CHAPITRE I
Méthode d'Hystérographie externe de M. le Professeur Fabre
Nous avons compulsé la littérature médicale depuis 1896 jusqu'à nos jours : nous n'avons point trouvé d’autres expérimentateurs qui se soient servis de la méthode de Schaeffer, et cela s'explique si l’on considère la complexité des appareils, leur volume et les difficultés de leur maniement.
Les objections faites à la méthode ont conduit M. le Professeur Fabre à chercher un autre moyen d’actionner les appareils inscripleurs.
Comme Schaeffer, c'est à travers la paroi abdominale que notre maître résolut d'inscrire la contraction utérine. M. le Professeur Fabre n'est donc pas le premier qui ail tenté l'inscription de cette contraction en utilisant la voie
AUS externe ; il n'est pas non plus le créateur d’une nouvelle méthode de transmission de pressions : à lui cependant revient l'honneur et le mérite d'avoir su appliquer à l’utérus un des dispositifs si souvent employé pour l'étude d’un muscle en contraction, celui de « l'explorateur du muscle de Marey » .
L’« hystérographe », en effet, fonctionne absolument comme un véritable explorateur du muscle. De même que Marey appliquait au niveau du biceps un bouton capable de se solidariser avec la paroi brachiale et de transmettre au moyen d'un dispositif approprié à un cylindre enregistreur les variations de pression de l'air d’un tambour, variations de pression dues à la contraction du muscle sous-jacent, de même l'hystérographe transmet à un cylindre enregistreur au moyen d’un bouton en contact avec la paroi abdominale les variations de pression de l'air du même tambour, variations de pression dues au durcissement du muscle utérin.
Le principe des deux appareils est donc le même : le disposilif seul est différent.
Tandis que Schaeller crovait qu'il était nécessaire, pour obtenir un graphique représentant réellement la contraction utérine, de se servir d'un appareil qui dût recouvrir le muscle sur une large surface, M. le Professeur Fabre a vu qu'il suffisait qu'un point seul de la musculature utérine fût en contact avec l'appareil pour obtenir ce r'ésultat.
Or la contraction utérine est un véritable péristallisme. Si les auteurs sont loin d'être d'accord en ce qui concerne le lieu de naissance de la contraction, les uns, avec Spie-
gelberg, Schalz, Keiffer el Schræder admettant l'existenve
Berne de mouvements péristaltiques dirigés de haut en bas, d’autres, avec Kehrer, soutenant que ces mouvements sont antipéristalliques et débutent par le col, d'autres enfin, avec Cohnstein, estimant que lorsque l'utérus est vide les contractions vont des cornes au vagin et au contraire. du : vagin aux cornes quand il est’ plein: = tous cependant s'entendent sur la nature même de cette contraction, qui n'est qu'une onde qui nait en un point déterminé et se pro- page à tout le reste de l'organe, comme naissent et se propagent le long de l'intestin et de l'uretère les contractions de ces conduits.
Or, si la contraction ‘utérine est une onde et constitue un péristaltisme, point n’est besoin pour la recueillir d’un appareil recouvrant sur une large surface l'organe qui l'a produit : il suffit qu’un point seul de cet organe soit en contact intime avec cet appareil pour que la contraction y soit transmise. C'est ce que réalise l'hystérographe de M. le Professeur Fabre.
Cet appareil est essentiellement constitué par un ressort d'acier (R) assez résistant, dont une extrémité est fixée sur une plaque métallique (P), tandis que l’autre extrémité entre en contact avec la paroi abdominale par un bouton d’ébonite (B) interchangeable, dont le diamètre et la lorgueur varient suivant les cas. |
La plaque d'aluminium d'une épaisseur moyenne et par conséquent très légère, est fixée autour de la paroi abdominale par une ceinture (C) constituée par deux courroies à peine élastiques, qui se fixent sur les côtés de deux lamelles (L) également en aluminium. Cette disposition de la ceinture et des lamelles mobiles est destinée à augmenter la fixité de l'appareil sans rendre son application dou-
ÉTAPES loureuse, et à annihiler l'influence de la respiration ou de tout autre mouvement de la malade. Cette fixité est d’ailleurs rendue plus complète encore par l'interposition entre
Fig. 7, — Hystérographe
l'appareil et la paroi d’une lame de plomb (Pe) malléable, d'une longueur de 30 centimètres et d’une largeur de 12, fixée par 4 vis à la plaque d'aluminium, et qui se moule d'elle-même et d’une façon parfaite sur la paroi abdominale.
La pression du ressort et du bouton interchangeable qui lui est annexé peut être réglée suivant tes cas au moyen d'une vis (V) : nous verrons, en effet, que cette pression du bouton doit avoir des valeurs différentes suivant l'élat d'enbompoint de la paroi abdominale. Cette pression d’ailleurs peut être modifiée d’une autre manière: il suffit de prendre un bouton plus ou moins long, dont la longueur peut varier de 1 à 4 centimètres.
La plaque d'aluminium porte une tige fixe (TF) en acier,
NT IETR le long de laquelle se meul par l'intermédiaire de la vis (G) un tambour de Marey ordinaire (T).
Au centre de la face mobile de ce tambour est annexée une tige mobile (TM) qui permet de le mettre en communicalion avec le ressort. L'extrémité de cette tige est arrondie, formée par une tête comparable, mais en plus gros, à une tête d'épingle, qui vient s'adapter dans la rainure d'une petite griffe de métal fixée sur le ressort.
Le tambour de Marey porte un tuyau de métal (S) auquel vient s’aboucher, quand l'appareil est en place un tube de caoutchouc, interrompu sur son parcours par une soupape à pédale, et qui met ce tambour en communication avec un tambour à levier mobile sur la tige d’un pied à support. La face mobile du tambour à levier porte une petite pièce de métal, dont on peut faire varier à volonté la position par rapport à la tige mobile qui porte le style inscripteur, destiné à tracer sur le papier enduit de noir de fumée du cylindre enregistreur le graphique de la contraction. É
Les cylindres enregistreurs employés par M. le Professeur Fabre sont d’un type un peu particulier : il les à fait construire spécialement.
La contraction utérine est un phénomène qui se reproduit à intervalles assez longs, par exemple toutes les 3 ou 5 minutes : elle dure longtemps, de 20 à 60 secondes. Si l'on veut un tracé de longue durée sans que le papier ait des dimensions qui le rendent peu maniable, il est utile que la rotation du cylindre soit lente. De plus, si la vitesse de rotation est trop grande, les contractions sont représentées par des traits très lentement ascendants, et la lecture du tracé est difficile : la comparaison entre les diffé- -
PARTS rentes contractions est peu nette. M. le Professeur Fabre s’est arrèté à deux vitesses de rotation par des cylindres d'environ 10 centimètres de diamètre. Pour le cylindre rapide la vitesse est de 1 centimètre par minute, le tracé a 30 centimètres de long et dure 30 minutes. Pour l’autre cylindre un centimètre représente 6 minutes, le tracé à 30 centimètres, et le tour demande 3 heures pour être complet : c'est le cylindre lent. A ces vitesses le tracé est facile à lire de droite à gauche; cependant sur le cylindre lent les pauses des contractions sont difficiles à étudier, et :] y aurait peut-être avantage, pour simplifier la méthode et toutes les fois que les recherches peuvent être limitées à un espace de temps de 2 heures, de se servir d’un cylindre enregistreur qui donnerait un tracé de 40 centimètres de longueur, le tour complet du cylindre s’effectuant en 2 heures. Chaque centimètre correspondrait done à 3 minutes el le tracé ainsi obtenu réaliserait ainsi des conditions d'observation intermédiaires au tracé rapide (1 centimètre par 1 minute) et au tracé lent (1 centimètre par
6 minutes).
La prise du tracé peut se faire soit avec l’un des deux cylindres, soit alternativement avec l'un et l’autre, soit avec les deux simultanément ; il suffit dans ce dernier cas de mettre, par un branchement en Y, la cuvette de l’hystérographe en communication avec deux tambours de Marey inscrivant par leur style l’un sur le cylindre lent, l’autre sur le cylindre rapide. Le cylindre lent donne la marche des contractions pendant 8 heures, le cylindre rapide inscrit la courbe pendant 30 minutes consécutives où par périodes de durée variable à des moments plus ou