‹ Une Macédoine 4 tomChapitre 10 sur 11 · IIX. I o · texte numérisé non relu

IIX. I o

91 8 .VUE mAoàoom.

çois que le paquet mt préûsénent-sous

5a tête Impossible de les tirer de tiu

Quoi, Tamour ne ni'inspir€riirieol....

fûx^ j'y suis, j'y suis. JV^tyre mop n^ icse^saire; je prends des ciêeaiui>e f^x^ le drap derrière le lit, tout \e loog.dv traversin. Je glisse ma main dans Ijouverture. Je tire légèrement, lenteipentj avec précaution. Le cœur me bat ! oh l

C'est qu'il serait si dur d'être surpris , si humiliant d'être en butte à ses

plaisanteries! Non, non, le paquet

se dégage; il ne tient plus à rien

Le voici. Ah! ^ ^

Allons/ du courage. Ouvrons les portes, à présent Si la serrure, si les

giond^ (jl^ûmt!., Je ne ie erûîs pas.

.fioulauges a fermé, a ouvMt, .et je n'ai rien entendu. Je tkUmip^ xm /peu; la lampe de nuit est si loin! Et je .se peux la déranger s:m& lui p^ser h^ li^oiière

devapt les yeuit gon^ la <^lef entiie....

JUa porte est ou^eyt<?^

V»1S, ^MAC£DOnrC» Ikl-f^

Que ¥ois*je ! Georges ^est couché idans la salle à manger. Cette pièce est éclat-* rée par un révei'b^ suspendu. En baissant la tête sans jElffectation, H est im** possible qu'on distingue mes traits.

Avançons. Il ne dort pas ! Un peu d audace me tirera d'affaire:

Je vais d]:x>it.à lui; je m'approcjie.de son oreille, et je lui dis très-bas : cr J'ai > <ine affaire pressante iiTégler pour ma- » dame d'Ërineuil , et je ne peux trou^ 2>ver de moment plus ^aLvoraMe que i»«(elui^€i. Votre maître impose, ^et je j»» serai 4e j^tour au plus tard à minuit.

«Cependant i^ pourrait s'éveiller, et j» user contre vous de ton autorité : je » y^s renfermer dam sa chambre ».

Je retourne effrontément à la porte,

et je donne un double tour. J'en

^ns déjà un dous la cl^.

Jte traverse ma salle à manger, j'our-

"vre raniîchambre....^... Ah, c'«st

monsi^eur Philippe qu'on a établi ici !

lO*

aaO UNE MACÉDOINE.

Tudieu, comme les avenues sont gardées !

Dort-il, veille^t-il? Il est immobile, la tête appuyée sur le poêle Donnons aussi un double tour à Tami Georges Et de deux.

Philippe dor^, une pipe à la bouche

Oh, le vilain! passons, et enfermons encore celui-ci Et de trois.

Je n'ai plus à tromper que mon cerbère. Mais le drôle est entêté

comme un suisse. Allons, il faut prendre une démarche assurée, et enfoncer le chapeau un peu plus, si cela est possible. Je descends lestement; je m'arrête devant la porte de la loge, et je frappe

au vitrage S'il pouvait tirer le cor-

,don tout simplement, sans Se mêler de mes affaires!

Âh, parbleu, il à sa consigne comme les autres. Il ouvre sa chatière; il va m^ mettre une cbandelle allumée sous .le nez. «Le cordon». J'ai grassayé à-

UNE MXCÛBOmt, 22 ï

peu-près comme Soulanges, et je me suis hâté de tourner le dos-

« Fous sortez, monsièr te Soulanches?

» — Le cordon. — Faut-il fous attendre?

» — Oui. Le cordop. — Foulez-fcuis que » ch'appelle le cocher? Foulez-fous eîn » carrosse ? — Je veux le cordon ». Je m'avance toujours vers la porte, qui reflète la lumière de la diable de chandelle, que le drôle a sans doute sorti<ï de sa loge pour faire une inspection

complète. de riia personne Ah, co-*

quin , tu ne mettras jamais un voleur

dans de pareilles transes Bon, il at

çn6n rentré sa chandelle; j'entends le bruit, tant désiré, du cordon; le ressort a joué Me voilà dans la rue, '

Que de ruse, que d'adresse sont nécessaires pour s'échapper d^une prison ,^ puisqu'il en faut tant pour sortir de chez soi!

IHlft XmE VACiUOIKE.

CHAPITBB Vriî.

Celte fois - ci y c'est un crime.

Xbigk avait raison de me' proposer un carrosse : il £ait un temps afiBreux.

N'importe, commençons par mettre une rue ou deux entre mon hàtel et moi.

Il pleut à flots. Je me donnerai la fièvre* Hé, n'ai --je pas déjà celle d'amour ? Et puis quand Sophie me verra mouillé jusqu'aux os, elle me forcera à prendre un lit; elle viendra cau^ei^ avec moi, et le bord d'im lit: est si près du milieu!

Bon , voici une place de fiacres. * Co-

>i cher, à moi Rue Grange-Batelièîre^

jy numéro 3a».

Oh, quelle mine fera. demain Sou^ langes en s'éveillsCnt ! Il appellera Georges. Quelle mine fera Georges en re-»

vHB ]ttACÉ0om«; iaJ

connaissant sa voix! Je lea rois d'ici y se pariant par le trou, de la serrure ^ déplorant ma fuite, et s'apitoyant sutf dë& résultats qui n'arriveront point ; jtf suis de fer. .

. Ils veulent ouvrir les deux battant à^ la^Sois : cïrimère! Mes pênes, fermésf à'dfeux' tours y entrent de fâ?ois policée dans leur gâche. Geoi^s^ appelle Phi^ lippe; Philippe le^oclïer; le cocher lé stsisse; le suiisse le serrurier. Le temps

i'écoale. Heureuic-et trampiille, je

déjeune: avec ma- Sophie

Soulanges^" accourt, ll^it'unva^ârttië épouvantable. Il adresse des reproches ' il: Sophie: Spphie baisse lesf yeuit et roilgit« Madame d^ËImont l'appelle; je' lût présente Ia> tnàin; je la^ mets dans' sa voîtope; elk me dit im'< dcnfiier adiétr; eUe part. Je: stns Soidangies avec la do^ cilité d'un' agneau. J^e Wntr^; je me jeùtC' sur mon lit; je do^s tretite-^iît heures, et toutî e$t i^piMv

^27, rSnE MACEOOIVP

./c'scends; i ^ > Que vai^"

C H A P ^ >" ^ ^^^^ heiire^ ^ / >i?xtraordinaire. Maî^ Celie /of ^^1 exposer Sophie auic

^Ti .!<^ gcï^s, à qui on n'a rien

Ibigk ^ C*[^ de convention, qu'on un carr '•/^^,i doivent avoir de Thu-

^'^'^ ^.-^V î"^ '^^ manqueront pas de

"^^ /^ dans le. monde Non, non,

^/^ compromettrai pas davantage.

f ^liistant, un éclair de bonheur, et

. ^tourne, en homme raisonnable,

{^ moi^quer de tous mes gardes du

<arps.

Pendant que je raisonne ma conduite,

la porte s'ouvre, une femme sort

C'est elle, oh, c'est elle! «Monsieur, » vos habits sont trempés; vous vouiez » donc mourir! r- Je venais . prendre » congé de madame de Mirville , qui » part demain. — Après avoir fermé i) ma boutique, je suis venue voir Garo-

UNE MACÉDOINK. îlîiS

[ine, lui demander de vos nouvelles....

ne sais où j'en aurai demain. — Lverser Paris, à pied, par Te temps

qu'il fait! — Que m'importe le temps?

» — Mon hôtel est bien plus près.:

» — On m'en a bannie, vous le savez.

» — Non, Fanchette, non, Soulanges » vous apprécie; mais il m'aime. Il vous » a fait des représentations, vous vous » y êtes rendue ; il n'a^pas eu la pensée » cruelle de vous humilier : je ne Tau-

»rais pas souffert Fanchette, dans

» quel état vous êtes vous-même ! Totit » entier au plaisir dé vous voir, de vous » parler, je vous laisse sous les goût- »tières.?i—- Je ne m'en apercevais pas.

» — Montons daiis ce fiacre; nous .y » serons du moins à couvert.

» -4*Monsieur, faites-vous reconduire

» chez voiis. — Et vous laisser seule,, à

»rheure qu'il est, exposée à la pluie!

» Cocher, riie Saint-Antoine, n»» '45 >^ '

Excellente fJle ! elle m'enveloppe les

iO**

1Xa6 UKE MACEDOIirC

jambes de son schall. «r 11 est mouillé , » monsieur , maïs il* vous gaorastira di^ » Vaction de l'air )>. Elle passe un btas' autour de moi ;. elle m -attire contre: son sein; de Tautre main, elle prend les* miennes^-elle les presse, elleles édiau£fe

de son haleine ^ «'AbvFanchette,

3» est-ce là que doit se porter cette baf-^ «-leine de rose? -— Soyons sages ^^mon^ A'Steur^. Je ne idk consolerais^ jamais^

)»-si» si y^ Ce ne- sont plus Ine6^

mains qçe son haleine échauffe.

» Cocher, marchez dbnc; Nous irions* )»^^ plus vite à pied; -* Je cvojaisi, monsieifir ^« »-qu'on oblige un couple bien joH, bien^ y) amotirepax, en le^ menant au^as ? -^ ». Ventre à' tdrre , et double^ côur&e!

» Le froid .me gagne ^ Fanchette: . — ^ >r Faites retourner le cocher* — fk ne

)>peux me résoudre à vousr quîtteK •.

» Je ne te quitterai 'pas >h Bile xnr cou-*

vre lé corpsi* entîen j^rec:quoi? Elfo

n'ai ici qu'eUe^raéme; .

TCcms «rrivoôâ, liloils dcfscéndons. Elle fait un grand feUi Elite ïtt'a[ppi*6eSiie liû fouteuil. ElJé chauffé diïU'ùt et du sii- CP^. «P* lite Vôtis ISilsfstërai pââ ces véfe- » s»eiW. -^' QUë ih^ dbfttiet%-'Vf!)ti$^? — ï >ir:RfeWMWfettê2i-v6ns dàtt^ ihtto lit. Je* s5îV«* étfettdi*ê' toS^ habita dèvâttt le feti :

IVIfe yîoifâ? dâtts ce Kt où fai été pforté nldtttrattt,' oti' j-afi été j^leiii*é de Fari-^ dicfttfe , oàr eïlfe <i Siité ma blé^sûfe , àà' die rrfx frrt)digué Ibi si3inisf les* pluS feti-' drtei...... JoMSf de ittoh rétotîi^ à lat vie :

rfie^t àrtoi' cfm je la doisi

EMe' m'apprête une rôtie ; efle itte la^ présente, commis' ce' res*am^tit à Chaùtïtltty.;.^... aV€tt ùil air d-iiltét^t si ton-çhanf , avec* line* grâces sti' Ka'f^ , urie^ modkitie si^atliraiite! La^vtAupté a( atïà^ S€f'pm}èWf.

Elle s*sep»çott cjtt'ittie" dbtieè chaletit ^X)Wrf»ettce^ à* circirfer dans* rttt^ vfeitfe^. Elle retbuttïe aiipfè^ dtl feU. «^ Ah, l'e-

jambes xle - .-V'^® ^^ ^^"^ ^"^

monsie ^ ^^z'^' réunis? — La prul'actir , ;J^'y/>are. — Fanchette? —

atitot' v'/r- Vous avez besoin de

5eir ,.«'**'^^ii^ comme moi. — Je le sais.

ip" / »*'f|.;i encore des chaises pour étcn- '"^ fôtre robe, et de la place ici pour

'rtutf- — ^^ ^^^^ quitter ma robe,

0gis mais — Votre cœur dit-il

,jion?— L'amour connaît-il ce mot-' jiJà? — Tu consens donc! — Je ne le 9 peux. — Tu ne m'aimes pas. — Je » vous adore. — Et tu consultes la rai- »son! — La mienne se perd. — Un » baiser seulement. — Si j'en donne >3 un , j'en voudrai mille w.

Elle a quitté sa robe : elle ne pense pas à eh prendre une autre. Elle est appuj^ée sur le pied de mou lit. Un bras fait au tour soutient sa tête charmante;

son œil humide est fixé sur le mien

« Du vin chatul et une femme qui re- » garde ainsi , c'est trop de ^ moitié »,

UNE MAGëDOIKE; .^ !I2{^

Les bouts d'un fichu, légèrement jeté sur ses épaules, se plissent sur ma couverture. J'avance doucement une main; je tire doucement le fichu. Elle soupire; mais elle s'approdbe un peu; un peu encore; un peu davantage...... Elle tombe

dans mes bras. « Tu veux mourir ! ah ^ M fais que je meure avec toi. . . .

J'avais bien affaire de riecommander d'acheter un lit si -étroit ! Comment faites-vous, quand vous ne trouvez pas

de place pour deux? Comme nous

fîmes Fauche tte et moi.

« Monsieur, avez^vous dit au cocher » d^atteiidré ? — Non, et vous ? — Je n'y » ai pas. même .pensé. — Tant mieux , » il dlr. pourra dire à personne qu'il m'a M conduit ici. T.*a boutique est bien fer- »m.ée? ^— Oh, dé manière à soutenir » un siégea — Si on frappe , noius ne » répondrons [iàs, . : - ^^

îSo ' xrfTE UActtfoïirÉ.

»-^Yous me faites faire une: féflflLion ^efBrayante. -^ Et laquelle y FancsbotCe^?

yt -^ Quafnd monsîeQr de Scmlatig^as-^ xr percevra de votre évasion-, iliseinicttti^ vsiur vos traces. -^11 Tiendra «dMÎi ict«/^ vet il me fera une scèneJ -««<^Moti;attiiyii 1» fiiut nous séparer. — ^ Fanohette, eu** D core une beure. ^^ Pa» une minut^f m

Elle se dégage; elles'élance; la» voilà> debout, a Tu me quittes ^ Fanchette! — ^ »«ll le ÊHUr-^Je ne me ducs jamais^ mieux y> porté; *— Je veuao ménager cette- santés jf. là; — . Ob, cevien&v reviens^ -**- II- TÊte ^semble* entendre. mKgfUsitnir der SDd^ » langes. Je vous en: prie^jei^us*' en^ »' suppticy levea-îvous »v

£Ue me laisse. EUe. va finrr de s?&a«^ btHer» jenesàisoùiGeitainemeiftje mer lèverai:: que ferai^e ici sans^ellefl^

Je ne. pîeoxn m^'empéciier die^TiÊe^eru reprenant les : habits db So«langerBU..«.<..* «rPancèictte^Faaaitbette, il nevitn^db^ ^s^ ir-si matin : il n'a à sa^ àippùsiûûn q^ie'

Tè^des^ robes de: cfaamiire et des pati<* »tôufl^. Il faiit qa- il envoie cfaecsi lui^v v-et^uii^vatëttdexbanibne n'esta pasi Lev^é^ » à^sis beuras 'î.

Elle ne répond pH&L/ ku bonb^oet

esH' owr€TfX7*,„^^^..^ EUe^ eert» sortie^ eUcr m^écbiqppe; Elle: veut^ décidëment cpte* je me retipe;..-.r.^Hé bieiï, jerm'oa. irar,. je- m^jeo vais^ ptcpiéyjoutt*é;. je ne: rerienH* drai jamais.

Ohv j'aiipri^ mbn pa^tt. Me- voilai déjà' à; r^Dnne 'Saînl»'Gervais.^...« Je trouve un café, ouvert ;^j^y eotre ; je me fais s«rvir' du ■' chocoiat....^.et je suis encore ;si^pleinr^' de Fancbette , que je ne pense pas à m'agirsurer si: j'ai • dé quoi: payTgsr.. Peut-être y a^^ili de Tangent dans ces - babits que^ j'iû: pris^à la> hjkte:, et dent jer n'ai pas>

Ytsité^e»*^poeh£Si Sotass,. quinsse^-

vingt^cinqiloim! SNooidaigesi Jes^ reprend dra dans mon secrétaire, car bien ccr^ tainement je ne retomuerai pasr. cfae^ moi; je suis las d5étre en^prcson»

Sk32 UlTE MACÉDOINt:.

Idées de plaisir s'évanouissent peu à peu. Mes sens calmés me rendent à la raison, et mes réflexions m'épouvantent Malheureux, d'où viens-tu? de

tromper indignement une femme qui t'adore, qui soupire après le jour où elle pourra te prodiguer tout son être, qui s'expose pour toi aux traits acérés du mépris, qui dans le monde entier ne voit, ne veut que ton amour.

Et Fanchette ne m'a-t-elle rien sacrifié? Belle comme Sophie, aimante comme elle, ne connait-elle pas aussi cet ^bandon absolu, source inépuisable de volupté ?

Mais Fanchette tient -elle à quelque chose? fixe-t-elle l'attention? a-t-elle des parens qui s'affligeront de sa peine, qui la partageroat? Hé, n'a-t-eltê pas assez d'elle-même pour aimer, jouir et pleurer?

Mais cette mère qui m'implore pour sa fille, qui lui croit mon estime néces--

TINE ItfACÊDOIÎÎE. 255

saire autant que mon amour, qui par conséquent me croit estimable moimême, qui espère, qui se flatte que le bonheur de Sophie et le mien feront le charme de ses derniers jours, qu'ils en prolongeront la durée!.... J'ai tout trahr, l'amour, la confiance et la délicatesse que ces deux sentimens devaient fairje naître et soutenir dans mon cœur.

. Fanchette, Fanchette! oh, cette fbis^ ci c'est un crime ; je le sens à mes remords!

- Homme faible, sans caractère, suffitil du, remords pour expier une incon** duite révoltante? A quoi servent de vains regrets, s'ils ne te rendent pas sans retour à l'aipante abusée, à qui tu as promis, à qui tu dois tout? Guéris d'une effervescence insensée qui prépare à Sophie des maux cruels et interminables !

Sois homme, prends une résolution digne de toi, exécute-la sans balancer, rhonnevir te le commande*

L'honneiir! il t'a guidé jusiiu'aii iimh ment où tu t'es soumis à Fempire de$> sens. Rétablis- le dans tous ses droits^ que ta conduite soit telle, (fue tu^ puissi^ avouer hautement tontes les actioas d€ ta vie future. *

O ma conscience, ma conscience, ne me traites-tu pas avec trop de rigueur?

Ai^je cherché une seule fois Voccasioni<«^ Fanchette elle-même. — ^. Les^ circonstances ont toat £aiit.

Leur suis-je tellement soumis, qu^il me soit impossible d-en amener de &vorables? Ne dépend <- il pas de moi db m'éloigner de Tenchanteresse, d'aUe# chercher un asile contre moi-même^ entre les bras de Sophie? et quels char^ mes balanceront les sietid,'quàtid>jeil6 v«*rai plus Fobjet dangereux %'...w

Je n'ai que ce mo};^u de préveniir une chute nouvelle, puisqu'ime^ittcoiiee-' vable fatalité nous nétunt toujouis, Faon chette et moL Je^vais partir; je pats- k

yînsift&t mérae; je puis être mikIu/ au châteauk avant Sophie; je l'y' recevrai; M si Soulanges a été me cheroher chez * elle , elle, croim que j'ai voyagé pendant toute la nuit. Ce mensonge sera le dexf* nier qui aura souillé mes lèvres : je serai vrai avec Sophie, du moment où je ne vivrai plus que pour elle.

J'ai vingt-cinq louis, c'est beaucoup plus qu'il me faut. « Garçon , faites-moi

ïK avancer une voiture Cocher, bou-

» Ifevard Italien , chez Jacob, carrossier».

e*est le mien. Je prendrai une chaise ^e poste, et j'irai aussi vite.... que mort fitmginatiorï.

a C'est cela, Jacob, voilà ce qu'il me^ >« Êiitt: Des chevaux de poste à Tinstant^ » à la minuttf. Un louis à celui dé vos^ » gens qui ira hie les chercher, s'ils sont* irici dans* un quart d'heure* Je paie les ^gdides comme un prince, et je veuxi afétre mené en conséquence ».

Personne ne geut soupçonner ce: que

a 36 UHE VACÉOOIVK.,

je vais £ûre; personne ne viendra me chercher icL Soulanges ne trouvera au^ cun indice chez Fanchette, et Sopfa^ est probablement en route. Pauvre Sou- ^ langes ! où ira-t-il ?

Que de peines il s'est données pour

me procurer une nuit Éloignons

cette idée. Tâchons d'oublier jusqu'au nom de Fanchette.

Je vais causer avec madame Jacob.

Cela me distrafra , et m'aidera à attendre les chevaux Hé, hé! elle n'est

pas mal du tout madame Jacob^ Trente ans, de l'embonpoint, de la fraîcheur, la main jolie, et elle entend à demimot. Elle répond de même, et montre, en souriant, les plus belles dente du monde.

J'entends le bruit du fouet; je salue madame Jacob , qui veut bien m'accompagner jusqu'à ma voiture, qui me regarde monter^ .•. qui peut-être ne

rsniR MACÉDOiiTE. a 37

se ferait pas trop prier pour monter

avec moi Vaniteux !

«Postillon, à la Ferté-sous-Jouare.

iTentre à terre, et un ècu par poste ^- » aux guides ».

Me \oilk partL Oh, comme je vais !

mon postillon veut gagner son écu.

Me voilà parti, c'est fort bien. Mais je n'ai pas un habit à mettre, pas une x^hemise, pas un mouchoir 1 N'importe, j'écrirai quatre lignes de Meaux, et Georges m'apportera ce qu'il me faut. :

Diable ! mais si on allait courir après moi? Bah! j'aurai vingt lieues d'avance •quand on recevra tna lettre. Oui, j'é-^ crirai , par toutes sortes de raisons. Je dois à ce bon Soulanges de le tirer le plus promptement possible de l'inquiétude où il doit être à présent.

« Postillon , au premier relais , vous » mettrez un courrier en avant ». Je veux remployer tous les moyens qui peuvent accélérer ma msurche.

-aBS v]f« MAcioonfE.

3e oommeace à sentir que les 'forces de cet homme , qui s'imagine en 'valoir trois, scNat bornées comme celles d'uL autre. J'éprouve dans tous mes meîi^^l

bres une certaine lassitude Ma tête

s'appesanlit Je m'endors.

«Monsieur!......... monsieur !....«... — -'

«Que voulez -voiK? —Vous êtes à la » Ferté. ^^ Ah ! qui donc a payé les » postes?'-— Ce sont les- maîtres. Us se » 6ont*pa]rés les uns les kutres^ jnsqu^icL ».«^ Et ils ne me connaissent pas. — » Yotre carrossier vous a nommé au » postillon de Paris. — Et mon nom a «suffi pour me £atire avoir du crédit?

ai'-^On vous aurait mené ainsi jusqu^à • Strasbourg, «i vous n*aviez dît, en « partant, que tous rftiez à la Ferté ».

Je jouis donc en effet de quelque considération. Ma foi , vanité et Fan* diette à part, je crois que je la mérite.

Avec quelle liberté d'esprit je nomme ï'anchette! Que l'honlkRe du mathi

uns MèxÉDomE. -o,^

$efitt>le peu qafilque£3Îs à i'hommc . du *airJ ,

^. » Qudle jbel]^e.«s^il?..». Onze heures.

pR'QuîiiZje iiexies ea cinq heures, c'est » bleu aller. Yims êtes de braves gens.

» àh, îl &LUt que j'écrive, et que je 9 paie, et que je déjeune : la tasse de p.dboeolat est* dé)à loin.

. i>>Un poulet froid! bon, c'est .cela, i»>dest jeKoellent Vite, vite, je n'ai ^pas » un moment à perdre.

» Dii f>af)«ex, june ;pkime eit de l'encre

, y) sur lia même table.^... Postilkn^ voilà i»)VOtre argent Des .cbev^ux dans un iftijmjtt d'hejtfe a, ,

Jisjisange, j^^cris, je bois, tout en^ «emble. Pauvre Soiilanges! quedira<t^ «Q reoevant .<^ hilïet? Que je ^uis in* <)9rrigâble, et il aura raison, jk Ah ! mon « ^^wSoulaiiges, renvoyee^moi ce por^ # tcait., qui va me devenir inutile, mais «auifucd la boaté délicate tpài me l'a ^ offert;^ donne un pcix .toujours nour

u4o ^^K MJLC£Dom£.

» veau. Joignez-y les lettres, de Sophie^ » des habits, du linge de toute espèce,

i»et de l'argent. Adieu, rhoinme. r...,

» rhomme aux précautions inutile. '^

» Postillon, à Montmirel ».

Me voilà reparti Sophie est-dile pas** sée, est ••elle derrière çioi? Le dernier postillon n'a pu me rien dire , et je n'ai pu, moi, interroger les autres en dormit Je saurai quelque chose à la poste prochaine

Non, il n'est pas passé ici de berline; on n'y a pas vu de dames de toute la journée. C'est moi qui lui ferai les honneurs de son château....... Tendre

^t confiante Sophie ! Elle me tiendra compte de tout; elle me plaindra d'a-^

voir passé une nuit .' Oh, ne parions

plus de cette nuit -là. Ne voyons, ne pensons , ne rêvons que Sophie. Vivons pour l'adorer et le lui prouver à chaque instant d^ jour. Transforiflaons sa terre en un lieu^nouvesm. Que l'amour

TTNE IVfACléDOlNE. tk^t

tnour y déploie ses charmes et sa puissance.

A^ J'ai dépassé Montnairtl ; je vais arri- P^r à Vatry. C'est là qu'est ce château, où deux êtres, isolés du monde entier, vont se suffire à eux-mêmes , %t s'oublier'au sein de la pfcs pure félicité.

Parbleu, il faut que j'avoue que personne ne voyage comme moi, et que j'arrive partout d'une façon extraordinaire. A Ermeuil , en veste de nankin , en culotte de peau, et perclus de tou§ 'mes membres; ici, avec des habits escamotés à leur propriétaire, qui me

^ Von*^ à-peu-près, et je n'aî pas le

moindre petit paquet. Comment serai-je reçu par des domestiques qui ne me connaissent pas? Ils vont me prendre pour un atenturier, et, s'ils sont prùdèns, me mettre à la porte de clièz moi De chez moi! ce n'est pas encore le mot propre. Il le deviendra, je l'espère, je le crois, j^eïi suis sûr; je m. II

a 4^ ^^TE MACEOOIHE.

ray>roinIs à madame (TElmont, et çetto promesse est si douce à remplir !

Ne Tai-je pm 4it? Le maître d'hôtel me reçoit plus. mal encore que La Ro^^i; che; il me toisée de T.œil; il fronce Iç j^ourcilf il écoute, en secouant de temps en temps la teti, Thistoire assez *^u vraisemblable que j'ai arrangée en route.

)e suis sur les marches du vestibule; Iç maître d'hôtel barre la porte vitrée, et demeure immobile. Le prendre par Iç poUet, l'envoyer <Jix pas en arrière, serait le moyen de tout terminer. Mais quelle manière de preAdre possessiop 4'un château ! Et puis , ce maître d'hôr jtel n'est pas seul ici ; je ne veux p» rer nouve^er la scène de l'oncle Aptoipe e% de maître Jacques. Le3 voies de conciliation sont toujours les plus sages, e); ce. sont celles que je v^is employer. ■

«Monsîfeur, vous parle?; très -bien; 9 vous avez mén^e l'air d'un fort hou* p pête homme : mai$ un hppi^éte ^bmin?

UNE MACEDOIirÉ. â45

fi et un fripon se ressemblent beaucoup* s> Nous attendons madame de minute eh ^minute; mais madame ti'a psts parlé T ' * de monsieur, et monsieur est Un pery> sonnage assez marquant pour qu'où » ne Toublie pas. Monsieui'y que l'usage » devrait avoir placé daris la voiture dô » madame , arrive seul , sans domesti^ 2xques, sans effets, en linge sale, ha<> 9 bille de façon à faire douter que ses p vétemens aient été faits pour lui, et » monsieur doit sentir que ces circons- » tances réunies ne prouvent pas en fa-»

» veur de sa véracité. Je conseille à mon* » sieur d'aller s'établir ailleurs, et, quel » qu'il soit , il conviendra intérieure*^ » ment que je fais mon devoir. •

» — Il faut donc que j'aille m'instal-»

»ler dans un cabaret de village?» — » Pourvu que monsieur n'entre point » ici , je le laisse maître absolu de ses » actions. — C'est très - honnête. Vou* » lez-Tous bien au moins faire remise^

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