‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 73 sur 145 · Richard Lesclide, Propos de table de Victor Hugo · texte numérisé non relu

Richard Lesclide, Propos de table de Victor Hugo

M""= NicTOH Hugo, photographiée à Guernesev,

Guimbaud ^ ? Ou simplement pour le buste de cette statue, ainsi que le dit M. Séché-? Mystère et confusion. (( Une longue discussion, engagée dans \ Intermédiaire des chercheurs et des cuineux, semble établir^ au contraire, que la statue de Lille représente une demoiselle Vignardonne, et celle de Strasbourg, Mme Pradier^ » Et, du coup, voici Juliette sans statue. Ne peut-elle point s'en passer? Celle qu'elle doit aux poésies de Victor Hugo ne lui suffit-elle vraiment point? De ce Pradier, pauvre sire sans grand caractère, dont le violon d'Ingres était une guitare^, Juliette eut, en 1826, une fille nommée Claire, celle-là dont Hu^o, dans les Contemplations, a écrit :

Douce Claire aux yeux noirs avec des cheveux blonds

Cette naissance devait marquer la rupture du premier roman d'amour de Juliette. Pradier se sépara d'elle, lui laissant à charge la petite fille qui mourut en 1846. Au lendemain de ce déchire-

1. Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet] La Contemporaine, 10 mars 1902, p. 259.

2. Léon Séché, Etudes d'histoire romantique : Sainte- Beuve... ; tome II, p. 247.

3. Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français; '{Ceux d'hier); biographie, bibliographie, iconographie ; Genève, s. d., in-4, fasc. 55, p. 237.

4. « Le sculpteur Pradier excellait sur la guitare. » Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet; La Contemporaine, •25 février 1902, p. 165.

ment, où plongea Juliette? On ne sait trop. Pradierrecevait nombreuse compagnie dans son atelier de la rue de l'Abbaye. Fut-ce là que sa maîtresse connut Alphonse Karr, avec qui elle vécut quelque temps? G est vraisemblable, mais la supposition est fragile. Fut-ce là encore qu'elle rencontra ce picaresque et extraordinaire Harel, ancien préfet de l'Empire et amant de Mlle George, dont nous avons, par ailleurs, conté l'étonnant roman comique^? ici encore on en est réduit aux hypothèses. Ge qui demeure avéré, c'est qu'en 1829 Harel faisait débuter Juliette, dans la comédie, au théâtre de Bruxelles qu'il dirigeait alors. Peu de mois après elle revenait à Paris, toujours avec Harel, à la Porte Saint-Martin. G'était alors « une jolie fille, » fort remarquée des amateurs du beau sexe-. )) Ils eurent souventes fois l'occasion de l'admirer, à partir du 27 février 1830, où elle joua Emma, dans \ Homme du mondey d'Ancelot et de Saintine. Liée à la fortune d'Harel, elle le suivit à rOdéon, dans cette direction où il devait laisser des souvenirs dignes des meilleures pages du roman comique de la scène. Le 28 mai 1831, elle

1. Cf. notre volume : Une maîtresse de Napoléon (iW"^ George, de la Comédie-Française), d'après des documents nouveaux et des lettres inédites; avec une préface de M. Jules Claretie, de l'Académie française ; Paris, 1908, iii-8, p. 311 et suiv.

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