‹ Une mine produisantChapitre 12 sur 19 · ET AIR) A NET · texte numérisé non relu

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émoussée dans les voyages. [l était revenu sans fortune ; le seul bien qu'il rapporta en son pays fut de comprendre, après douze ans d'absence, que le canadien ‘est fait pour le Canada.” Un oncle mourut subitement et il lui revint 2000 piastres d’héritage. Il avait voyagé assez pour savoir que cette somrne était suffisante pour faire une fortune sur des terres nouvelles. Il prit le chemin de la forêt et réussit, en effet, profitant de toutes les chances qui se présentaient, ayant l'argent sous le pouce. Il alla à confesse pour se marier et n’y retourna plus. Chacun disait qu’il avait perdu sa religion dans ses voyages, ce. qui arrive si souvent.

Une fois riche, il voulut tirer du grand. Il pouvait lire les faits divers des journaux et savait presque signer son nom. Îl crut que c'était suffisant pour se présenter pour la chambre locale. Il fut élu à la grande surprise des vrais patriotes ; son titre d'habitant lui avait porté chance. Il fit rire de lui, étant incapable de présenter un billet d'en comprendre les mots. Quand il voyait voter les autres, il faisait comme eux, se levait avec beaucoup d’aplomb, puis s’asseyait pour demander à son voisin ce dont ïl s'agissait. Il passait le temps des discussions parlementaires à mâcher de la gomme, regardant souvent à sa montre. Il n'eut jamais d'influence en chambre, et les chemins de fer ne passèrent pas dans son comté. Les anglais qui étaient près de son siége, connaissaient la constitution du pays sur le bout de

leurs doigts, ce qui faisait un grand contraste. Il regretta bientôt sa folie, mais il était trop tard ; il s'était acheté une maison en ville, avait fait des connaissances, qui le lancèrent dans des spéculations : hasardeuses, tout en buvant à son succès. Il crut, qu'il devait boire au leur et en mourut......…...pauvre. Mou oncle Germain disait de lui : “% Quand on veut «sauter plus loin que la borne, on se casse le nez.”

Demoiselle, citons toutes ses patronnes, Amorosa, OBuilletta, Avoinia, Pinatta Rangévoudeon, dite Tétanlerre, avait dix-neuf ans, plus une figure faite comme les vôtres, un menton, une bouche, deux joues et deux yeux, sans paupière, seule circonstance qui la distinguait des autres. Toutes ces choses supposent une tête. Elle avait de grands sourcils qui montaient jusqu'aux cheveux. Son front était velu. En pays étranger, on avait peu veillé sur son éducation ; et, quoique boune dans sa jeunesse, elle était : devenue peu scrupuleuse. Elle achetait des romans d'amour où l’auteur et ceux qui les lisent rèvent en plein jour et ne peuvent dormir Fa nuit. Elle con-. naissait des noms que vous Ignorez, témoins ses patronnes, prises dans des livres qui se moquent de ce que les Canadiens ont de plus cher.

Elle avait une boune santé, Jouait du piano deux heures sans s'arrêter, et paraissait encore moins fatiguée que ceux qui Pécoutaient. Elle faisait bien une boucle, c'était son fort, mais ne pouvait mettre une table, ne savait utiliser un morceau d’étoffe, ni

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