Edmond Biré, Victor Hugo après 1S52... ; p
4. Léon Séché, Juliette Drouet...; Revue de Paris, 15 février 1903, p. 742.
qu'en ce moment même, à Guernesey, Victor Hugo scandalisait quelque peu la pudibonderie anglaise, en se baignant sur le toit d"Hauteville- House, « sans se soucier des passants qui auraient pu le voir*? » De ces baignades publiques, sa critique eût pu tirer des arguments inattendus. De quel poids, dans Fexamen d'un livre de Victor Hugo, que l'anecdote où on voit, à Jersey, des miss observer curieusement, avec des jumelles, les ébats du poète, — sans caleçon, M. Biré-! —
1. H. Wellington Wack, Le roman de Juliette et de Victor Hugo...; p. 59. — Sur ces baignades, voici le dire d'un témoin oculaire : « A onze heures, étant couvert de transpiration, tant par le feu du travail que par celui d'un poêle qui chauffait sa serre en hiver, il se mettait tout nu et s'épongeait le corps, à l'anglaise, d'une eau très froide qui était restée toute la nuit à l'air. Les personnes qui passaient dans Hauteville- Street, à ce moment-là, et qui levaient leurs yeux vers la cage de verre [le lock out, cabinet de travail de Hugo au dernier étage de la maison^, pouvaient voir la blanche apparition. Une friction énergique avec des gants de crin était le second et indispensable article de ce programme savamment réglé. » Paul Stapfer, Victor Hugo à Guernesey ; souvenirs personnels; Paris, 1905, in-18, p. 39.
2. (c On connaît la pruderie anglaise. Elle va jusqu'à nier certains mots, entre autres ceux de culotte et de pantalon, la négation du mot entraînant la négation de la chose. Si quelques Anglais se résignent à revêtir des inexpressible, c'est par une timidité condamnable, les Ecossais l'entendent bien mieux. Aussi dans les îles de la Manche, où le Cant règne et gouverne, on se croirait déshonoré si l'on portait un caleçon, même au bain. Surtout au bain. D'ailleurs on ne vend pas de caleçons à Jersey. On est réduit à se baigner dans le costume primitif que notre père Adam avait adopté — avant
dans les flots! Il paraît qu'un jour, dans ce simple appareil, Auguste Vacquerie alla leur demander rheure, ce qui le fit appeler, par les journaux de l'endroit, un « malicieux aventurier ^ »
Mais ne suffît-il point? Par ces quelques traits on a pu juger de « Fimmoralité » de Victor Hugo. Il demeure à examiner si celle, qui en fut la bénéficiaire, en était digne en quelques points. Après le poète, la femme, Famant, A^oici la maîtresse, qui vient compléter le quatuor des personnages de cette enquête .
la pomme. » — Richard Lesclide, Propos de table de Vict'jr Hugo,..; p. 2<S4. — A propos de ces bains sommaires, on trouve encore dans le curieux volume de H, -Paul Stapfer, cette indication pittoresque : « 11 y avait bien à Guernesey un vague établissement, avec des cabines dégarnies et mal closes pour se déshabiller. L'installation n'était guère moins primitive que celle du rocher à la mode de Victor Hugo : ni costumes^ ni caleçons, ni peignoirs, ni serviettes, ni baquet d'eau chaude. On se baignait absolument nu (les hommes, du moins), et on se séchait avec son moucho r de poche.... Les Anglais, avec une simplicité que j'admire, une grave et antique naïveté, ne trouvent ni ridicule, ni inconvenance dans ce spectacle naturel. » Paul Stapfcr, Victor Hugo h Guernesey... ; pp. 80, 81.