‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 70 sur 145 · Alfred Barbou, La Vie de Victor Hugo...; p · texte numérisé non relu

Alfred Barbou, La Vie de Victor Hugo...; p

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Fi'agmeiit autographe d'un poème de Victor Hugo.

La beauté de Juliette. — Lithographies qui existent d'elle. — Curieux étonnement d'un écrivain anglais. — La belle Juliette chantée par Théophile Gautier. — Sa naissance obscure. — Petite condition de ses parents. — Orpheline, elle est recueillie et placée au couvent du Petit-Picpus. — Source de la documentation de Hugo pour un chapitre des Misérables. — Juliette évite de devenir religieuse. — Du couvent à Fatelier du sculpteur. — Maîtresse de Pradier. — Elle a une fille. — Abandon et chute. — L'amant de Mlle George fait de Juliette une comédienne. — Sa carrière dramatique. — La jolie fille, les amateurs et le prince russe. — Sa rencontre avec Hugo. — C'est pour elle que le poète écrit : « Oh I n'insultez jamais une femme qui tombe!.,. » — Tombée, Hugo la relève.

Juliette avait vingt-sept ans quand elle connut Victor Hugo. Elle était alors dans l'épanouissement d'une beauté, à laquelle son Biré à elle, M. Chenay, le beau-frère de Victor Hugo, rend lui-même hommage. Elle avait l'éclat de la grâce dans la jeunesse; de la sveltesse dans l'élégance; le rayonnement d'un sourire jeune et neuf, et, dans tout le visage, quelque chose d'une candeur

étonnée qui se retrouve, charmante et délicate, dans la lithographie que Léon Noël exécuta d'elle, en 1832. Elle y apparaît les épaules largement découvertes, ces épaules que Poulet-Malassis, déclarait — alors qu'elle avait cinquante ans - — les plus belles de Paris'. Sur la pâleur de la peau tremble et tombe une longue boucle de cheveux noirs, tenue et luisante, ce qui contredit l'assurance de M. Paul Chenay, parlant des « boucles d'or d'autrefois » de Juliette-. Le doute sur la couleur n'est pas permis. M,. Richard Leschde, un ami de la maison du poète, son secrétaire, dit nettement : « Très beaux cheveux noirs ^ » M. Jules Claretie confirme le détail \ Brusquement, étant jeune encore, ces belles tresses onduleuses et ténébreuses blanchirent, et prirent « une merveilleuse couleur de neige un peu dorée^ » Le visage n'y perdit en rien de ses roses grâces et de la pureté uniforme de ses lignes. Elle demeura lidèle à la beauté de ses portraits, de ce temps, que ce soit celui de Le Genisel ou celui de Noël.

1. Richard Lesclide, Propos de table de Victor Hugo...; p. 64.

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