INTRODUCTION XXV
M. Pierre Lasserre. Hormis les documents de son livre, rien à retenir de lui.
Ce sont là les principales sources dont le biographe dispose, car, de celle de M. Tristan Legay, par exemple, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est parfaitement insignifiante ^ On voit quel travail de revision critique doit présider à leur utilisation. Quant au reste, aux autres historiens, témoins d'une heure ou d'une journée, leur apport peu considérable permet de dispenser le lecteur de leur examen, même sommaire. C'est le graA ier, la pierraille à jeter dans le mortier pour façonner un livre. On doit cependant accueillir ces menus témoignages, car, par petites touches, ils achèvent de fixer, autant que faire se peut aujourd'hui, la psychologie d'un roman d'amour qui dura un demisiècle. Grâce à eux, la figure d'un Hugo humain peut être restituée à la biographie, dégagée de ce dont on l'a masquée, par une aveugle, béate et ignorante adoration. Mieux connu dans son privé, le poète trouvera son œuvre plus logiquement comprise. On la verra, en certaines parties, faite de sa chair vivante et de son sang élancé, de ses cris, de ses tourments, de ses jalousies comme de ses
1. Tristan Legay, Les ajuours de Victor Hugo; Paris, 1901, in-18.