‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 120 sur 145 · Alfred Asseline, Victor Hugo intime...; p · texte numérisé non relu

Alfred Asseline, Victor Hugo intime...; p

fiancé avec cette délicate Eniily de Patron, qui mourut peu de temps après et sur la tombe de laquelle Victor Hugo prononça un si émouvant discours, mais les autres? 11 est vrai qu'ils se pouvaient distraire en tentant d'aller surprendre les demoiselles de Guernesey au bain. Quelquesunes se baignaient, à l'abri des rochers, dans un costume charmant, nul et primitif, car à Guernesey, de l'établissement de bains mieux valait ne point parler ; « ni costumes, ni caleçons, ni peignoirs, ni serviettes, ni baquet d'eau chaude. » C'est pourquoi « on se baignait absolument nu (les hommes du moins), et on se séchait avec son mouchoir de poche \ » Ces spectacles, naguère, avaient charmé le poète. 11 en avait noté en août 1837, à Ostende, la sensation de neuve beauté dans une lettre à sa femme :

Vers midi, écrivait-il, comme il faisait beau, on se baignait quand j étais sur la levée. Les hommes et les femmes se baignaient pêle-mêle, les hommes en caleçon, les femmes en peignoir. Ce peignoir est une simple chemise d'étoffe de laine fort légère qui descend jusqu'à la cheville, mais qui, mouillée, est fort collante, et que la vague relève souvent. Il y avait une jeune femme qui était fort belle ainsi, trop belle peut-être. Par moments, c'était comme une de ces statues antiques de bronze avec une tunique à petits plis. Ainsi entourée d'écume, cette belle créature était tout à fait mythologique^.

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