‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 28 sur 145 · A.-J, Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues...; p · texte numérisé non relu

A.-J, Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues...; p

4. Maurice Tourneux, Les portraits de Sainte-Beuve ; Le Livre d'or de Sainte-Beuve, publié à Voccasion du centenaire de sa naissance, 1804-1904; Paris, 1904, in-4, p. 331.

aisément pour le portrait d'un parfait candidat au gâtisme. Nous avons ensuite le médaillon de Sainte- Beuve à vingt-quatre ans, par David (d'Angers). Le génie de l'exécution, sobre et vigoureuse, à part,, il est aussi insignifiant que le buste de Denjs Puech^ qui encombre et déslionore les nobles parterres du royal Luxembourg. Mais où on retrouve l'homme tout entier, c'est dans le croquis de Heim, daté de 1856. En costume d'académicien, les mains jointessur le ventre, l'auteur du Livide d\Amour est accroupi dans un fauteuil, coitïe de sa calotte, le nez pointu, le regard trouble, avec une pointe de malice, aggravée d'on ne sait quelle crapulerie, c'est le mot, dans la photographie de Bertall. Gela n'a rien de la bonhomie qu'on imaginerait d'après le crayon d'Eugène Giraud, dans les Soirées du Louvre, de l'air de naïve malice piqué aux yeux de la charge. Bien plus cruellement apparaissent les caractères distinctifs et significatifs de ces diversesimages, dans la photographie prise en 1859, à Aix-en-Savoie, par M. de Solms.

« Image que chacun s'accordait à trouver parlante, » a dit M. Maurice Tourneux'. Elle n'est guère faite pour flatter le personnage. Débraillé, la cravate lâche, la calotte sur le coin de l'œil, il s'étale dans un paysage rococo, sur une chaise de

1. Maurice Tourneux^ Les portraits de Sainte-Beuve ; Le Livre d'or de Sainte-Beuve.., ; p. 335.

fer, devant une fausse grotte. Le visage, gras et mou, sue une béatitude vicieuse, et, impossible de croire que l'homme ainsi épanoui dans son négligé cynique n'ait point eu dans Tâme quelque chose du liel que respire son image. Mais Famé, c'est sur ses actes que nous la jugerons. Si elle se targuait de pureté et de propreté, ce n'est certes pas qu'elle se fut modelée sur la pureté et la propreté physiques de Sainte-Beuve. Ses photographies ne donnent qu'un aspect de son débraillé. « Il était le contraire d'un gentleman au point de vue de la toilette, a écrit un contemporain. Ses pantalons étaient ou trop longs ou trop larges, et ses redingotes venaient évidemment de la confection, voire même de la confection à bas prix\ » Sa mère disait à Mme Desbordes-Valmore : « Il n'a jamais de chaussettes 2 ! )) Chez lui, il était, dit Lorédan Larchey, « en jaquette flottante et en caleçon ^ » Enfin, son ami Pavie déclarait : « Quand il est en tenue, notre ami ressemble un peu trop à un instituteur primaire ou à un notaire de campagne*. » C'est le

1. Georges d'Heylli (Edmond Poinsot), La Fille de George Sand; lettres inédites publiées et commentées; Paris, 1900, in-18, p. 104.

2. Maurice Tourneux, La Bibliothèque de Sainte-Beuve, Le Livre d'or de Sainte-Beuve... ; p. 343.

3. Maurice Tourneux, Les portraits de Sainte-Beuve; Le Livre d'or de Sainte-Beuve...; p. 333... ; tome II, p. 61.

4. Lettre de Théodore Pavie à son frère; Paris,... 1844. — Edmond Biré, Victor Hugo après 1830.

même Pavie qui nous renseigne sur les infirmités physiques de l'homme. En 1844, il le rencontra, faisant ses visites académiques. « Il précédait à pied un cabriolet de remise auquel il signalait la route à suivre, tandis que lui-même s'arrêtait à toutes les bornes,

Comme fait un toutou qu'on lâche le matin.

C'était ce cher Delorme en visite d'académicien ^ » Pons nous a donné des détails complémentaires. Ainsi^ sous le second Empire, la princesse Mathilde le décida, non sans peine, à venir à la cour, à Compiègne. « Son hésitation, nous dit Pons, provenait de la rétention d'urine dont il souffrait et de la crainte de ne pas y trouver les commodités nécessaires pour y p..... à l'aise. La princesse daigna le rassurer-. » Elle daigna aussi s'en souvenir, car, en 1869, s'étant brouillée avec lui, elle lui dit crûment, à la housarde : « Qu'ètes-vous? Un vieillard impotent. Vous ne pouvez seulement pas vous serA^ir dans vos besoins M » C'est ainsi que devient transparente et lumineuse la métaphore du secrétaire indiscret : « Il ne pouvait plus guère caresser que du regard et de la main les beautés

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