I. — Méthodes expérimentales
Les premiers essais faits à l’aide de ces méthodes remontent à 1882. Tandis que les uns expérimentent sur l'animal complet placé dans des conditions physiologiques normales, d’autres praliquant de véritables opérations agissent sur l'utérus mis à jour, alors que d’autres encore, n'opérant plus sur l'organe en place et dans sa totalité, sectionnent un fragment utérin qui leur sert de champ d'expérience.
Poullet utilisa bien une fois son tocographe pour étudier le travail de l'accouchement chez la vache, mais c’est surtout Frommel qui eut recours, en 1882, à la méthode gra-
Es E phique pour préciser les mouvements utérins chez l'animal fivant. |
Jastreboff (1884) se servait d'un ballon qu'il introduisait dans la cavité utérine, et dont les variations de pression élaient transmises à un tambour enregistreur.
Rein, Keiffer, Kuñdinowsk: ouvraient l'abdomen des animaux en expérience, pour étudier ensuite de visu les contractions utérines.
Rein imagina un appareil très simple, se composant d'un levier dont une extrémité était en contact, avec la paroi utérine, tandis que l’autre extrémité communiquait avec un appareil enregistreur.
‘En 1896 parut un travail de Xeiffer, relatant les résultats obtenus par cet auteur. Keiïffer opérait sur des chiennes ; il trachéotomisait, morphinisait ou curarisait ces animaux, puis après avoir fait l'ouverture de l'abdomen, il érignait la vessie en avant, faisait une section de l'ampoule rectale entre deux ligatures, de manière que les contractions de cette ampoule ne pussent être transmises à l'appareil, ce qui aurait constituté une cause d'erreur. Un myographe ordinaire, rappelant le myographe de Marey, composait l'appareil de Keiffer; cet appareil consistait en un long fil qui était fixé par un hameçon au point de bifurcation de l’utérus et qui transmettait par l'intermédiaire d'une poulie les mouvements de l'organe à une aiguille amplificatrice, elle-même en relation avec un tambour de Marey.
Kurdinowski dont l'exemple fut suivi par S£urul, erilique les méthodes dans lesquelles on laparotomise l'animal pour étudier ensuite de visu les contractions spontanées ou provoquées. Il est indéniable, dit l’auteur, que la mise à l'air extérieur de l'utérus en provoque les contractions,
re et queule refroidissement puis le désséchement consécutif de l'organe arrête au contraire son activité. £ans doufe certains auteurs ont bien essayé d'alténuer ces influences en exécutant la laparotomie avec toute la douceur et les précautions possibles pour ne pas traumatiser l'utérus; sans doute d’autres et en particulier Palm, Blumreich ont placé l'animal en expérience dans une baignoire remplie d’eau salée et portée à une température constante, pour éviter le refroidissement utérin; sans doute d’autres encore, pour remédier aux mêmes inconvénients, ont songé à réchauffer l'organe avec de l’ouate trempée dans une solution saline. Tous ces procédés, dit Kurdinowsk: n'excluent pas cependant les causes d’excitation de la contraction utérine, et les tracés ainsi obtenus ne sont pas des graphiques représentant la contraction utérine normale, mais au contraire des mouvements provoqués et par suite différents de ceux de l'utérus pendant la grossesse et les diverses phases de la puerpuéralité.
Après avoir fait celte critique, Kzurdinowski, en arrive aux conclusions suivantes : qu'il faut agir sur la surface extérieure de l'utérus, donc après laparotomie, mais qu'il est nécessaire de se placer dans des conditions telles que toutes les influences du milieu ambiant soient annihilées au maximum et ne se fassent sentir en quelque façon que ce soit sur l'organe ainsi extériorisé.
L'auteur opérait de la façon suivante : il anesthésiait au Chloral des lapines qu'il laparotomisait ensuite; écartant la paroi abdominale de ces animaux, il les introduisait dans un appareil {el que seul l'abdomen y fût enfermé, la tête et la poitrine restant en dehors ainsi que les mem-
bres inférieurs. L'appareil dont la température était main-