‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 91 sur 145 · L'ordonnance royale parut au Moniteur du 17 avril · texte numérisé non relu

L'ordonnance royale parut au Moniteur du 17 avril

3. Charles Maurice, Histoire anecdotique du théâtre...; tome II, p. 260.

4. Comte Horace de Viel-Castel^ Mémoires sur le règne de Napoléon UI...; tome I, p. 171.

personne, inviolabilité si respectée chez les pairs de France, qu'en 1847, presque surpris en flagrant délit d'assassinat de sa femme, le duc de Choiseul-Praslin ne faillit pas être saisi au corps sur-le-champ.

C'est au début de juillet 1845, que se place Taventure de Hugo. Il entretenait à cette époque des relations avec Mme Biard, née Léonie d'Aunet, femme du peintre Auguste Biard ^ Elle avait alors vingt-cinq ans et devait être une agréable personne, même à en juger sur certaines photographies qu'elle fit faire d'elle sur le tard-. A en croire M. Paul Chenay, Juliette aurait, avant le scandale, eu vent de la trahison et aurait fort crêpé les

1. Ce Biard était fort jaloux de sa femme. A la date du 24 octobre 1842, oa voit Mme Hamelin, la muscadine du Directoire, déjà sur le retour, écrire à ua de ses correspondants familiers : « La belle Biard n'est plus ma voisine, mais la vôtre. Ne faites pas de bêtises par là. Tout est grave pour elle par la frénétique jalousie de son mari. » André Gayot. Une ancienne muscadine ; Fortunée Hamelin; lettres inédites ; 1839-1 S5I ; préface de M. Emile Fag-uet, de l'Académie Française; Paris, s. d. [I911j, in-8, p. 432. — Biard, en outre, a en croire Chopin était « très laid >■> et c'était « un peintre d'histoire, pas trop fameux. » Souvenirs inédits de Chopin, dans Le Temps, mercredi 28 janvier 4903.

2. Arsène Houssaye, qui, avec les inexactitudes qui lui étaient familières, a raconté cet adultère, — Victor Hugo étant ApoUo, et Mme Biard, Mme Aphrodita, — a dit de cette maîtresse du poète, qu'elle avait « la grâce onduleuse et serpentante. » Arsène Houssaye, Les Confessions; souvenirs d'un demi-siècle; 1830-1880; Paris, 4885, in-8, tome I, p. 262.

beaux cheveux de la dame à un rendez-vous, où, une au moins, n'était pas attendue. C'était Mme Hugo qui disait que « les deux poules jonchèrent de débris le champ de bataille que le coq avait préalablement désertée » Peu après, au lieu d'une poule, c'était un commissaire qui se présentait passage Saint-Roch-. C'était là le lieu des ébats secrets du nouveau pair. La chambre, a-t-on dit, était sordide et d'un décor peu oriental. « Le mobilier était des plus simples; il se composait dun matelas et d'un. . . vase brisé ^ . » Certes, nous savions Hugo économe, mais non ladre à ce point. On sait d'ailleurs de quels pittoresques et précis détails les badauds, qui n'ont rien vu, entourent généralement ces sortes de graveleuses anecdotes. Ennemi du poète, sur le tard, et touché par la grâce politique et les fonds secrets du second Empire, Eugène de Mirecourt dans sa phillipique contre les Misérables^ n'eût certes pas manqué de rappeler ces savoureux détails. Or, à propos

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