‹ Une maitresse de Louis XIII (volume 2)Chapitre 40 sur 52 · UN COMPLOT · texte numérisé non relu

UN COMPLOT

parjure , ambitieuse , pour la vendre , pour la jeter aux baisers du roi ! Maintenant ils la font conspiratrice , et vont la livrer peut-être au couteau du cardinal.

Et cependant Louise ignore même l'existence de cette conspiration à laquelle elle prend part. Afin de sceller sa réconciliation avec Anne d'Autriche, et n'écoutant que le mouvement de son cœur, elle a plaidé auprès du roi la cause d'une épouse et d'une mère ; elle a élevé la voix contre le ministre , non dans l'espoir de le renverser, mais pour justifier ses nobles cliens des accusations portées contre eux par le cardinal . Dans la crainte d'éveiller les soupçons, ses relations avec la reine n'ont été qu'indirectes. Le père Caussin s'est fait leur intermédiaire : il a donné les instructions , il a recueilli les résultats. Et lorsque Louise au confessionnal s'agenouillait devant lui, croyait -elle donc se trouver là au milieu de conjurés? Non. Et pourtant elle-même , à l'instant , venait de donner le signal qui devait faire éclater le complot !

En quittant l'église , la comtesse avait secoué facilement toutes ces idées étrangères à sa nature , pour en revenir à sa méditation habituelle : elle songeait à Lesueur, et en y songeant elle se sentait heureuse ! Depuis leur entrevue à Nanterre , le souvenir seul l'avait entretenue de l'artiste. Mais elle allait le revoir avant peu, et remplir enfin les engagemens contractés envers lui.

Ce qui l'avait retenue jusque-là, c'était le besoin d'une confidente, dont la présence pût protéger sa démarche ; et cette confidente , cette compagne , elle venait de la rencontrer enfin. Se réjouissant d'avance de la douce surprisé qu'allait bientôt éprouver le jeune peintre, Louise rentrait dans son appartement du château vieux , qu'elle avait quitté par une porte secrète, tandis qu'on la croyait reposant, quand une femme l'accoste à la descente de sa chaise.

— Vous êtes madame la comtesse de Marillac? dit cette femme, en s'avançant brusquement au-devant de Louise , comme pour lui barrer le passage, et la forcer de l'entendre.

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