‹ Une Macédoine 4 tomChapitre 8 sur 11 · NS MACEDOINE · texte numérisé non relu

NS MACEDOINE

strophe qui a prouvé le néant de la 9 gloire. L'âge d'or vient de renaître.

j) — Oh , mon cher Soulanges , quel » tableau séduisant I Vous me faites dé* » sirer la fin de notre vieux soleil. — » Point de vœux indiscrets , mon ami.

» J'ai peint la grande révolution en beau :

X». elle peut avoir des suites cruelles. Sup-* ]» posons au nouveau soleil une force » d'attraction telle' que notre globe ne » puisse y résister. Cette douce chaleur, «qui nous ranimait il ya un moment , » devient insupportable. Tout se dessè- » che , tout périt , pour être remplacé » par des animaux et des plantes d'une » organisation conforme à cette noujxvelle température. Ou si cette petite «terre, toujoura attirée, avance tou- » jours, et se colle enfin à Tétoilé briU »lante...... — Âh, méchant, vous allez

* tout brûler ensemble ! — Oui ; mai& » notre terre, en compensation des ha- » bitans qu elle a perdus , reçoit* une

l88 TJKE MACÊBOIlfE.

9 portion de ceux du soleil dont elle D fait maintenant partie. — Vous mettçz » aussi des habitans dans le feu ! — Et » pourquoi n'en aurait-il pas ? Croiriez- »vous, si jamais vous n'aviez vu de » poissons, qu'un animal peut vivre dans Dun élément mortel pour vous? N'y )» a-t-il pas une plante incombustible sur » votre planète , si aqueuse , si froide , 7> si différente en tout du soleil par son » état actuel ? Quoi , la nature aurait » placé l'amiante ici , et rien, de sembla-* jo ble dans le foyer universel ?

y> — Laissons les habitans du soleil ^> et les colonies de Salamandres qu'il » enverrait chez nous. Redonnons à no- » tre pauvre petite terre l'équilibre heu- »reux qui tout- à -l'heure y ramenait » l'âge d'or. Bappelons-y la paix^ l'abon- » dance et les amours. Que tout aime j » que tout s'unisse. Que la beauté, plus » belle encore par le plaisir, vole auy> devant de son heureux voiaqueur.

. Une MA.G£Dom£. i8g

» Que le premier des devoirs soit de » communiquer la vie, que le péril et » la crainte ont rendue si précieuse! — 3» Âh , mon ami , quel rôle l^rillant vous » joueriez sur cette terre régénérée ! — » A propos de cela , je n'ai pas répond»

;> à Sophie, et voilà dix heures !

1» Vite, vite, du papier. Ce n'est pas

Dcela. <f(S que j'écris est pauvre, insi- T» gnifîant. J'ai la tête pleine de soleils » qui s'éteignent , de planètes qui s'enb- 9 brasent , et le cœur froid comme un 3» habitant de Saturne. Couchons-nous, » Soulanges. Je répondrai demain matin ».

Le fripon ! Je l'entends dire* tout bas à Georges : <c Je suis enfin parvenu à »le distraire pendant toute une jour- » née ». Ah , vous y mettez de l'amourpropre, monsieur de Soulaiiges! Ah, ^ous caressez votre vanité 1 Demain j'aurai mon tour*

igo m

Page 1