‹ Une maîtresse de NapoléonChapitre 24 sur 44 · LE DUEL DRAMATIQUE ET SES CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

LE DUEL DRAMATIQUE ET SES CONSÉQUENCES

Tandis que le Consulat nouait l'intrigue amoureuse à Saint-Gloud, et que l'Empire la dénouait aux Tuileries, le duel dramatique entre George et Duchesnois se continuait à la Comédie-Française. Depuis le 28 novembre, soir des débuts, il n'avait rien abdiqué de sa violence. Il s'était, au contraire, exaspéré, mêlant aux conceptions et aux orgueils artistiques, des prétentions plus bassement humaines. En effet, si George n'avait pas, dès le premier soir, triomphé complètement et sans réplique de sa rivale, du moins avait-elle obtenu sur elle une double victoire amoureuse.

On sait qu'un soir Napoléon s'était aperçu que Duchesnois mettait quelque flamme dans son jeu. Il y reconnut, en cet instant, comme l'éclair même de la tragédie. Le soir Duchesnois fut appelé aux

Tuileries. Elle vint. L'Empereur était au travail. A Constant, ayant gratté à la porte, il jeta :

— Qu'elle attende !

Elle attendit, une heure, deux heures. Constant, ne parvenant plus à calmer son inquiète impatience, prit le parti de retourner au cabinet du maître. Derrière Thuis, la voix nerveuse répondit :

— Qu'elle se déshabille !

Elle se déshabilla. La pièce était froide. Aux vitres grelottait la bise hivernale. Une nouvelle heure se passa. La tragédienne, nue, grelottait.

Page 1