‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 4 sur 145 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

manifesté cette peur des mots qui est un des traits du caractère français : personne n'a osé rappeler comment et pourquoi le véritable Victor Hugo amoureux c'est l'amant de Juliette Drouet K » De ce silence nous avons déjà donné une raison. Il en est d'ailleurs de multiples. Un des familiers du poète à ses dernières années, ce touchant, charmant et médiocre François Coppée, a avoué, sans ambages : « Si, par hasard, j'avais pu surprendre en lui quelques faiblesses, je devrais aujourd'hui, et comme Français et comme poète, les couvrir du manteau que les fils de Noé jetèrent respectueusement sur la nudité de leur père, en une circonstance que la Bible a rendue suffisamment fameuse-. » Sans doute, Victor Hugo a lui-même fait dire par un de ses personnages :

Ah! quand un vieillard aime^ il le faut épargner î

Mais, est-ce l'accabler que de montrer cet amant aux plus radieuses années de sa jeunesse et de sa gloire, homme avant d'être dieU;, humain

1. Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet; La Contemporaine, 25 février 1902, p. 157.

2. Sur les relations de François Coppée avec Victor Hugo, voyez Jean Monval, Victor Hugo et François Coppée, d'après seize lettres inédites de Victor Hugo à François Coppée (1867i882) ; Revue hebdomadaire, 4 juin 1910, p. 84 et suiv.

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