‹ Une Macédoine 4 tomChapitre 4 sur 11 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

. Ok, comme la santé me revient f

Fawchette rentra de très-bonne heure,- un consomYné à la main; je ne vis phis ta sœur ÉHsabeth : qui peut-on "Toir auprès de Fanchette? Oh, qu'elle me paraît bien, cette Fanchette ! La douleur siérait-elle aux femmes, ou reviensjc à la vie avec des organes nouveaux?

Il me semble voir Failthette pour la première fois ; mes yeux ne peuvent se

détacher du visage charmant V Prenez ^ donc garde, monsieur; votre bouiHon 'y> tombe sur vos draps ». Je pense bien à mon bouillon, vraiment

Pourquoi baisse-t-elle ses yeux noirs , elle qui aime tant à chercher dans tes miens f amour et la volupté? Les yeux

Baissés, et \m teint incarnat! H y a

contradiction. Ah, sœur Elisabeth est

Si FIfE MACEDOINC.

là'v elle en impose J'ai déjà graïul

besoin de la présence de Georges.

Le Yoîlà. Qu'il soit le bien venu.

• Georges y vos soins me su£Bront dé^ » sonnais. Donnez çcnl firancs à la sœur 31 Elisabeth y que je remercie du Ibnfl » du cœur^ et qui ira prendre sa com- » pagne chez madame de Mirvîlle. •*-!- » Monsieur, nous ne recevons jamais » d'argent — Non? Georges^ du café, » du sucre, des Uqueurs..!.*. Une grande » caisse bien remplie. Vous la ferez por- »ter à la conynunauté. Une provision » particulière pour les deux bonnes » sœurs ) dont j'ai tant à me louer ».

Georges part La sœur Elisabeth se

lève, et me Eût une révérence un pea

mondaine. Jolie petite sœur ! Fanchette la retient jusqu'au retour de Georges , sous le prétexte qu'elle, est obhgée de veiller sur sa boutique. Elle ny veillait pas les jours précédens. Que signifie cette £stntaisie? De la légèreté, du ca.7

imtL MAGlh>OI]!CE. 53

price! Fanchette ne serait-elle qrfune femme <;omme il y en a tant?

« Sœur jjSiisabueth , le Itt me fatigue , J9me dé{^aît; je voudrais me lever ».

Sœur Elisabeth s'empresse et m'habille Fanchette ne lui aide pa^. Elle se recule ; eQe semble craindre de me toucher. Celte conduite est inexplicable.

Je suis piqué, tr^s-piqué. J'ai renoncé à elle; mais je n'entends pas qu'elle cesse de m'aimer Voilà bien l'injustice la pjus complète! J'en conviens ^ mais qu'a-t-elle? Je ^ux le savoir.

Et moi àiissi, je trouve des prétextes^ quand yem ai besoin, ^a Fanchette , je » voudrais voir votre petit ménage, Far* 9 rangement de votre boutique ». Elle ne peut refuser, elle vient à moi , elle iiik>frre son bras. Son visage est serein; m^is elle ne me regarde pas.

Je me promjène avec elle dans la boutique, dans l'arrière-boutique , dans sa petile cuisinai J^ remarque en gros l'é-

t^l rane

It'IfiWtfe cTune propreté recherchée; les détails m'échappent « parce que je cher* che iies mots qui la forcent à une explication, en éloipnnt tout espoir d'un rapprocheaient Je ne trouve rien qm remplisse ce double but Que diabie, je n'ai jamais passé pour un sol! Ah , les cordes de la raquette ne sont pas tout-à-Êiit retendues.

Elle s'arrête; elle me regarde enfin; elle parait aussi préoccupée que moL Elle m'avance ud siècle; elle ifle fait asseoir; elle se tienf debodt devant aM>i...« EUe va parler, bon. Elle donnera lieu à une réponse, et une phrase en amener toujours une autre.

a Monsieur, j^ai amené, dans des eir« 9 constances bien différentes, ces mo* 9 mens si doux où j'épuisais dans ¥ob » l>ras la volupté et ma vie. Je sais oon»* » ment se termine entre nous une oon- » versation particulière, et ce n'est pas a pour moi seule que je dois vous aimer J

tjiffi MAcàîboîmL 55

A Voua n'avez pas un . mouvement se- »arety une pensée d'amour qui m'é- » chappent, et je veux vouj^ sauver de ])vdûs-méme. U £aiut rentrer à votre » hôtel. Madame de Mirville vous aime » passionnément; mais sa vertu lui est » plus chère que son amour; vous serez » en sûreté avec elle. Ici, vous perdre^ » la vie, parce que ^demam^ ce. soir, » dAOS une heure peut*étre , je n'aurai ^ plus la &rce de me vahicre; je n'aurai » pas même celle de le vouloir. Partez , » monsieur, emportez avec vous mon » cœur et tout mon être ; emportez jus** » qu'au souvenir de quelques jours heu-* 9reux que j'ai. dus à votre prés^çe, » Mais si madame de MirVille .conseoi »k vous donner la mainf si le charme »de cette union suffît à vo^e cœur, x> souvenez-vous alors de la rue $aint<- 9 Antoine ; venez sans crainle voir quelr »<{kielbis Fanchétte. Elle ne vous dira » pas ua mot d'amour. Elle .respectera

56 mn MACÈDonrÊ.

» le Docfid qui tous liera à une antre.

T Jusque-là, elle ne doit rien à madame »de Mireille, et vous rendre mainte- » nant à sa tendresse, à ses innocenles, 9 mais voluptueuses caresses, est reffi[>rt 9 le plu6 pénible que puisse £iire une 9 femme qui aime autant que moi ».

Dames du grand monde, dont on respecte la naisstoce et le rang, dont on Fecherche Tesprit, les grâces, la Leauté, que celle de vous qui égale Fanchette en délicatesse, en dévouement , condamne' les transports que j'éprouvai en écoutant cette fille unique. Je la presse dans mes braS; mon cœiir bat contre son cœur, mes lèvres

cherchent ses lè^-res. « Laissez-moi ^

9 monsieur, jJar grâce, laissez-moi. Ne «voyez -vous pas que je brûle? Ayez D pitié de nous deux ». Elle se dégage, elle fuit. Elle va retrouver sa raison et des forces auprès de la sœur Éiîsabedi.

Georges rentre. Un crocheteur est à

UHE MACEDOniE. &J

la porter il ploie sous la caisse defrian»

dises : tant mieux. Mes bcmiies sœurs se souviendront qudque temps de m<M.

Sophie et la compagne d'Elisabeth paraissent, et il n'est que huit heures!

jQu'elle est bonne ^ attentive , prére* Qante, cette chère Sophie ! « Madame^ » lui Hit Fanchette, monsieur a réscia '» de retourner chez luL II sent qu'il est 9 déplacé ici, et vous encore davantage 3 J'ai besoin à deux pas de son hôtel, »pour -des af&ires de commerce que B j'ai négligées depuis douze jours. Je m vais lui envoyer son carrosse ». Elle n!attendpa^ de réponse; elle s'éloigne.

.Sans doute .elle veut éviter un dernier àdijbu. Un dernier adieu est si cruel pour un coeur toidre! .

Georges va cherdier un fiacre. Il y met les d^ix sœms et la caisse II fierme 4gi boutique , et rcj^ume à l'hôtel pour jp'y préparer ce qu'il me &ut JMEe voilà iseul avec Sophie. Depuis que j'ai été

Si

là'v elle en impose. J'ai déjà graïul

besoin de la présence de Georges.

Le voilà. Qu'il soit le bien venu.

« Georges 9 vos soins me su£Bront dé^ » sonnais. Donnez çn:it firancs à la sœur n Elisabeth y que je remercie du fond » du cœur^ et ^li ira prendre sa com- » pagne chez madame de Mirvîlle. •*-!- » Monsieur, nous ne recevons jamais » d'argent — Non? Georges^ du café, » du sucre, des Uqueurs..^.*. Une grande » caisse bien remplie. Vous la ferez por- »ter à la conynunauté. Une provision » particulière pour les deux bonnes » sœurs ) dont j'ai tant à me louer ».

Georges part* La sœur Elisabeth se

lève, et me fait une révérence un pea

mondaine* Jolie petite sœur ! Fanchette la retient jusqu'au retour de Georges , sous le prétexte qu'elle est obhgée de veiller sur sa boutique. Elle ny veillait pas les jours précédens. Que signifie cette fantaisie? De la légèreté, du ca-

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price! Fanchette ne serait-elle qcr*iine femme <;omme il y en a tant?

« Sœur jjSlisaheth , le lit ine fatigue , J9me dé{^aît; je vocldrais me lever ».

Sœur Elisabeth s'empresse et m'habille Fanchette ne lui aide pifô. Elle se recule ; eQe semble craindre de me toucher. Celte conduite est inexplicable.

Je suis piqué, très-piqûé. J'ai renoncé à elle; maïs je n'entends pas qu'elle cesse de m'aimer Voilà bien l'injustice la pKis complète! J'en conviens ^ mais qu'a-t-elle? Je -^ux le savoir.

Et nu)i âiissi, je trouve des prétextes, quand j'em ai besoin, ^a Fanchette , je » voudrais voir votre petit ménage, l'ar* 9 rangement de votre boutique ». Elle ne peut refuser, elle vient à moi , elle inV>frre son bras. Son visage est serein; m^is elle ne me regarde pas.

Je me promené avec elle dans la boutique, dans l'arrière-boutique , dans sa petile cuisinei Je xemarque en gros l'é-

Si n^ XACEDOI9S.

la;, elle en impose. J'ai déjà grandi

besoin de la présence de Geoi^es.

Le Toilà. Qa*il soit le bien venu.

€ Geoi^eSy vos soins me suffiront dé^ » sonnais. Donnez cent firancs à la sœur n Elisabeth, que je remercie du £>nfl » du cœur, et qui ira prendre sa com- » pagne chez madame de Mirville. — »îkIonsieiu*, nous ne recevons jamais » d'ai^ent — Non? Georges,, du ca£é, » du sucre, des liqueurs...^. Une grande » caisse bien remplie. Vous la ferez por- »ter à la conynunauté. Une provisicui » particulière pour les deux bonnes 9 soeurs, dont j'ai tant à me louer».

Georges part. La sœur Elisabeth se lève, et me Eût une révérence..... un pea mondaine. Jolie petite sœur ! Fanchette la retient jusqu'au retour de Georges ,.

sous le prétexte qu'elle est obhgée de veiller sur sa boutique. Elle ny veillait pas les jours précédens. Que signifie cette fantaisie? De la légèreté, du ca.7

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price! Fanchette ne serait-elle qrfune femme <;omme il y en a tant?

« Sœur jjSiisabueth , le \àt Vne fatigue, J9 me dé{^aît; je vocldrais me lever ». Sœur Elisabeth s'empresse et m'habille Fanchette ne lui aide pa^. Elle se recule ; eQe semble craindre de me toucher. Celte conduite est inexplicable.

Je suis piqué , tr^s-piqûé. J'ai renoncé à elle; mais je n'entends pas qu'elle cesse de m'aimer Voilà bien l'injustice la pjus complète! J'en cpnviens^ mais qu'a-t-elle? Je ^ux le savoir.

Et nu)i âiissi, je trouve des prétextes, quand j'en ai besoin. ^ Fanchette , je » voudrais voir votre petit ménage, l'ar* jt rangement de votre boutique ». Elle ne peut refuser, elle vient à moi, elle inV>frre son bras. Son visage est serein; m^is elle ne me regarde pas.

Je me promène avec elle dans la boutique, dans l'arrière-boutique , dans sa petile cuisinai Je ^remarque en gros l'é-

94 ^^^ ^AcÈDomœ.

neiir est à mon niveau. Il a sur moi IV vantage d'une vie active, laborieuse, qui rend le repos plus doux, les jouissances plus vives. Allons, aHons,

je veux savoir tourner. Je m'imposerai:

la tâche de chaque jour. Je ferai de$ bonbonnières aux dames, des tabatières aux hommes. Je renouvellerai toutes lés

chaises de ma maison. «Philippe?.

» le tour est- il monté? — Oh, pas eny> core, monsii^ur. Il faut au moins deux*

» oti trois grandes heures — N*en-

» lends-je pas un carrosse?.... Oui, c'est

» le mien Hé, non C'est lui; les

» stores sont baissés; elle est dans la • voiture; elle arrive, je le sens Mtt «bàttëmens précipités de mon cûëùt:

» Va, Philippe, va tourner, et que je tie n te revoie pas d'aujourd'hui ».

Je sors, je cours au-devant d'elfe; Je'

suis au milieu déS degfé^ fille le&^

monte avec la légèreté d'tm oiseau; meâ bras s'ouvrent. vQue fàites-Arous, mon-

uin^ mjLCÉwyjumi 63

^siir scm afi&tiie avec Soligciae et Ver-*^ ;i>^-ceil6$?^^ L'homme le mîeuKëlevé,ie fkas 9 déosBt s'est imaginé qu oq le verraitr 9 <sntrer dans une maison que les geriB »conHae lui ne fréquentent pas^ sans » kii juipposepr.des intentions. L'homme ^ ^ H^^ dpoii^ la moins intéressé a cra j^ (^èn attribuerait à la perte de quel*-^ » 4faie$ êcfaics dés excès auxquels ne le p» IMMTt^rait pas U rutn« absolue de sa ^ 9 ^Drtone. Peirsonne n'a été dupe xiu f»'«ti»tàgèin£^ et te lendemain de ce w combat y on a dit partout qne mon*^ » fiienr .avait pris un jmoyen. détourné » pow altaquêff ]tp ennemis de sa maik-

» tresse Oui y madame^ de sa maî«-

9 tresse. On^ aépié^os démarches : to-»

jè tne 4Aifipantion,*iK)ti>e' séjour ici n'ont -^ été on secnret pouii pensoone. £i^n je- » trftocbe le mot : votre- réputation est 1^ perdue.

9 Votre mère, que tous ne Voyez plus^ ji et qui a tant besoin d^ eoqsolsitioa^

64 • VTTE MACiDOmE.

» gémit de votre absence et des bruits » af&eux qui circulent dans le inonde* » Hier soir, elle est venue me trouver; » elle xn^a^upplié^ les larmes aux yeux, » de vous ramener ilans ses bras. Que iD je la voie^ dtsait-elbe^ une heure ^ un » momeiaft; que je l'embrasse , et qu'elle ^ sorte de Paris, où ^Ue ne peuè plus » se montrer. Si elle le désire, je passe- » rai avec elle le r^ste de ma vie; noAis «irons aious établir dans une de nos » terres. L'absence éteindra ce Êioeste

«amour... — Jamais, monsieur de

V Soulanges , jamais. H fait partie de «moaétre; ilfie dépend plus de mot ^ de le surmonter.

» — Hé bien^ madame^ il est im -y moyen de tout <x)ncilier , d'imposer » silence, aux méchans , de vous réta- ^ blir rdans l'estime des gens honnêtes^ » de rendre le repos À votre mère, d'as- » surer votre bonheur et celui de votre «any. Quelcya'éloignement que vous

tTWK MACÉDOINK. 65

» ayez pour le mariage, vous devez, sen- »tir qu'il est votre unique ressource, » et vous avez l'ame trop belle pour ne »pas vouloir vous tirer de l'opprobre »où des circonstances malheureuses Dvous ont plongée. Réfléchissez, ma- » dan;|e , et songez que quelle que soit «voti'e déterminaiioit , je me suis en-

• gagé à en instruire votre mère,

» — Je verrai nïa mère, je la verrai

• aujourd'hui. Je pleurerai avec elle; » mais* je ne peux ni l'épouser, ni me » séparer de lui ».

Je tombai à ses pieds. Je la priai, je la suppliai. Je mêlai aux expressions brûlantes de l'amour ce que le raisonnement a de plus fort; je lui rappelai ce que les bienséances ont de respectable. Sa tête était penchée sur mon épaule; elle tenait mes maiiid dans les signes; je sentais ses larmes coulep jur ma joue, et elle ne répondait rien.

«Pense donc, ô ma Sophie ^ que tu

66 UNE If AC£DOIlfX«

» t'es donnée à moi , que tu es réelleliment mon épouse, que la cérémonie » ne peut rien ajouter à mes droits^ et » que je ne la sollicite que pour te faire » remonter au rang des femmes respec- » tafiles ».

Ce dernier raisonnement Ta ébranlée* Soulanges joint ses prières aux miennes.

Elle relève sa tête charmante, a Tu le » veux , mon ami ; vous le voulez tous >^deux; ma mère le veut aussi; vou^ » m'assurez tous que ce sacrifice est » nécessaire, c'en est assez; je me rési- » gne. Je te perdrai; tu cesseras d'aimer )» ta Sophie; mais tu seras son époux ».

Je croyais n' avoir J>esoin, pour la ras* surer, que de laisser parler mon ooeur.

Ce cœur, ivre de plaisir, mais avide d'espérance, parait l'avenir d'un coloris enchanteur. Il peignait la jouissance sans nuage, la constance sans langueur. Exalté, délirant, il allait se fondre' dan»

celui de ^èphte; il y portait le feu divin

qui l'embrasait. Bientôt ces deux coeurs vibrèrent à Tuaisson, et Spulanges n'entendit plus que des soupirs brùlaiis.

Tout à coup die se dégage de mes bras, elle s^ lève, et me regarxlant fixement .* ^ £t MirvUle aussi m'avait dit le»

)• mêmes choses; sa voix avait le même charme; comme la tienne, elle péné-»

» trait au fond de mon cœur ; il était y^ sincère comme tu l'es en ce moment.

» J'ai cru Mirville, et Mir ville m'a trahie» ^ »Oa na plus rien à craindre, ni à p espérer de sa fenune. Oft tt^emble de * perdre une maîtresse chérie , et cette 1$ craiate est l'aliment contuiuel de l'a* A mour. Jamais tii ne sénas man époux.

» On dit dans le monde que je suis t»

» maîtresse. Hé. bien, je le serai; je 9 metJtrsà ma glo^e et mon boeheur à n l'être.: Je te doune le reste de ma vie; » je te sftorifie ma vertu, jMirce que je » crois que c'est le seul^ moyen d'être »loDg-tempd aimée ^ et .que je ne peux

68 ims MAG^OINE.

» vivre que de ton amour. Viens , suis- »nioi, partons, allons cacher notre fé- » licite dans ma terre de Champagne ».

Soulanges lui fit de sérieuses représentations siir l'inconvenance de cette -démarche. «Hé, que me font les con- »venances? Les méchans m'ont -ils » épargnée, quand je m'y siris soumise?

» Ils m'ont appris à tout braver.

» — Et votre "mère, madame! — Ma

»mère! ma mèreL*.., Non, il ne

D faut pas qu'elle soit malheureuse. Elle x> parlba ^vefc nous. Elle y consentira, ^ Elle a connu l'amour, et son cœur » n'est pas flétri encore; il né portera » pas le désespoir dans le mien; Réponds- » moi , ,mon ami , veux ^ tu me suivre ?

» — Si je le veux , Sophie » !

. Soulanges allait insister. Je crus qu'il, avait fait ce qu'exig^eaient Àe lui l'amitié et la raison : je le priai de ne pas aller plus loin.

» Perinèttez^-moi, dit-^il^ ud£ dernière

rnXE MACEDOINE. 69

» réflexion. Vous allez partir, madame, » partir aVec votre amant! Vous allez » voUs livror san» réserve à des sensai> tions depuis long-temps assoupies, et » qu'il vient de réveiller si malheureu- » Sèment* Mais croyez-vous qu'il puisse p suffire au délire qui vous égaVe tous » deux ? Avez - vous Aiblié qu'il était » mourant r il y ^ quatorze jours, et s> que vous demandiez à Dieu 'Sa vie » pour unique grâce ?

ï>Oh, voilà de l'amitié, lui dit- elle ^ » en l'embrassant avec afFection. Qu'al- )»lais-je faire, mon amij retourne chez » toi. Je jure à la face du cieF de ne te » pas voir d'un mois. Ce mois, je Tem- » ploierai à gagner ma mère, à embel- » lir ta retraite, à penser à toi, à t'écrire^ » à reliire tes lettres. Monsieur de Sou- )» langes, avez- vous là votre carrosse?

» — Oui, madame, — Faites -moi le î» plaisir de me reconduire ».

Je m'|§vançais pour l'embrasser. «No»y

yO trifE MACiDOINfi.

)»mon ami, non, plus de baisera au*- » joord'hui ; ils sont trop dangereux.

j» Dans un mois! dans u» mois! ».

Elle se retira avec Soulanges. Je les conduisis jusqu'à leur carrosse. Le mien arriva un instant après. Georges en descendit: Je le laissai pour veiller à tout, jusqu'au retourne Fanchette, et je rentrai cbez moi au milieu des a<;dama^ tàon6 tle mes bons domestiques.

9^E ItAGÉDOINE. 71

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