‹ Une maîtresse de Louis XIIIChapitre 28 sur 61 · I.E >IAIU DE Î.A FAVORITE. W · texte numérisé non relu

I.E >IAIU DE Î.A FAVORITE. W

princesse Éliseniie au grand Amadis des Gaules: « Ah ! nous y voilà donc arrivé enfin ! ».

Marillac sortit de chez elle tout à fait découragé.

Il se tourna alors vers d'autres idées de distraction, idées plus nobles, plus généreuses, puisées cette fois dans les hautes régions de son caractère, et non dans sa partie terrestre et vicieuse. 11 songea à se rouvrir la carrière des armes, t Si la faveur du roi peut nie valoir un commandement, se dit-il, peut-être, au milieu de mes anciens compagnons de guerre, retrou verai-je ce calme que je cherche ; puis on ne viendra point sans cesse me parler de ma femme dans les camps. »

Une espérance bien douce lui rendit plus désirable encore la réalisation de ce nouveau projet. 11 rêva la gloire; il la vit rejaillir sur Louise, et pensa qu'elle ne pourrait mépriser entièrement celui qui aurait su illustrer le nom porté par elle.

On se battait alors eu Italie, et môme en France, où quelques places de la frontière picarde étaient entre les mains des Espagnols. Il fit sa demande.

Par malheur pour lui, la présence du mari à la cour, seule y autorisait celle de la femme. Le roi lui refusa remploi qu'il ambitionnait, et crut l'en dédommager assez amplement en lui annonçant que dès ce jour il était au nombre de ses quatre premiers gentilshommes, par quartier.

Commandant de vénerie, comte, premier gentilhomme ! n'en était-ce point assez pour satisfaire le plus ambitieux? Marillac commence à s'épouvanter de la rapidité de son ascension : elle attire sur lui les regards de l'envie, toujours clairvoyante, et il en vient à taxer le roi de maladresse et de manque de savoir-faire.

D'un autre côté, n'a-t-il pas à craindre d'y voir un indice de la soumission de Louise aux tendres volontés de son rival ?Peut être, par ces nombreuses faveurs, celui-ci s'acquitte-t-il seulement des faveurs plus douces qu'il reçoit.

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«i Kl pourtant Louise était si pure, le roi si timide et si peu exigeant ! lui qui laissa toujours ses maîtresses les plus honnêtes filles de la cour ! N'importe, depuis la naissance du Dauphin, c'est un homme sur lequel on ne peut plus complet-, se dit Marillac ; si jamais je suis fait duc, je suis perdu! . . . Mais, se dit encore le malheureux époux, si elle n'est que favorite et non maîtresse, elle peut de son plein gré me revenir un jour ; celle-là, il n'osera pas la faire religieuse peutêtre! Un pardon que je demanderai à genoux, et le passé sera effacé. Elle ne pense plus à Lesueur, si jamais elle y a pensé; elle ne peut aimer le roi: elle m'aimera! *

liés lors il cesse de lutter contre le penchant qui l'entraîne vers Louise. Qu'y pourrait-il ? Sa frénésie du jeu, son bon vouloir d'aimer ailleurs, ses tentatives de gloire, tout a été vain. U s'abandonne à cet amour, le premier, le seul qu'il ait jamais ressenti, le laissant grandir et se développer dans sou âme, et l'y tenant en réserve comme l'espérance d'un avenir de bonheur !

On eût dit vraiment qu a cette époque de l'année, à l'approche du mois de mai, une fiévreuse épidémie d'amour s'était jetée sur celte partie du château occupée par les pelits appartements du roi et par ceux du comte et delà comtesse de M rillac.

Solitaire, consumée de regrets, Louise passait les jours renfermée dans cotte unique pensée donnée à Lesueur; Louis XIII et Marillac, tous deux, avec un redoublement de passion, ne s'occupaient que de Louise. L'un, à peine remis de l'agitation qu'il avait éprouvée dans sa scène avec elle, méditait d'en venir à ses fins, sans toutefois compromettre sa santé par des émotions trop vives; l'autre venait de s'imposer une double tâche qu'il se promettait de poursuivre avec constance et résignation.

C'était d'abord de se justifier auprès de sa femme, autant qu'il lui serait possible de le faire, de tous les torts qu'elle lui imputait, comptant pour cela beaucoup plus sur les

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