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ritent bien une histoire pour nous. avoir permis de parler près de deux heures sans nous interrompre, ce qui est une marque d'esprit que certains hommes n'ont pas toujours.
Que vos filles soient attentives. C’est l’histoire de Demoiselle Françoise Soupaupoat, en robe de flanelle et de Demoiselle Amorosa-Pincetta Rangévou- | deon dite Tétanlerre, en belle robe de satin, couleur de rose. Vous allez voir que je sais apprécier nos bonnes mères canadiennes qui font manger du beurre à tout le Canada et que je n'aime pas celles qui se déclassent ; celles-ci font rire d'elles par tout le monde. L'histoire s’est passée dans notre pays, et j'espère qu'il n’en arrivera jamais d'autre de cette nature. |
La famille de Mademoiselle Françoise Soupaupoat est canadienne depuis Adam, sans aucun mélange de sang étranger : c’est tout dire.
Amorosa est venü au monde en Canada, mais a fait son éducation ailleurs. ‘L'éducation de nos couvents n’est pas bonne pour ma fille ” disait un père, homme aux idées avancées au delà des limites de l'esprit. Sa fille partit sous le nom de Marie et revint .... Amorosa. Le nom est plus poëtique et rime avec Formosa qui veut dire ‘ sans paretlle.”
Demoiselle Françoise Soupaupoat était pour prendre soixante-six ans ‘le jour de Notre-Dame des Avents, à quatre heures du matin. Elle naquit le samedi, jour d’une bordée de neige où l'on n'avait
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pas vu l’heure de la porter au Saint Baptême.” Elle était maigre et de petite taille, était d’une activité
extraordinaire, se levait avant le soleil, mangeait quand elle y pensait et se couchait quand elle en avait le temps. Propre à l'excès, elle avait souvent
son balai en mains—n’en eut jamais au front. Elle
servait dans la maison des Rangévoudeon depuis
cinquante ans, était d’une honnêteté à tout épreuve,
travaillait la nuit comme le jour, ne sachant même
pas ce qu’elle gagnait. Elle ne savait qu’une caose :
sa probité et l'intérêt qu’elle prenait au bien de ses
maîtres, l’avaient rendue maitresse dans la maison
de M. Rangévoudeon, surtout depuis la mort de son
épouse, femme craignant Dieu et priant pour son
mari qui n'allait à la grand’messe que le jour de
Pâques. Elle savait bien son petit catéchisme, dont
elle lisait une partie tous les Dimanches. Elle apportait son livre de prières à l’église et allait communier aux principales fêtes de la Ste. Vierge. On la
respectait dans toute la paroisse ; on la craignait
même. Quand les jeunes gens entraient chez Mr. Rangévoudeon, 1ls ne manquaient jamais de dire à celui qui en était à sa première visite : Si Demoiselle Soupaupoat est là, fais attention à toi, si tu ne veux pas te faire mettre à la porte. Qu'il est beau d’avoir du courage et de faire de suite ce qu’on voudrait ‘ avoir fait le lendemain ! !
M. Rangévoudeon dit Tétanlerre, était canadien et avait parcouru le monde entier. Sa foi s'était