ACTE PREMIER 4t
MADAME LIN DE
Non, Nora, il ne me reste plus qu'une vie insupportable. Personne à qui consacrer son existence! (Elle se lève inquiète.) Aussi je n'ai pas pu demeurer là-bas dans ce recoin perdu. Ici il doit être plus facile de ^'absorber dans uni^ occupation, de se distraire de ses pensées. Si j'étais as$ez heureuse pour trouver une place, un triavail de bureau...
NORA
Tu penses à cela? C^est si fatigant, toi qui a besoin de te reposer I Tu ferais mieux d'aller prendre une saison de b^ins.
MADAME LINDE, en s'approcbant de la fenêtre.
Je n'ajj pasi un papa qui riie paie le voyage.
NORA, se levant.
Allons t tu es de mauvaise humeur.
MADAME LINDE
C'est à toi à ne pas m'^p vouloir, ma chère Nora. Le pire dans, une situation conime la mienne c'est qu'on s'aigrit un peu... On n'a personne pour qui travailler et malgré tout il faut regarder de tous côtés pour gagner son pain I Ne faut-il pas vivre ? De la sorte on devient égoïste. Que veux-tu que je te dise ? Quand tu m'as annoncé il y a un moment votre heureux changement de fortune, je m'en suis réjouie pour moi plus que pour toi.
NORA
Et comment?... Ahl bon !,.. J'y suis, tu te seras dit que Torvald pourra t'étre utile ?
Oui, je l'ai pensé.
NORA
Et ce seray Christine. Je préparerai le terrain avec beaucoup de délicatesse, j'imaginerai quelque chose de
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gentil qui dispose bien Torvald. Oh ! j'ai tant de désir de t'étre utile.
MADAME LIN DE
Gomme je dois te remercier de tant de sollicitude, Nora! Je* dois t'en remercier doublement, toi qui connais si peu les misères et les soucis de la vie
NORA
Moi... tu crois cela.
MADAME LIN DE, en souriant.
Mon Dieu ! Des travaux à Taiguille et d'autres babio-. les de ce genre! Tu e5ixnc«nfant, Nora.
NORA, secouant la tcte et tniiuiwtia sc^e*
N'en parles pas si légèrement.
MADAME LIN DE
Oui.
Tu es comme les autres. Tous vous croyez que je ne suis capable de rien de sérieux...
MADAME LINDE
Allons 1 allons... '
NORA
Que je n'ai aucune idée des difficultés de la vie^
MADAME LINDE
Mais, ma chère Nora, tu viens de me raconter tous tes embarras.
NORA
Bahf... Ces bagatelles!... (Avoixbat.se.) Je né t'ai pas conte le principal.
MADAME LINDE
Que dis-tu ?
NORA
Tu me regardes du haut de ta grandeur, Christine,
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