‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 50 sur 145 · Tristan Legay, Les amours de Victor Hugo...; p · texte numérisé non relu

Tristan Legay, Les amours de Victor Hugo...; p

4. Lettre d'Alexandre Dumas fils à M. G. Lemaître; Puys, près Dieppe, 28 décembre 1895. — Edmond Biré, Sainte- Beuve, Chateaubriand et Victor Hugo; Gazette de France, 3 février 1892. — G. Michaut, Sainte-Beuve amoureux et poète... ; p. 299.

5. Ant.-Alex. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes; 3« édit.; Paris, 1882, in-8, tome II, vol. 1322.

142 francs, loOfrancs, 151 francs, 165 francs, 300 francs, et même jusqu'à 360 francs ^

DonC;, de son aveu, depuis six ans, ses relations amoureuses avec Mme Hugo avaient cessé. Et il avait attendu six ans pour porter son coup. Il est bien vrai, ainsi qu'il l'écrivait, le 5 mars 1859^ que, dans tous les cas, il avait « la Némésis très lente et boiteuse 2. » Lentement il avait préparé et ruminé sa vengeance, descendant au rôle de ces gens, dont parle Tartuffe à Elmire, et que cite Pons :

Dont la langue indiscrète, en qui Von se confie. Déshonore V autel où leur cœur sacrifie.

S'il est bien vrai, ainsi que le certifie intrépidement M. Jules Troubat, qu'il apportait en tout « son esprit de modération et de sagesse, son rôle pondérateur ^ » on peut se demander si ce furent la modération, la sagesse et la pondération qui lui firent attendre ce laps de temps, pendant lequel, involontairement, et en l'ignorant, il allait audevant de l'application qu'on allait pouvoir lui faire de la vigoureuse et prophétique apostrophe

1. E. Lemaître, Le Livre d'amour; Sainte-Beuve et Victor Hugo...; pp. 50, 53, 72.

2. Catalogue d'autographes Noël Charavay, n° 354, février 1906; pièce n^ 56309, offerte à 20 francs. — La lettre a été, depuis, publiée in extenso dans Le Livre d'or de Sainte- Beuve... ; p. 424.

3. Jules Troubat, La salle à manger de Sainte-Beuve... ; p. 73.

de Hugo, disant, en 1821 : « Un poète malhonnête homme est un être dégradé plus bas et plus coupable qu'un malhonnête homme qui n'est pas poètes » Mais il était si peu poète, le Sainte-Beuve dn Livre d'amour! Le rimeur cédait, allègrement et volontiers, le pas en lui au vaniteux. « Après le plaisir de faire l'amour, dit sagement Pons, il n'en est pas de plus grand que d'en parler, d'en décrire les ivresses, d'en rappeler les émotions, les joies et les douleurs 2. » A cet aphorisme courant, Sainte-Beuve ne manqua point. « On n'ignore pas^ qu'il se A-antait assez facilement de ses bonnes fortunes, » dit M. Léon Sécher Vantardise ingénue, au surplus, qui ne devait tromper personne et qu'un académicien jugeait naguère, en peu de lignes, sans appel et sans recours : « Ce vieux fat, d'une laideur invraisemblable, tenait tellement à ce que les jeunes générations fussent persuadées qu'aucune femme de son temps ne lui avait résisté, avait fini par le persuader à lui-môme parfaitement^*. » De fait, après l'avoir entendu parler de sa « langue

1. Lettre de Victor Hugo à Adèle Foucher; Paris, 29 décembre 1821. — Victor Hugo, Lettres à la Fiancée... ; p. 136.

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