A. J. Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues...', pp. ii, m
2. Eugène de Mirecourt, Les Contemporains, hommes de lettres, publicistes, etc., etc.; Sainte-Beuve ; Paris, 1855, in-32, p. 33.
UN TRISTE ET PACVP.E AMANT : SAINTE-BEUYE 2d
physique crun individu. Voyons d'abord quel était le sien. Etait-il beau?
Sans doute, comme le dit excellemment le fidèle et obstiné M. Jules Troubat, dernier secrétaire de Sainte-Beuve, sans doute « il est un peu puéril d'avoir à discuter sur la beauté d'un homme ^ » Comme le bon M. Troubat a raison ! Mais le moyen, sïl vous plaît, de ne pas examiner si « le lyrisme et les coquetteries de la rime ont leurs entraînements ^ » quand cet homme écrit à la femme qu'il aime :
Mon visage assidu, délices de tes yeux^I
N'avons-nous pas dès lors, par la même occasion, le droit de juger du bon goût de Mme Victor Hugo et de rechercher en quoi l'assiduité du visage de Sainte-Beuve, pour mal parler comme lui, pouvait lui procurer les délices précités? Pour en écrire nous ne ferons pas appel aux ennemis de l'auteur de Port-Royal, à Alphonse Karr, par exemple, qui a écrit qu'il était laid « non pas comme tout le monde, mais d'une laideur pauvre, avec une poi-
1. Jules Troubat, Sainte-Beuve intime et familier; Paris, 1^03, in-8, p. 12.
2. Georges Rodenbach, Le ménage de Victor Hugo ; Le Figaro, 28 décembre 1896.
3. G. -A. Sainte-Beuve, de l'Académie française, Livre d'amour, préface par Jules Troubat; Paris, MC MVI, in-18, pièce VIII, Récit à Adèle, p. 56.
gnée de cheveux jaunâtres et l'un de ces regards en dessous et fuyants qu'on acquiert à cette époque de la vie où le dedans vient faire son empreinte au dehors. » De même nous négligerons les critiques, même indulgents^, pour ne demander des témoignages qu'aux amis. C'est d'abord Sainte- Beuve, lui-même, qui nous dira qu'il avait
... Le front trop dé fleuri^.
Moins poétiquement, les deux secrétaires confirment le dire, Pons, en parlant du crâne « luisant et pelé^ » de son patron, M. Troubat en écrivant : « Il avait le crâne absolument chauve et luisant*. » Il portait donc calotte, calotte « à laquelle il donnait toutes les inflexions de sa pensée, » a cru pouvoir écrire, par une image hardie, M. Jules Troubat ^ Voilà le dire des secrétaires. Celui des amis le complète. Just Ollivier, son intime Suisse, le confident qu'il eut à Lausanne pendant le cours dont
1. « Il avait la laideur médiocre » — . Sainte-Beuve, Causeries du lundi; portraits littéraiires et portraits de femmes ; extraits publiés avec une introduction, par Gustave Lanson ; Paris, 1900, in-l8, p. XIII. — « Un hideux personnage au faciès marqué de petite vérole. » Tristan Leg-ay, Les amours de Victor Hugo...; p. 77.
2. G, -A. Sainte-Beuve, Livre d'amour...; pièce XV, Qui suis-je... ; p. 103.