‹ Une mission au SénégalChapitre 24 sur 49 · ARBRES FRUITIERS · texte numérisé non relu

ARBRES FRUITIERS

Le Noir plante rarement des arbres. La papaye est le seul fruit que l'on rencontre dans presque tous les villages indi-

gènes de la colonie. L'oranger, le citronnier, le manguier, le pommier-acajou sont assez fréquents dans la Casamance où ils ont été introduits par les Portugais. En dehors des postes français et des jardins des missions catholiques, ils existent rarement dans l'intérieur.

Kola. — On rencontre quelques pieds de kolatiers dans le sud du pays de Samory. Il en existe déjà en assez grand nombre dans le Kissi et l'hinterland de la Côte d'Ivoire. La noix de kola doit devenir un des produits d'avenir en Casamance et dans les territoires de nos colonies de l'Afrique occidentale situés au sud du 12° de latitude nord. En général, on a limité son habitat à la zone comprise entre le 10^ et le 7^ degré.

Les kolas frais, très recherchés des Noirs qui les mâchent, doivent surtout leurs propriétés excitantes à la caféine qu'ils contiennent.

Outre les débouchés de plus en plus nombreux qu'ils trouvent en Europe et en Amérique, les Noirs, les Berbères et les Arabes en consommeront autant qu'on pourra leur en porter. Qu'il nous suffise de dire qu'il est entré, par la côte, au Sénégal, en 1899, ^11 -'^1 A kilos de noix de kola, estimées 1 .418. 194 francs et qu'il en est entré au Soudan une quantité au moins égale^ soit en fraude, soit en passant par nos postes. La plupart de ces noix proviennent de la République de Libéria, des Achantis, de Sierra-Léone. Une faible quantité est fournie par la Guinée française et la Côte d'Ivoire.

Le kolatier, Sterciilia acurninata Pal. Beauv., Gouro (wolof), Oro (bambara) est un arbre de la région des forêts de l'Afrique tropicale. La forme vendue en Afrique et cultivée dans la République de Libéria a les noix, tantôt d'un rouge

lie de vin, tantôt d'un blanc jaunâtre. Les deux sortes se rencontrent d'ailleurs fréquemment dans le même fruit. Il y a ordinairement dans un fruit sept noix pesant une trentaine de grammes chacune.

Nous avons vu, dans quelques villages du sud du pays de Samory, des kolatiers ayant plus de i5 mètres de hauteur et dont le tronc atteignait 2 mètres de circonférence à i mètre au-dessus du sol. Ces arbres sont partout, de la part des Noirs, l'objet d'une véritable vénération et, d'après la croyance populaire, le Bambara qui a eu l'imprudence d'en planter un doit mourir lorsque l'arbre commence à fleurir. Les vignes du Sénégal et du Soudan. — Nous ne mentionnerions point ces plantes, pas plus que la majorité des arbres fruitiers indigènes qui ne présentent actuellement aucun intérêt économique, si les vignes du Soudan n'avaient fait grand bruit, il y a une vingtaine d'années. Plusieurs viticulteurs avaient conçu l'espoir chimérique de remplacer les ceps européens, atteints par le phylloxéra, par de prétendus plants de vignes rapportés du Soudan par Lécard et mis dans le commerce par lui. Selon lui, les vignes de ces pays présentaient toutes sortes de qualités. Il n'en est malheureusement rien. D'abord il n'existe pas une véritable vigne dans l'Afrique occidentale. Th. Planchon a fait une étude consciencieuse des plantes rapportées par Lécard; les unes appartiennent au genre Ampelocissiis, les autres au genre Cissiis. Celles qui ressemblent le plus à nos vignes cultivées sont : VAmpelocissus Lecardii Planch. (qui comprend le Vitis Lecardii Lécard.) et V Ampelocissus Chantinii Planch. (qui comprend les Vitis Chantinii, V. Faidherbii, V. Hardii de Lécard). Ces fausses vignes que nous avons rencontrées fréquemment dans le haut Sénégal donnent des tiges herbacées ou sous-

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frutescentes, ordinairement couchées sur le sol. A la fin de rhivernage, elles produisent des grappes de gros raisins ayant parfois la taille d'une prune, rouges, noirâtres, à noyaux considérables, recouverts d'une mince pulpe sucrée. Il est peu probable que l'on puisse arriver soit à hybrider soit à greffer ces Ampelocissus avec les vignes proprement dites.

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