A.-J, Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues... ; p. OG
Nonchalammen l , hier, la dame que tu sais^y
Comme dans le salon près d'elle je passais.
M'appela, me parla de toi, daigna te plaindre ^
De Vahandon, dit-elle, où tu te vas éteindre
Puisqu'un si noble époux par Phryné t'est ravi;
Et, d'autres s'y mêlant, ce furent à Venvi
Plaintes, compassion et touchants commentaires
Sur tes pleurs d'Ariane en tes nuits solitaires :
« — Elle veut s'en cacher, mais le mal est plus fort! »
(( — Chaque soir, quand vient l'heure où l'infidèle sort,
(( Voyez-la bien, son œil qui couve la pendule
« A l'air de demander que l'aiguille recule.
(.(. Sensible comme elle est, ce chagrin la tuera. »
« — Non. elle est douce et calme, elle s'habituera. »
« — S' habituer , Monsieur ! jeune encore, il est triste
« D'être ainsi négligée! » Et la plus belle insiste,
Prenant des airs d'égards pour ta pauvre beauté.
Et moi je me rongeais, en silence irrité^.
Et le reste du poème fait comprendre que Famant n'a plus rien à demander à la maîtresse et que tous^ deux n'ont pas attendu que le « noble époux » fût captivé par « Phryné » . Ainsi, en cherchant à prouver que la liaison avec Juliette est un motif à rapprochement entre lui, Sainte-Beuve, et Mme Hugo^ il démontre, par la même occasion, que cette liaison est postérieure à la « conjonction » de leursdeux âmes. Nous savons, par ailleurs, que c'est en 1830-1831 que se place la crise dans le ménage
1. Quelle dame? Mystère. Une dame inventée, vraisemblablement, par Sainte-Beuve pour motiver son poème.