; j'expédie, pour le château d'Ermeuil, un jeune garçon que je paie bien, et à qui je fais entendre que la lettre est pour un de mc.^ parens, valet de chambre de la comtesse d'Ermeuil.
On n'a pas une minute à soi avec ces neveux-là. C'est maintenant Catherine, qui craint que je ne me trouve mal des suites de la ruade, qui coiu't après moi., qui me cherche de tous les côtés , qui
me prend sous le bras, qui me ramène chez elle, et qui me force à boire un litre de vin chauffé avec du miel, remède infaillible, dit-elle, contre toqs les coups de pied possibles.
Le vin, et la certitude de notre prochaine délivrance me mettent en belle humeur. J'entonne la fameuse chanson du menuisier de Nevers : ^aussitôt que la lumière y etc. Tous les auditeiu^ s'extasient sur ma voix, et jurent qu'il n'y a pas en France un garde -moulin capable de me dégoter. L'oncle Antoine leur conte, avec un grand sérieux, que j'ai appris la chanson de maître Adam lui-même; il raconte cent anecdotes, vraies ou fausses, du poète au rabot; on ne pensé plus à nous faire de questions; on rit, on cause, on boit surtout, et plus on trouve l'oncle Antoine aimable, plus on lui verse, et plus on ajoute à son dégoût.
Malgré les instances réitérées de Jac^
90 TJWE MACÉDOINE.
ques, nous nous ménageons autant qne le permettait l'esprit de nos rôles ; niais les amis du neveu boivent sons interruption. Les tétcs^ s^échauffent, etit est décidé que les hommes ne jouirdiit pas seuls du plaisir de voir l'oncle Antoine et de trinquer avec Ini. Chacun est prié d'aller chercher sa ménagère, et Catherine, qui veut faire noblement les choses , ajoute à ses apprêts une chau* dronnée de pommes de terre, que Jacques, d'un bras nerveux, accroche à h, crémaillère. Quels bras il a ce neveu Jacques î
« Allons , not'femme , pendant que » nous v'ià seuls, arrangeons la couchée.
j>P't-êt' que c'soir, j'serons, comme » j'étions dimanche, pas capab'de rien.
» J 'donnons notait à l'oncle Antoine. —
»Non, neveu, je n'souffrirons pas
» — Vous l'souffrirez , ou je n'nous ap^ » pelons pas Jacques. Catherine , des » draps att lit Pour c'qu'est du garde-
tJinB MACÉDOIIfE. 91
» moulia , eune bonûe coaverture et «Tgrenicr à foin, v'ià son affaire». Encore un grenier à foin! Le trisfe gîte,
(^nand on y est seul ! Quel lit , quand on y est deux !
Mais il semble que le neveu Jacques a Tintcntion de nous garder huit, quinze jours, un mois. C'est un bon diable que ce neteu Jacques. Si je m'expliquais franchement avec lui?.... Mais ses échalas rompus, ses ceps arrachés, sa bonne foi trompée^ son vin bu^ ses canards saignés, et ses btas, ses bras!.... Attendons Soulanges.
«Un moment, un moment, nièce » Catherine , c'n'est pas comme çà qu'on » arrange des canards ». Et voilà l'oncle Antoine qui détache le tablier de la /nièce, qui s'en accommode, qui tire de sa poche son Cùi^nier impérial, qui l'ouvre à l'artide Canards dUix navets , et qui dit gravement au neveu Jacques :
4c Vois-tu c'iivre-là, c'est l'premier livre
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» du monde. C'est Tmenuisier d'Neverg » qui l'a composé , et c't'ouvrage-là lui » vaudra l'einmortalité. Diable , disait » Jacxjues! Oui, disait Catherine? C'est » pourtant vrai, disais- je ». *
L'oncle Antoine cherchait dans l'immortel ouvrage l'article vieille poule dure et ne le trouvait pas. «Not'maître, » lui dis-je, rendez- la tendre, et vous » serez au courant. T'as raison , mon » gars ». Et l'oncle Antoine prend un màiiche à balai et bat la poule, jusqu'à dissolution des parties.^
Catherine faisait le lit; Jacques fumait dans la cour. « Comment tout cela finira- » t-il, me demanda du Reynel ? — Bien , » mon ami, Soulanges va venir ; je lui » ai écrit. — Si à toute force il faut dîner » ici, mangeons au moins des choses » supportables. C'çst bien assez d^être » condamnés à boire du vinaigre ».
Quel brouhaha frappe mon oreille?
Ce ne peut être Soulanges. D'après mon
UNE MACÉDOINE. gS
calcul, il. s'écoulera deux heures encore avant qu'il soit ici. Ah, c'est le cousin, le compère et compagnie qui arrivent bras dessus , bras dessous avec* leurs femmes, en chantant et en sautant. .
Comment donc ! ces dames sont pa- .rées, et en voilà une qui n'est pas trop * mal. Elles ont toutes le bouquet au côté, * et lui autre à la main : encore un hommage à l'oncle Antoine.
La bande joyeuse entre, et le tonnelier, homme d'esprit, à Ce qu'il croit, à ce qu'il fait croire, comme tant d'autres, sans qu'on sache pourquoi, le tonnelier adresse à l'oncle Antoine, au nom des habitans du hameau, un compliment où il ne comprend rien, ni nous non plus. L'oncle Antoine a quitté son tablier; il s'est assis dans le grand fauteuil de bois du neveu Jacques, et il reçoit d'un air tout-à-feit aimable un bouquet et deux gros baisers de chacune dQ ces dames.
Debout, derrière le fauteuil de mon meunier, je prenais gravement les bouquets , qu'il me passait à mesure qu'il les recevait, et je les jetais dans une terrine de terre cuite, que Catherine avait été remplir à la niare, dès qu'elle avait aperçu le cortège.
« Ah , sacrebleu , nièce Catherine , » mes navets brûlent » ! En disant ces mots, l'oncle Antoine se lève vivement, lourdement , maladroitement. Il . met un pied dans la terrine et la défonce, li'eau boiieuse roule sous le jupon de xotonade rouge de la tonnelière. Elle fait un saut en arrière et tombe sur le cousin^ le cousin sur la commère, la commère sur lé tonnelier, le tonnelier sur Catherine, Catherine sur Toncle Antoine, l'oncle Antoine sur Jacques, Jacques sur la chaudière aux pommtô de terre ; reau* de Ja cliaudière inonde les canards aux navets; le chien profite de la bagarre , il emporte la poule.
UNE MAcéDOUfr. gS
Lqs bras, les jambes *se mêlent, s'embarrassent; on roule, on est roulé. Un malheureux chat se trouve sous les jupons de la tonuelière , la plus gentille de ces femmes, celle que j'ai remar- (juée. Il veut se dégager, et lui imprime
ses quatre griffes, vous savez La
pauvre petite pousse des cris affreux.
Je me tire de la mêlée , je cours à l'aide dp la tonuelière et je la délivre de son impitoyable adversaire. Le tonnelier voit mes mains agir avec activité; il s'indigne, il s'irrite: Retenu 4^^*i^éin^ sous le cousin et l'oncle Antoine, il m'allonge d'assez loin un coup de poing «l un cou^de pied. Le coup de poing tpmbe sur l'oreille de Jacques; le coup de pied dans le derrière di» Catherine.
Jacques enlève, écarte toitt ce qui gêne ses mouvemens; le voilà debout. Il va venger sa femme et lui.... Il marche sur la patte du chat, qui lui 'enfonce les trois autres d^us -le gras de jf^mbe. Jao-
ques rugit de ftireur; le chat miaule d'une manière épouvantable. Pour la seconde fois, j'attaque le matou; je le saisis à travers le corps, je l'enlève au plafond, et je Tétouffe dans mes mains,
comme ^ comme Hercule étouffa An-
tée. La comparaison est riche, si elle n'est pas juste.
Jacques me serre la main en signe de reconnaissance, et la colère tombe, on commence un sentiment doux. On s'entr'aide, on se relève, on se parle.
Il devien^videntque jen'ai pas attenté à l'honneur de la tonnelière, mais que je Uii ai rendu un service signalé. Son mari n'en saurait douter, prasque c'est elle qui le dit, et elle me regarde du coin de l'oflË. Que veut dire cette oeillade? Elle espère peut-être qu'il y a un second chat dans la maison.
On est, chiffonné, crotté, mais on rit. L'oncle Antoine seul a de Thumeur :
la poule est croquée, les canards nagent
dans
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dans Feau , et il est trop tard pour rebtiék un dîner. «Allons, allons, not'j> oncle, ap'tit manger, bien boire. — » Oui , bien boire , ça vous esf aisé à • dire.— La chanson avec ça, et je ne » penserons p'us à rien; Pas VMii, gardej> moulin »? Et/ le neveu Jacques, en finissant sa phrase , m'applique d'amitié sur l'épaule une tape à me démonter un bras.
Chacun se mêle de la cuisine. Les uns épluchent les pommes de terre; .les autres tirent du pot les carottes et le lard. Le beurre frais, les herbes fines foisonnent partout. Une nappe, bien grosse, mais bien blanche, couvre une table de dix -huit pouces de large sur deux toises de long. Les fourchettes sont de fer, mais claires comme l'aèier poli. La miche de pain de seigle figure entre les deux plats. Jacques roule^dans la chambre une pièce de vin , qu'il met debout, et qu'il défonce par le haut.