‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 5 sur 145 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

à la veille de devenir surhurmain? Sans doute, alors, ce n'est plus le Jupiter tonnant qu'on imagine, entouré des éclairs de la tempête des Châtiments^ debout, solitaire, sur le roc sacré de l'exil, c'est tout au plus Jupiter étonnant, entrevu dans l'intimité; mais combien plus précieux ainsi pour l'étude de sa psychologie! Lui-même s'en fût-il offensé ? S'il est quelque peu vain de torturer les textes de leurs œuvres pour faire parler les morts, on peut, tout au moins, en appeler à ceux-là qui ont vécu dans leur intimité et ont été, quelquefois, dépositaires de leurs pensées sur ce délicat sujet. C'est ainsi que le cousin germain du Maître, Alfred Asseline^, n'a pas récusé, au nom de Victor Hugo, la publicité possible de sa liaison avec Juliette. (( Dans l'état de nos mœurs, dit-il, il est admis que les hommes supérieurs ont le privilège d'imposer à ce qu'on appelle le monde, à la société dont ils sont le charme et l'honneur, une amie, — Famie, — la femme qu'il leur a plu de choisir, comme le témoin voilé de leurs travaux, celle qui, légitime ou non, se tient dans l'ombre, confidente discrète du génie, au moment où ses rayons s'allument. Ce n'est pas la vulgaire Egérie, c'est l'âme

1. La belle-mère de Victor Hugo était née Anne-Victoire Asseline. Alfred Asseline était le fils d'un de ses frères.

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