‹ Une maitresse de Louis XIII (volume 3)Chapitre 37 sur 51 · IJ!V BOUQUET · texte numérisé non relu

IJ!V BOUQUET

— Concevez - vous , chevalier, combien je suis heureux ;, et ce que cette fête de l'Hôtelde-Yille peut avoir de charmes pour moi ! Une nuit entière, je pourrai la voir, m'approcher d'elle , même sans redouter sa tante , m'isoler avec elle de la foule, car le masque autorise toutj il rend plus hardi; aussi, je me masquerai s'il le faut, et je lui peindrai mon amour, tel que je le sens !

— Oui , tu es heureux, lui répondit Marillac d'un ton réfléchi. Tu as de l'amour en tête! c'est une folie , mais qu'importe ! Ton passé ne t'a point enchevêtré dans des liens plus forts que ta volonté^^ venir t'appartient , et le bonheur auquel ïïï ne saurais atteindre , tu peux le rêver du moins I

Après avoir passé sa main sur son front, il quitta le siège sur lequel il était resté jusquelà , et, avec un geste d'impatience , se promena à grands pas dans sa chambre.

— Qu'avez- vous , mon ami ? lui dit Lesueur, en prenant tout à coup un air de figure plus

conforme à celui de Marillac. Pardon, si je suis venu vous entretenir de ce qui fait ma joie, dans un moment où votre cœur est navré peutêtre. Que vous est-il donc arrivé?

— A moi? rien. Toujours la même chose. C'est un nuage qui passe , lui dit le chevalier, en essayant de retrouver son ton accoutumé d'insouciance. Je vais demain à la cour, voilà tout!

— A la cour ?

— Oui, je vais voir le roi !

— Il n'y a là , répondit Lesueur , que de quoi s'enorgueillir ; je le verrai bientôt aussi , je l'espère ! ^^

— Mais toi ce n'est pas foi^ment que tu dois le voir ! s'écria Marillac , en se rejetant dans son fauteuil dont ses deux mains étreignent les supports à les faire rompre. — Moi, c'est par ordre ! pour moi , c'est une obligation , un acte de soumission et de servitude ! Depuis hier , le cardinal est de retour de l'armée. Demain, il me faut aller au Louvre saluer les bourreaux de ma famille , qui ne me regarderont point

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