‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 30 sur 145 · A -J. Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues... ; p · texte numérisé non relu

A -J. Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues... ; p

Sainte-Beuvji.

(D après une photographie).

tique moderne ^ c'est à la dernière qu'on doit s'arrêter et de préférence à « Tascétique libidineux » stigmatisé par Alphonse Karr dans le Livre de bord. Des femmes qu'il connut, il convient de faire deux catégories. Celles du monde, et les autres. Il amusa les premières par son esprit et s'en tint, avec elles, aux bagatelles des environs. <i Sainte-Beuve, écrit son dernier biographe, en dépit de sa laideur proverbiale, eut autant de succès auprès des- femmes du monde que s'il avait eu sur les épaules la tête olympienne de René^ » Quoi d'étrange à cela? On a bien vu des princesses aimer des tziganes et des marquises décamper avec des dompteurs. Les succès de Sainte-Beuve étaient, auprès de ses partenaires de haut vol, d'une autre qualité. Dans le Zz y re d'amour, écrit à la force de l'âge, il disait déjà :

Moi, vois-tu {ne ris pas, le mot est sérieux) Adèle, à mon midi, déjà je me sens vieux^.

Et il se plaignait des « lenteurs de sa sève. »

1. G. Michaut, maître de conférences à l'Université de Paris, Sainte-Beuve amoureux et poète; études sur « le Livre d'amour » de Sainte-Beuve, d'après des documents inédits; Paris, s. d. [1910], in-8, p. 83.

2. Léon Séché, Muses romantiques : Hortense Allart de Méritens dans ses rapports avec Chateaubriand, Béranger, Lamennais, Sainte-Beuve, G. Sand, Mme d'Agoult; documents inédits; Paris, MCMVIII, in-18.

3. G. -A. Sainte-Beuve, Livre d'amour...; pièce VIII, Récit à Adèle; p. 58.

Tenta-t-il jamais d'en expérimenter la vigueur sur les grandes dames de ses relations? II ne paraît pas ; en tout cas il est certain qu'il ne s'en tint qu'aux préliminaires avec Mme d'Arbouville, la femme du général, petite-fille de Mme d'Houdetot, qui mourut d'un cancer au sein, le 22 mars 1850. C'est donc par ailleurs qu'il eut à exercer les « libertés » de sa a complexion amoureuse'. » Comment? Où?' C'est là le point sur lequel Pons n'a pas été ménager d'éclaircissements. Ces confidences, Sainte- Beuve les prévit-il? Peut-être. Mais certainement il s'attendait à la publicité de certaines anecdotes graveleuses et exactes. « Si vous vivez longtemps après moi, disait-il à ses secrétaires, vous en entendrez de belles et de bonnes 2. » Hé!' mais, lesdits secrétaires n'avaient-ils pas vu les « belles » et ne connaissaient-ils point parfaitement les (( bonnes? » A leur publicité, répétons-le, Pons a tâclié avec zèle, au grand déplaisir de son confrère et successeur M. Jules Troubat. « Pons et Troubat, soit dit en passant, ne me paraissent pas, d'ailleurs, avoir été les deux meilleurs amis du monde. Ces deux disciples n'ont pas eu la même manière d'envisager leur maître. Pons trouve excellent de mettre en lumière ce que Trou-

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