Journal des Concourt... ; tome I, p. 15i
malveillance, et il ne faut pas s'en étonner : par la nature même de leur talent, les Goncourt devaient juger Victor Hugo ridicule, et, à plus forte raison, son entourage. A ce ridicule, ils prirent même soin d'ajouter une pointe de crapule. Ainsi, contant la visite qu'ils lui firent le jeudi 28 mars 1871, à l'appartement du 66 de la rue de La Rochefoucauld, où, depuis le 3 février 1871, il s'était installé, ils prennent grand soin de pousser le tableau au vif. Hugo était à table, il se dérangea pour les recevoir, quand, au milieu de la conversation, eut lieu (disent les Goncourt), dans le salon, « une irruption de femmes un peu dépeignées, un peu allumées par le vin d'un cru périgourdin, qu'on vient de baptiser le vin de Victor Hugo, une véritable invasion de bacchantes bourgeoises ^ » Ingénieuse paraphrase de 1'
Homère assidu de la fille de joie!
On n'entreprendra pas ces faciles réfutations. Il suffira de montrer Hugo et Juliette dans l'intimité de leurs dernières années pour faire juger de l'authenticité des notes des Goncourt. L'appartement où ils situent la dernière ne fut occupé que peu de temps par le Poète. Bientôt il choisissait son nouveau gîte n'^ 21, rue de Glichy, où le troi-