INVERTÉBRÉS
Il serait superflu de nous étendre longuement sur les invertébrés de l'Afrique occidentale; nous nous bornerons à indiquer sommairement les formes curieuses par leur aspect, par leur fréquence ou parleurs rapports avec l'homme; il convient de remarquer que les invertébrés aériens pullulent en général pendant l'hivernage, tandis qu'ils passent la saison sèche à des états larvaires ou profondément cachés.
Les myriapodes présentent quelques types intéressants et en particulier plusieurs scolopendres de grande taille plus ou moins venimeuses, des scutigères aux loïigues pattes agiles, un iule extrêmement commun dans le Baol et qui mesure plus de 20 centimètres de long; sous les écorces et sous les pierres, on trouve des glomérides qui se roulent en boule dès qu'ils sont menacés.
Les arachnides nous offrent deux scorpions, l'un de couleur noire et qui peut atteindre i5 centimètres et plus, l'autre beaucoup plus petit, 5 centimètres environ, est de nuance
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jaune claire-, il est au moins aussi redoutable que le grand scorpion noir. En Casamance, on rencontre aussi des chélifères ou des pseudo-scorpionides voisins, enfin une multitude d'araignées de toute taille et de toute forme.
Les crustacés sont représentés à la côte par une série de crabes et par le homard qui atteint parfois une belle taille, enfin par des balanes et des bernards l'ermite. Dans les marigots voisins de la côte, on trouve une multitude de crabes fouisseurs, et certaines espèces terrestres ou d'eau douce se rencontrent jusque dans le Niger : ajoutons qu'à Kayes, on trouve des écrevisses et que dans tout le bas Sénégal, particulièrement à Podor et à Dagana, on pêche une crevette assez estimable.
Les insectes sont nombreux et parfois très brillants; parmi les coléoptères, nous citerons Vheliocopris ou scarabé géant, le scarabé sacré et le scarabé cornu, puis une petite forme mordorée à reflets rouges, \t gymnopleiirum fulgidiim. Plusieurs oryctes dont le mâle possède une longue corne médiane sur le front, puis des cétoines, cetonia interrupta, cetonia castanea, cette dernière particulièrement abondante en Casamance sur les fleurs du mangotier. De superbes buprestes aux couleurs vives tels que stenocera castanea, grande forme jaune dont le thorax porte une multitude de ponctuations jaune clair, le stenocera interrupta qui est d'un beau noir brillant avec des lignes blanches interrompues sur le bord des élytres, et un pointillé blanc sur le thorax, le steraspis speciosa, d'un beau vert métallique.
Les élatérides sont représentés par des sphenoptera vulgairement appelés marteaux. Parmi les ténébrionides, nous trouvons le pimelia senegalensis gros insecte à Tabdomen globuleux, aux élytres costulées et revêtues d'une pubescence blan-
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che; ils sont très abondants dans les terrains sablonneux : le mac7^opoda variolajHsj un peu plus petit et plus élancé, présente un grand nombre de tubercules saillants sur les élytres.
Comme longicornes, on peut citer le batocera rubus, dont le thorax est flanqué de deux pointes, plusieurs saperda, Varomia albîrostris , dont tout le corps est d'un beau bleu d'acier, le ceroplesis œthiopa aux élytres noir et orange. Les curculionides nous offrent divers charançons qui pullulent dans les vieilles provisions de mil ou de riz, et des calandres : plusieurs de ces insectes et particulièrement le rhjnchophorus palmariim atteignent de grandes dimensions; la larve de ce dernier n'est autre chose que le ver palmiste.
La tribu des coccinellides est assez bien représentée.
Enfin de curieux coléoptères aux élytres foliacées et membraneuses se rencontrent en Casamance; ce sont les If eus aux ailes brun jaunâtre bordées de noir.
Les hémiptères, assez rares au Sénégal, sont très nombreux en Casamance : ce sont des punaises de taille, de forme et de couleur variable : la plus grande de toutes est le belostoma niloticumy qui atteint 6 centimètres de long : c'est une espèce aquatique appartenant à la famille des népidés. Les pentatomides sont des punaises au corps bombé, dont le thorax est prolongé vers l'arrière par un bouclier qui recouvre tout ou partie de Tabdomen, et qui présente des colorations assez variées, en sorte que ces insectes ressemblent à première vue à des coléoptères : telle est la scutellaria signata fort abondante sur les fleurs, et qui présente de brillantes couleurs rouge, vert et or avec reflets métalliques*, d'un aspect tout différent sont les anisocelis au corps allongé, aux élytres brunes ou noires, aux tarses étalés ou ornés d'un crochet.
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Certaines punaises sont protégées par un mimétisme très accusé, car leurs nuances brunes et grises tranchent à peine sur les écorces où elles habitent.
Les papillons sont assez nombreux pendant Thivernage, mais pendant la sécheresse on en découvre assez peu et leurs colorations sont loin d^être brillantes : nous citerons seulement Veuchromia lethe qui est un bombycide à Tabdomen rayé de bandes rouges, noires et argent; le sjnthanis est une forme voisine, mais un peu plus petite. Il convient de citer encore le bombyx Faidherbii que l'on a maintes fois tenté de cultiver pour sa soie : ces tentatives ont toujours échoué, car le cocon est de très mauvaise qualité. On trouve souvent au Soudan une autre variété de soie que les indigènes appellent tomboiifourcou et qui se rencontre par grandes masses, car les chenilles qui la produisent intriquent leurs cocons l'un dans l'autre pour former une colonie volumineuse. Enfin les indigènes emploient comme aliment une chenille qui se trouve sur le Karité et qu'ils nomment setombo; le papillon correspondant n'est pas connu.
Les orthoptères sont les véritables insectes de la brousse et dans les graminées desséchées on trouve une faune remarquable de criquets et d'espèces voisines, mantes, empuses, créobores, truxalis, tous insectes maigres et secs aux couleurs vertes ou jaune paille qui se dissimulent admirablement dans les herbes : appliqués à un chaume, ils semblent en faire partie intégrante, ou s'en écartent mollement comme une feuille jaunie; ils ont d'ailleurs telle confiance en ce mimétisme protecteur qu'ils ne cherchent pas à s'envoler quand l'ennemi s'approche ; ils se bornent le plus souvent à tourner autour du chaume, à mesure que le chasseur tourne lui-même; les espèces jaunes se tiennent naturellement sur les herbes sèches;
les espèces vertes s'embusquent au contraire sur les feuilles persistantes et en particulier \tfafetane, asdepias gigantea, abrite toujours une multitude de mantes et d'empuses.
Les Hyménoptères sont représentés par plusieurs espèces d'abeilles dont une seule paraît domestique, c'est l'abeille sérère, dont l'abdomen est strié de jaune clair et de brun ; dans la brousse et surtout en Casamance, on en trouve une espèce presque noire, et une petite forme au corps velouté; une quantité de guêpes dont l'abdomen s'étire en un long tube grêle qui le rattache au thorax, enfin et surtout une multitude prodigieuse de fourmis.
Il serait fastidieux et d'ailleurs difficile de les passer toutes en revue, et les Noirs en Casamance en distinguent au moins sept espèces bien différentes : la plus grande de toutes est une fourmi qui mesure près de 2 centimètres, et qu'on rencontre presque toujours isolée; pourtant elle vit en colonie dans un terrier profond à multiples galeries et parfois elle marche en colonne; on la rencontre surtout au voisinage des ruches, car elle est très friande de miel et très capable au surplus d'attaquer une abeille ; une autre espèce non moins gourmande de miel, mais plus petite, se distingue par son abdomen rayé d'une bande transversale blanc grisâtre; celle-là niche sous l'écorce des arbres, et de préférence sur ceux qui portent des essaims. La fourmi la plus redoutée des colons et des indigènes est le magnan, grosse fourmi noire aux mandibules terribles : on la rencontre en colonnes étroites et serrées qu'il faut enjamber soigneusement; du reste, les Noirs marchant en file indienne ont grand soin de se prévenir de proche en proche quand le sentier coupe une de ces colonnes; si par malheur on y pose le pied, ne fût-ce qu'une seconde, on se trouve envahi par quelques dizaines
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de ces insectes redoutables dont la morsure fort douloureuse fait poindre une gouttelette de sang; il n'est pas vrai d'ailleurs, comme on le croit souvent, que cette piqûre soit venimeuse et la douleur disparaît rapidement quand la fourmi est enlevée; ces fourmis carnivores détruisent en peu de temps les cadavres les plus volumineux; elles ne dédaignent point d'entrer dans les habitations et l'on connaît des cas authentiques où elles ont dévoré des hommes vivants. Leurs colonnes présentent une discipline admirable : sur les deux bords, les guerriers sont rangés immobiles tournant vers l'extérieur leurs fortes mandibules; dans cette haie protectrice roule le torrent rapide des ouvrières; leur capture est d'ailleurs facile car il suffit de plonger dans la colonne un fétu de paille pour qu'il se garnisse immédiatement de magnans, guerriers et ouvrières qui ne lâchent plus cet engin menaçant.
Nous citerons encore une longue fourmi jaune fauve très grêle qui habite sur les arbres et s^y construit une curieuse demeure en assemblant toutes les feuilles d'un rameau; il en résulte une coque grosse comme les deux poings où s'abritent quelques centaines d'individus; cette fourmi, très agressive, fait une morsure assez douloureuse. Pourtant elle n'est point Carnivore, mais se nourrit de fruits.^
Enfin l'on trouve dans toutes les termitières de nombreuses fourmis appartenant à diverses espèces et qui paraissent faire bon ménage avec les hôtes légitimes de la maison; il semble que ces fourmis commensales n'aient pas d'autre domicile que le logis emprunté, car on y trouve leurs œufs et leurs larves.
Les termites sont des orthoptères pseudo-névroptères qui vivent en colonies nombreuses admirablement policées, et parfaitement organisées pour la division du travail; on y
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trouve des êtres parfaits mâles et femelles uniquement absorbés par la multiplication de l'espèce, puis des guerriers aux mandibules redoutables assurant la sécurité de la colonie; enfin des ouvriers et ouvrières qui vaquent aux soins d'alimentation, de nettoyage et d'entretien du logis : quelle que soit Pespèce, quelle que soit la forme générale du nid, on trouve toujours des galeries nombreuses et compliquées dont quelques-unes s'élargissent en magasins à provisions, puis tout au fond une loge royale, sorte de motte plus compacte, et perforée d'une multitude de petites ouvertures : là dedans se trouve une reine prisonnière et d'ailleurs impotente*, son abdomen, qui n'avait tout d'abord que quelques millimètres de long, s'est hypertrophié en un énorme tubercule blanchâtre long de 5 ou 6 centimètres, large de 2-, sur ce tubercule on observe des taches brunes régulièrement distribuées et qui sont les anciens anneaux de l'abdomen avant l'hypertrophie-, à Tune des extrémités la tête et le thorax avec ses six pattes devenues inutiles, car elles ne peuvent suffire à traîner une masse aussi lourde : du reste, elles ne reposent même plus sur le sol; autour de cette reine une garde de guerriers, puis une multitude d'ouvrières très affairées : les unes viennent apporter des aliments, les autres transportent au dehors les œufs incessamment pondus; et ce n'est pas une mince besogne, car une reine de termites peut pondre sans interruption un œuf par seconde, c'est-à-dire plus de 80.000 par jour. Quand on arrache la loge royale, sa garnison ne l'abandonne pas et les ouvrières s'empressent de clore toutes les ouvertures par des boulettes de terre imprégnées de salive qui sèche très rapidement : si l'on fait une ouverture suffisante, on aperçoit la reine dont le corps est animé de mouvements vermiculaires, et ces mouvements
doivent être incessants, car le fond de la loge est usé et garde son empreinte.
Quoi qu'on en ait dit, il peut y avoir à la fois plusieurs reines dans une termitière et il nous est arrivé d'en trouver
Cliché de M. Trancliant.
Une termitière.
deux dans une même loge, et une troisième en voie de développement à quelques décimètres plus loin.
Les termites du Sénégal édifient des monticules qui peuvent atteindre 2 mètres de haut et leurs galeries s^enfoncent profondément en terre : les indigènes admettent que ces galeries descendent jusqu'à la nappe aquifère et ils ont grand soin de creuser leurs puits sur l'emplacement de
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quelque termitière ; la méthode repose certainement sur un préjugé, mais elle a néanmoins de bons côtés, caries termites ne construisent jamais qu'en terrain solide pour éviter Péboulement de leurs galeries.
Les travaux de construction ne sont pas limités à la termitière, mais ils comprennent encore toute une série de chemins couverts dirigés vers les arbres ou les pièces de bois déposées sur le sol; à l'abri de ces galeries les ouvrières s'en vont tranquillement pour dévorer^ le bois; elles le creusent, le minent en tous sens, et au bout d'un temps très court, le madrier le plus robuste tombe et s'effrite comme une colonne de sable.
En Casamance, on trouve très souvent des termitières peu volumineuses ayant la forme d'un champignon; et, chose singulière, des terriers semblables s'observent jusque sur les arbres, ce qui exige un transport de matériaux considérable ; l'espèce qui les habite présente des ouvrières à ventre blanc, à tête volumineuse et grise; les soldats ont des mandibules et une tête cornée réellement énormes ; ils atteignent d'ailleurs plus d'un centimètre de long.
Dans le même groupe des orthoptères pseudo-névroptères se rangent les libellules qui sont abondantes dans tous les endroits humides; nous citerons en particulier les petites espèces de Casamance aux ailes ornées de taches bleues déchiquetées, une grande demoiselle rouge rubis et une autre bleu d'acier que l'on rencontre un peu partout.
Nous ne pouvons passer complètement sous silence l'ordre des diptères, bien que la systématique de ce groupe soit à peine ébauchée, bien que l'on sache très peu de choses sur les mouches du Sénégal; mais cet ordre comprend les moustiques qui pullulent dans la colonie et qui méritent pour
plus d'une raison de fixer l'attention. On en trouve de toutes tailles, depuis les maringouins jusqu'aux mout-mouts lilliputiens; on ne les trouve jamais dans les endroits secs, dans le désert, puisque les larves sont aquatiques ; en revanche, ils abondent autour des fleuves et des marigots; une mare, un simple puits ou même les terres arrosées leur sont un champ d'éclosion; pourtant leur multiplication n'est pas aussi abondante qu'on pourrait le croire : une femelle pond environ trois cents œufs et le complet développement exige quatre ou cinq semaines. Du reste, il n'y a guère que des femelles dans une génération de moustiques; les mâles y sont en infime proportion.
La piqûre de ces insectes n'est pas simplement une douleur momentanée entraînant, par sa répétition, la privation de repos, la fatigue et l'anémie consécutives. C'est trop souvent l'occasion d'une infection microbienne redoutable. Depuis longtemps on a dénoncé les moustiques appartenant au groupe des anophèles comme les propagateurs exclusifs de la fièvre paludéenne, qui est la maladie la plus redoutable des pays tropicaux. Et voici que les travaux tout récents poursuivis à l'institut colonial de Londres précisent une accusation ancienne contre les moustiques. C'est un cousin qui serait le propagateur de la filariose.
Le ver de Médine, dragonneau ou filaire^ est un ascaris assez mince, mais dont la longueur peut être considérable ; il atteint parfois i mètre et davantage; en général, il ne dépasse guère i5 à 20 centimètres; indifféremment il s'attaque à rhomme et aux animaux domestiques, mais parmi les hommes, ce sont surtout les Noirs qui en sont victimes; pourtant Ton cite quelques exemples authentiques d'Européens parasités; on l'observe dans le tissu cellulaire, entre la peau
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et les muscles où il forme une tumeur ; on Ta même trouvé dans la cornée de l'œil*, parfois la tumeur est peu douloureuse, et l'on rencontre des Noirs qui portent allègrement trois ou quatre de ces protubérances, mais parfois aussi elle provoque des douleurs atroces ; les chirurgiens indigènes l'extraient méthodiquement en incisant la peau et en passant le parasite sur un petit bâton; de temps en temps on donne un tour à ce cabestan rudimentaire jusqu'à ce que toute la filaire y soit enroulée. Il faut prendre bien garde de ne pas la rompre par une traction inconsidérée, car elle est remplie de petits bien vivants qui se répandraient dans la plaie*, le ver de Médine est en effet ovovivipare. Les médecins européens procèdent de façon plus simple et plus radicale : ils incisent la tumeur et la badigeonnent de teinture d'iode ou d'antiseptique.
On a cru longtemps que la filaire vivait dans Peau et qu'elle s'introduisait par la voie externe : ceci concordait assez bien avec diverses observations, à savoir qu'elle s'attaque surtout aux membres inférieurs et que les porteurs d'eau en ont fréquemment aux épaules. Plus tard on crut à la pénétration par les voies digestives. Enfin les travaux mentionnés ci-dessus montrent qu'elle est transmise par la piqûre d'un cousin qui est lui-même parasité par les larves.
Le microbe des fièvres paludéennes dont nous avons parlé tout à l'heure appartient aussi à la faune et nous en dirons quelques mots d'après les travaux de Laveran et de Marchoux. C'est un hématozoaire, c'est-à-dire un être qui vit à l'intérieur des globules rouges du sang : c'est un corpuscule arrondi ou allongé, mesurant à peine quelques millièmes de millimètres, il se multiplie par division en globules nouveaux au nombre de huit à douze : pendant la phase
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préparatoire les nouveaux corpuscules se trouvent assemblés en une rosette, puis ils se séparent en passant par diverses formes et finalement le cycle tout entier se produit dans l'espace de quarante-huit heures : chaque multiplication entraîne un accès, et quand les générations se succèdent sans intervalle, la fièvre apparaît tous les deux jours, ce qui constitue la forme improprement appelée tierce. Au début du paludisme les accès sont généralement espacés de quinze jours. On n'a jamais rencontré l'hématozoaire paludéen en dehors des êtres vivants; il semble donc que la maladie exige la présence d'un hôte récepteur et d'un hôte transmetteur; le moustique est ce dernier.
A. GLIGNY.
Agrégé, Docteur es sciences naturelles, Ancien élève de l'École normale supérieure.